Immobilier
Suspectés d’une arnaque à 22 millions de dollars
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 14.09.2012 1 Commentaire
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La justice enquête discrètement sur de colossales pertes subies par des investisseurs entre 2005 et 2007. Au cœur de cette affaire: des placements immobiliers effectués aussi bien à Saint-Prex et à Perroy qu’en Amérique centrale et au Monténégro. Selon nos renseignements, deux personnes, actives à Genève, ont été mises en prévention pour abus de confiance, voire escroquerie. Une information confirmée par le procureur Yves Bertossa. Un diplomate, qui ne s’est pas présenté devant le magistrat le 5 septembre, est aussi dans le collimateur de la justice. A ce jour, une dizaine d’investisseurs, qui disent avoir été trompés, ont porté plainte.
Un prévenu a collaboré
Les deux prévenus, auditionnés la semaine dernière, contestent à des degrés divers les charges retenues. Pour eux, les pertes seraient le fait de la conjoncture, des aléas du marché, mais en aucun cas de malversations. Le premier suspect, un gérant de fortune belge en faillite, a pourtant purgé trois mois de détention provisoire à Champ-Dollon. Il admet des erreurs et a collaboré avec la justice. Le second, un partenaire du prévenu belge, a été mis en prévention au début du mois. A priori, il ne nie pas avoir reçu et investi environ 22 millions de dollars dans divers projets, mais il n’y voit rien de pénal.
Défendu par Me Nicola Meier, ce Genevois, d’origine belge, est suspecté «d’avoir utilisé les montants confiés à d’autres fins ou alors dans des investissements peu fiables et sérieux». Résultat: selon les soupçons des enquêteurs, les placements en question auraient été totalement dilapidés ou ne représenteraient plus aucune valeur aujourd’hui. Interrogé, l’homme «charge» son compatriote. Actif dans des projets en Amérique centrale, le Genevois dit n’avoir été informé par son partenaire de ses problèmes de trésorerie qu’à la fin de 2008. Courant 2009, les relations entre les deux suspects se sont détériorées.
Arrêté et incarcéré cette année-là, le financier belge, établi à l’époque sur La Côte vaudoise, est soupçonné d’avoir injecté, dans sa fiduciaire et non dans les placements, des centaines de milliers de francs confiés par ses investisseurs. Lors de son interpellation, le prévenu, vivant désormais à Genève, a expliqué avoir besoin de temps pour rembourser les plaignants. Mais il a fait faillite et ses entreprises, basées dans le canton de Vaud et au Luxembourg, ont pris l’eau. Moralité: les plaignants ont décidé de saisir la justice pour récupérer leur argent. Avocats du financier, Mes Guerric Canonica et Eve Dolon, assurent que leur client «œuvre tous les jours pour que ses associés en Amérique centrale et au Monténégro réalisent les acquisitions effectuées et remboursent les investisseurs. Les investissements effectués sont globalement sains et devraient pouvoir être réalisés à moyen terme. Le retard accumulé dans les remboursements est essentiellement imputable à la crise de 2008 et ses effets.»
A noter qu’un diplomate belge a reçu cet été un mandat de comparution du procureur qui souhaitait l’entendre à titre de prévenu. Le magistrat désire en particulier connaître son rôle dans la vente de terrains, situés en bord de mer, au Monténégro. Mais ce diplomate, actif dans l’immobilier, ne s’est pas présenté. Pourquoi? «Mon client, qui a déjà été entendu comme témoin en 2011, ne veut pas être un bouc émissaire destiné à payer, explique son avocat, Me Alves De Souza. Le financier belge a acheté des lots à mon mandant pour le compte de quelques investisseurs. Mais la plupart des clients du financier, dont les parties plaignantes, lui ont remis de l’argent que mon mandant n’a jamais vu.» Le diplomate bénéficie-t-il d’une immunité? Le Ministère public a demandé à l’Office fédéral de la justice s’il pouvait émettre un mandat d’arrêt international contre lui.
«Un Madoff suisse»
Me Alessandro De Lucia défend un plaignant: «A l’instar d’autres plaignants, mon client est bouleversé par la situation, notamment au vu des liens d’amitié qui le liaient à un des prévenus. On l’a notamment largement conforté dans l’idée que ses investissements auraient été remboursés à l’échéance ou avec un léger retard. Il a notamment investi dans un projet à Perroy, qui a permis certains remboursements. Alors que lui n’a pas vu revenir un centime et n’a pas été informé avant la procédure. Il ne comprend pas comment ces personnes peuvent continuer leurs affaires et ne semblent pas avoir une ombre de mauvaise conscience. Il a le sentiment que cette affaire s’apparente à une affaire Madoff suisse.» Me Nicola Meier s'est refusé à tout commentaire. (TDG)
Créé: 14.09.2012, 07h29
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La rédaction
1 Commentaire
Et ça continue ... Une affaire de plus. Il ne se passe pas une semaine en 2012 sans qu'une nouvelle affaire ne soit révélée concernant des arnaques financières. Répondre
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