Jugé pour un «J'aime» sur Facebook

ZurichUn homme de 45 ans est accusé d'avoir propagé des propos racistes et antisémites en les «likant» (aimant) sur les réseaux sociaux.

Les utilisateurs des réseaux sociaux devront désormais faire attention à ce qu'ils aiment.

Les utilisateurs des réseaux sociaux devront désormais faire attention à ce qu'ils aiment. Image: Keystone

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Un Zurichois doit répondre de ses actes devant la justice cantonale, pour avoir aimé plusieurs «Posts» (commentaires) sur Facebook, ce qui en fait le premier procès de ce genre en Suisse, raconte le Tages-Anzeiger dans son édition du 4 avril. Son procès, initialement prévu la veille, a été reporté.

Tout a commencé par une querelle dans les milieux véganes et de la cause animale, lorsque l'accusé a «liké» (aimé) un commentaire qui accusait l'association contre les usines d'animaux (Vereins gegen Tierfabriken - VgT) et son président Erwin Kessler de racisme et d'antisémitisme.

Erwin Kessler était également accusé d'avoir des contacts avec des négationnistes et des néo-nazis, ce qui avait poussé des organisations de protection des animaux à exclure toute collaboration avec VgT. Les faits remontent à la période allant de juillet 2015 à mars 2016.

Volonté de nuire

Le Zurichois, lui-même un végane, a aimé huit commentaires de divers groupes de la cause animale sur Facebook. Il s'est retrouvé poursuivi par Erwin Kessler et son association pour diffamation.

Selon le ministère public, l'accusé a propagé le contenu d'un post en le «likant» et l'a ainsi rendu visible à un plus grand nombre de personnes. Avec l'objectif unique de nuire sans volonté de défendre des intérêts privés ou publics, a ajouté l'acte d'accusation.

Une peine conditionnelle de 80 jours-amendes à 100 francs est demandée, ainsi qu'une amende de 1000 francs. Les frais de justice doivent également être portés à la charge de l'accusé.

Extension de la diffamation

L'avocat du Zurichois a demandé l'acquittement, rappelant que le ministère public ne voulait pas au départ lancer une procédure, mais qu'il y a été contraint par le tribunal. Il a souligné également que son client n'était la seule cible d'Erwin Kessler et son association, puisque huit personnes sont impliquées dans des cas semblables. Il a également rappelé qu'Erwin Kessler avait bel et bien été condamné pour discrimination raciale.

Pour le président de VgT, le «j'aime» représente une extension de la diffamation et doit donc être sanctionné, puisque tous les proches peuvent le voir. «Un acquittement serait une porte ouverte à la calomnie sans que les personnes impliquées n'aient à rendre de compte», a-t-il déclaré. (nxp)

Créé: 04.04.2017, 10h00

Et sur Twitter?

La justice zurichoise s'est déjà penchée sur le cas d'un «retweet» (répétition d'un commentaire). C'était en janvier 2016 lorsqu'un politicien avait poursuivi un journaliste, l'accusant de diffamation pour avoir «retweeté» un commentaire.

Le tribunal a reconnu que les droits du plaignant avaient été enfreints mais qu'il ne s'agissait pas d'un crime. L'instance a rappelé que le tribunal fédéral avait établi en 2002 que quiconque distribuait un media au contenu punissable ne pouvait être tenu pour responsable du texte en question, pour quant qu'il n'en soit pas l'auteur.

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