Les aspirateurs robots connectés vident leur sac

TechnologieNous avons passé une semaine avec le Roomba 980, la Rolls des aspirateurs automatiques. Notre test.

Pilotable avec un smartphone, le Roomba 980 nettoie toute la maison.

Pilotable avec un smartphone, le Roomba 980 nettoie toute la maison.

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«C’est la tendance du moment, souligne Cédric Fenech, fondateur du site indépendant kelrobot.fr. Les aspirateurs robots deviennent connectés.» Comprendre: ils se contrôlent désormais par le biais du Wi-Fi sur une simple appli pour smartphones. En effet, depuis la semaine dernière, le Roomba 980, de la marque iRobot, est disponible en Suisse. Il débarque sur le marché juste après le Neato Botvac – premier modèle du genre – et avant le Samsung PowerBot, annoncé pour le printemps 2016.

De quoi ravir les geeks et autres fans de domotique. Mais ces appareils relèvent-ils du simple gadget ou présentent-ils un intérêt? «A l’heure actuelle, il s’avère légitime de se poser la question», sourit Cédric Fenech. Pour trancher cet épineux dilemme, nous avons testé pendant plus d’une semaine le Roomba 980 – la Rolls des aspirateurs autonomes. Verdict?

Vendredi 19 février

9 h. Un colis débarque à la rédaction de la Tribune de Genève, à la rue des Rois. Je l’attendais! Enfin le voici, le fameux aspirateur robot connecté d’iRobot! Un instant, mes doigts caressent le carton. Puis je déballe illico. Ce n’est pas le premier appareil que je teste, mais bon, ça fait toujours le même effet. L’odeur du plastique neuf, l’envie de découvrir un nouveau produit, la curiosité du journaliste… Et puis à ce prix – 1199 fr. l’unité – il doit bien faire des trucs merveilleux, cet aspirateur: shampouiner la moquette, cirer le parquet, nettoyer les W.-C. Que sais-je? Il faut que je teste!

Débarrassé de ses emballages, le Roomba 980 ressemble trait pour trait à n’importe quel autre aspirateur automatique: «Un pied de parasol», pour reprendre l’expression de ma femme, ou une réplique ratée du Millennium Falcon pour les plus geeks d’entre nous. Bref, un gros disque noir et grisâtre de 35 cm de diamètre et 9 cm de haut. Pas de quoi fantasmer. Mais je ne me laisse pas démonter par les critiques. «Peu importe le flacon, comme disait l’autre – Alfred de Musset en l’occurrence – pourvu qu’on ait l’ivresse.» Sitôt rentré chez moi – un quatre-pièces genevois – je lance la machine. Une petite pression sur le bouton «clean» et le robot démarre. Pas trop bruyant (69 dB) mais bon… il est déjà 20 h et ma fille dort à point fermé. J’interromps mon test pour ce jour, en raison des récriminations de ma femme: «Arrête ta machine, tu vas la réveiller!»

Samedi 20 février

10 h. Après une nuit de charge, le Roomba est prêt à l’emploi. En tout cas question batterie. Parce qu’avant de commencer, il faut d’abord télécharger l’application iRobot Home sur son smartphone. Amis détenteurs d’un Windows Phone, passez votre chemin. Le logiciel n’est disponible que pour iOS et Android. «Bien sûr, le Roomba peut fonctionner sans être relié à un téléphone, note Cédric Fenech. Mais c’est un peu dommage, car sans cet équipement, de nombreuses fonctionnalités ne sont plus disponibles.»

10 h 20. La galère commence. Malgré plusieurs tentatives, ce satané robot refuse de se connecter au Wi-Fi. Que se passe-t-il? La réponse, longue à trouver, s’avère très simple: il faut placer le socle à proximité immédiate de la box Wi-Fi. Dans une autre pièce, il ne capte pas le signal, alors que d’autres appareils – tablettes, téléphones, ordinateurs – y parviennent sans problème.

Dimanche 21 février

11 h. Les premiers tours de roue se révèlent fascinants. Si ma fille – presque 2 ans et toutes ses dents – a une peur bleue de la machine, moi je la regarde avec des yeux d’enfant. Techniquement, le Roomba nettoie de manière méthodique, c’est-à-dire qu’il passe partout sans exception – une nouveauté pour la marque iRobot, qui privilégiait jusqu’ici la navigation aléatoire.

Pour se repérer, l’appareil dispose d’une caméra inclinée à 30° qui cartographie de petites zones pour les nettoyer les unes après les autres. Le robot sait donc où il est passé et où il doit encore aller. Même si la présence d’un œil numérique se promenant dans la maison n’est pas rassurante, cette technologie s’avère diablement efficace.

Lundi 22 février

9 h. L’application iRobot Home se révèle très simple d’utilisation. Elle permet d’initier un nettoyage à distance, de suivre son évolution et de l’interrompre. En somme, le smartphone fait office de super-télécommande et d’outil de programmation. De la même manière que l’on règle son réveil, on agende les heures d’aspiration. Ce lundi matin, je lance donc le ménage à mon domicile depuis les locaux de la Tribune de Genève. L’écran m’indique que le travail est en cours.

De retour chez moi, je constate avec désappointement que le sol n’est pas impeccable. Là, des miettes de pain n’ont pas été aspirées. Plus loin, il reste de la poussière. Alors quoi, il ne serait pas efficace, mon robot? «Le constructeur règle par défaut l’appareil en «mode éco», m’explique Cédric Fenech. Or, ce n’est pas toujours suffisant.» Message reçu cinq sur cinq, demain je clique sur l’option «performance».

Mardi 23 février

Même heure, même endroit, et c’est reparti pour un tour. En mode «performance», donc. Pas de bol, après cinq minutes, un triangle rouge apparaît sur mon appli: «Changer le filtre pour poursuivre la tâche», me dit en substance mon téléphone. Diable, «Nono» serait-il déjà en panne? L’explication se révèle plus prosaïque. Une chaussette oubliée sous un meuble a été partiellement ingérée par la bête. Mieux vaut bien ranger son appartement avant d’aspirer. Les jouets disparus de ma fille peuvent en témoigner.

Mercredi 24 et jeudi 25 février

Un coup d’œil rapide chaque jour sur mon téléphone m’indique que mon aspirateur travaille quand je ne suis pas là. Et un coup d’œil sur mon appartement me prouve qu’il travaille bien. Plus une trace, plus une poussière, le sol est impeccable. Bluffant.

Vendredi 26 février

C’est l’heure du bilan, forcément. Sans conteste, le Roomba 980 s’avère un excellent aspirateur. Néanmoins, son prix prohibitif devrait en refroidir plus d’un. Par ailleurs, si l’application se révèle bien conçue, elle demeure pour l’heure superficielle. Un avis que ne partage pas Cédric Fenech: «Certes, cette appli deviendra plus intéressante lorsqu’elle permettra de commander au robot d’éviter une pièce ou, au contraire, de se concentrer sur une autre. Mais elle facilite déjà grandement l’utilisation du robot. Elle n’est donc pas un simple gadget. Par ailleurs, iRobot a annoncé que son logiciel serait évolutif. En d’autres termes, de nouvelles options vont apparaître. Et le prix devrait baisser l’année prochaine.» (TDG)

Créé: 07.03.2016, 11h00

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