Voiture de police en feu: le passé pénal du suspect genevois

ParisRecherché, le Suisse a déjà eu affaire à la justice. Il doit être jugé cette année par le Tribunal de police

L'agression a été filmée par un passant, mercredi dans le 10e arrondissement de Paris. (Images:Le Monde/InfoCritiqueWeb)


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Toujours recherché, un Genevois suspecté d’être l’auteur principal de l’incendie d’une voiture de police à Paris pourrait être jugé cette année en France. Le 18 mai 2016, à l’occasion d’une manifestation, ce Genevois, né en 1989, et d’autres contre-manifestants d’extrême gauche s’en étaient pris au véhicule des agents. Des images et des vidéos de la scène avaient été très médiatisées.

Scène filmée

La juge française chargée des investigations et aujourd’hui le Parquet ont acquis la certitude d’avoir identifié le principal auteur des faits: présumé innocent, ce Suisse de 27 ans aurait lancé un fumigène allumé dans la voiture de police, qui a pris feu. Une gardienne de la paix et un adjoint de sécurité se trouvaient dans le véhicule. Après en être sorti, le second avait fait face avec sang-froid à un casseur encagoulé armé d’un flexible. La scène, filmée par plusieurs témoins, lui avait valu le surnom de «Kung-Fu Cop». Les deux victimes avaient été légèrement blessées. Mais leur voiture avait été totalement détruite.

Sanctionné en 2006 et 2011

Mais qui est ce suspect, domicilié à Genève? L’homme n’en est pas à son premier défilé protestataire. D’après la presse française, il est connu comme membre de la mouvance «anarcho-autonome». Selon nos renseignements, le 9 janvier, il a écopé d’une contravention pour violation de la loi genevoise sur les manifestations. Il a contesté aussitôt cette sanction et doit dès lors répondre de ces faits cette année devant le Tribunal de police. L’audience publique n’a pas encore été agendée.

Il a aussi été sanctionné en 2006 et 2011. Notamment pour ne pas s’être présenté aux cours de protection civile.

Originaire d’une petite commune du canton de Saint-Gall, il a été entendu par le passé comme témoin dans une affaire de vol et de dommages à la propriété. Il y est aussi question d’opposition aux actes de l’autorité. Auditionné à l’époque comme témoin, il a parfois été mis en cause dans un premier temps dans ces dossiers. Mais il a néanmoins été blanchi de tout soupçon par la suite, par le biais d’une ordonnance de non-entrée en matière et une ordonnance de classement rendue par le Parquet, notamment en 2009. A en croire ce modeste passé pénal, l’homme n’a manifestement rien d’un terroriste ou d’un vandale.

A ce jour, le suspect suisse est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en avril. Huit autres personnes ont été d’abord mises en examen, notamment pour tentative de meurtre sur les deux agents. Mais les charges se sont allégées car le Parquet parisien ne retient notamment que des faits de violence et de dégradations aggravées: «Le mode opératoire ne traduit pas l’intention d’homicide.»

Il n’empêche que les affrontements ont été violents. Ce jour-là, des policiers défilent sur la place de la République pour dénoncer les agressions les visant. Des contre-manifestants d’extrême gauche sont refoulés. Ils surgissent au quai de Valmy et bloquent la circulation. Vers 12 h 30, de dix à quinze individus attaquent la voiture de police bloquée dans l’embouteillage, avec à son bord le chauffeur, adjoint de sécurité, et la gardienne de la paix. «Il y a des flics, on va les fumer», entend le premier, cité par Le Figaro.

Le chauffeur est frappé à travers la vitre brisée, le Genevois aurait jeté un fumigène dans l’habitacle. Sorti du véhicule, le conducteur est de nouveau agressé à coups de barre de fer.

Des militants connus

Sur les neuf personnes accusées d’avoir participé à «une manifestation interdite et violente», selon le Parquet, trois étaient sous contrôle judiciaire. Un des suspects est prévenu de violences contre les deux policiers. Six d’entre eux sont mis en cause directement pour l’attaque à la voiture. Ils forment un ensemble disparate sans forcément de liens entre eux, relève Le Figaro.

Il y a d’abord des militants connus. C’est le cas de A., qui nie avoir frappé l’adjoint de sécurité et lancé un plot métallique sur la lunette arrière. T., 19 ans, a reconnu avoir désigné la voiture et avoir frappé dessus. R., 30 ans, aurait jeté un plot sur la vitre arrière. Détenu, il a refusé de s’exprimer.

Un autre suspect a attaqué l’adjoint de sécurité à coups de barre mais nie avoir visé la tête. Enfin, une transgenre américaine arrivée en France le 5 mai 2016 a reconnu, elle, avoir jeté un plot sur le pare-brise.

(TDG)

Créé: 18.05.2017, 17h07

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