Le triathlon de Genève prépare son retour
TRIATHLON | Ville et Etat œuvrent en coulisse pour soutenir les grandes épreuves populaires sur le domaine public. Reste à trouver le soutien des sponsors!
© pierre albouy | Nouveau départ? Le parc d’échange a trouvé un lieu de déménagement.
PASCAL BORNAND | 24.09.2009 | 00:00
C’est autour de la rade, théâtre naturel par excellence, que le sport genevois se donne volontiers en spectacle. Aujourd’hui, pourtant, il est en… rade. Le vénérable Tour du lac cycliste a même quitté l’affiche, il y a quatre ans déjà.
C’est désormais autour d’une table que se joue l’avenir de deux autres manifestations d’envergure, le triathlon et le marathon de Genève, toutes deux arrivées en bout de course. Pour elles, un réel soutien politique est aujourd’hui indispensable à leur survie.
Conscientes du rôle essentiel qu’elles peuvent jouer, les autorités de la Ville et de l’Etat planchent depuis ce printemps sur la question. La cessation annoncée du marathon a semble-t-il remué les consciences. La synergie à l’étude doit offrir aux organisateurs un accès moins contraignant au domaine public. Lever les nombreux obstacles – autant administratifs que financiers – qui entravent leur engagement.
«On a rechargé nos batteries»
Si les résultats de cette concertation au sommet ne sont pas encore connus – «Ils seront rendus publics cet automne», affirme un porte-parole – la démarche entreprise a redonné un supplément de vie aux deux épreuves menacées. Le marathon s’est remis à s’échauffer en coulisse et le triathlon est à nouveau prêt à se jeter à l’eau après une année de relâche.
En automne 2008, après une 21e édition bouclée au forceps, les organisateurs du Triathlon Club Genève s’étaient résignés à suspendre leurs activités. La crise, illustrée par le retrait d’un important sponsor, et le réaménagement du quai marchand, qui les obligeait à déménager leur parc d’échange, avaient motivé leur décision.
Depuis, de l’eau a passé sous les ponts. Et l’enthousiasme est remonté à la surface. «On a rechargé nos batteries à bloc», confirme Eric Monnot. De nombreuses marques de sympathie ont ainsi encouragé le président et son comité à remettre l’ouvrage sur le métier. Un projet a germé. La date de la 22e édition est déjà agendée (le 15 août 2010). L’épreuve pourrait même servir de support à une Coupe d’Europe et aux championnats de Suisse!
Le nerf de la guerre
Le projet, fidèle au circuit habituel, est bien avancé. Il prévoit même une amorce le samedi, avec la création d’un programme destiné aux enfants et aux familles. Le préavis favorable de la police devrait permettre d’établir le parc d’échange sur la voie publique, aux portes du Théâtre du Léman, tout disposé à ouvrir certains de ses locaux aux organisateurs. Ceux-ci bénéficieraient en outre d’un prêt de matériel accordé gracieusement par leurs homologues de Lausanne.
Reste le nerf de la guerre! 120 000 francs de sponsoring à trouver d’ici à la fin novembre, date butoir pour officialiser l’inscription de l’épreuve au calendrier. «On a lancé de nombreuses lignes. Je suis confiant», affirme Eric Monnot. La pêche sera-t-elle bonne?