Le bitcoin gagne l’économie réelle à Genève

Monnaie virtuelleUn établissement des Pâquis accueille un distributeur de monnaie virtuelle. Des curieux ont acquis leurs premières devises via smartphone.

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«Tu peux payer ta bière en bitcoin», rigole un consommateur sur la terrasse de la Crêperie des Pâquis. Aucun doute, la cryptomonnaie a gagné l’économie réelle genevoise. Depuis mardi, l’établissement accepte les paiements en monnaie virtuelle. Un distributeur bitcoin a été installé dans l’établissement par la société canadienne BitAccess Inc. Une première en Suisse romande.

Son fonctionnement imite une machine de change. On glisse son billet, «en euro, le temps d’adapter la machine à la devise nationale», dixit Alexis Roussel, le promoteur de l’événement et vice-président de la Bitcoinassociation suisse, et le compte créé via une application smartphone est immédiatement crédité». Chaque bière sera ensuite encaissée par un simple scan du sommelier. Prévoir 514 francs pour un bitcoin selon le taux de change d’hier.

La cryptomonnaie, promue par des libertaires technophiles à la suite de la crise financière de 2008, est récemment sortie de sa «cryptoconfidentialité». Sa valeur a atteint jusqu'à 800 fois son cours d'émission.

Pas d’intermédiaire

Quelles sont ses avantages? «D’un point de vue transactionnel, il n’y a pas d’intermédiaire», explique Guillaume Saouli, spécialiste des systèmes d’information, qui étudie de près la nouvelle devise. (voir la vidéo en fin d'article) L’utilisateur active son porte-monnaie virtuel, paie ou encaisse, contrairement au marché ordinaire, où les transactions entre deux parties passent par des organismes financiers.» L’argument sécuritaire revient également dans les conversations. «Toutes les transactions sont inscrites et consultables par la communauté, la transparence sécurise aujourd’hui le système», renchérit Alexis Roussel.

Dans la crêperie, les questions s’enchaînent plus vite que les commandes de boissons. Le responsable des lieux, Franck Chabanol, est enthousiaste: «J’accueille une nouvelle clientèle et puis tout le monde en parle, on m’appelle, ça fait le buzz!»

Nouvelle économie

Une nouvelle économie se met en place. «Nous en sommes au stade 1.0., confirme Alexis Roussel. Tout reste à construire.» La petite assemblée présente mardi à la Crêperie ne veut pas louper cette révolution. Moe Adham est le patron de la société qui commercialise le distributeur Bitcoin. Son modèle économique se base sur la vente des machines et il facture la maintenance du système qui permet d’échanger de l’argent réel en cryptomonnaie. A ce jour, cinq ventes et «150 commandes» enregistrées à travers le monde.

L’attrait de cette technologie a convaincu Yves Bennaim, importateur de produits japonais dans sa boutique Tokyonama. «J’ai souhaité participer à sa promotion dans la vie réelle. Le projet bitcoin véhicule une vision novatrice de l’argent et de l’économie en général, sans intermédiaire.» S’il n’a, à ce jour, «encore aucun client» qui a réglé un achat en bitcoin dans son commerce, l’intérêt irait grandissant parmi la clientèle. «Quand j’ai crée ma première adresse e-mail en 1992, on me demandait à quoi elle allait servir. Là, c’est la même chose, les possibilités sont énormes.»

Différences entre bitcoin et devises classique en vidéo

(TDG)

(Créé: 12.02.2014, 18h46)

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Le bitcoin discuté au National

Le bitcoin, une monnaie électronique, créée en 2009 et entièrement indépendante de toute intervention étatique ou bancaire, suscite l’appréhension voire l’inquiétude des autorités financières. En Suisse, son utilisation n’est pas illégale, mais il règne un flou juridique, alors que l’Allemagne l’a officiellement reconnu . Sur le marché, son cours a atteint des sommets, il s’échangeait 750 euros l’unité début février, de quoi susciter les convoitises et pas mal de questions. Fin 2013, le conseiller national Jean-Christophe Schwaab a interpellé le Conseil fédéral afin que les risques de la monnaie en ligne Bitcoin soient évalués. Car les utilisations frauduleuses ont entaché la réputation de la monnaie virtuelle: des organisations mafieuses ont notamment blanchi de l’argent en bitcoin. La sécurité juridique concernant cette devise reste également à établir. Le conseiller national Thomas Weibel a interpellé le Conseil fédéral à ce sujet. Ce dernier devrait apporter des réponses lors des prochaines sessions parlementaires.
JdW

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