Poursuivie pour avoir démoli un effaroucheur de chevreuils

Campagne genevoise Une habitante importunée par le dispositif bruyant est prévenue de dommages à la propriété

Des haut-parleurs, diffusant des cris de chevreuils et des aboiements de chiens, sont complétés par des «pièges photographiques».

Des haut-parleurs, diffusant des cris de chevreuils et des aboiements de chiens, sont complétés par des «pièges photographiques».

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Depuis des années, l’Etat tente d’éloigner les chevreuils des récoltes pour éviter de les abattre. Le printemps, il pose des effaroucheurs sonores destinés à éloigner les animaux friands de bourgeons de vignes et d’arbres fruitiers en tout genre. Ces dispositifs, diffusant de déchirants cris de chevreuils et des aboiements de chiens enragés, étaient complétés par des «pièges photographiques» permettant de vérifier l’efficacité de la mesure préventive.

A coup de tournevis

Cette méthode douce mais bruyante a provoqué des remous dans la campagne genevoise. Un conflit en particulier mobilise le Ministère public depuis quelques mois: selon nos renseignements, une habitante, importunée par le bruit, est suspectée de s’en être pris à ce système. Agacée par les nuisances, à deux pas de chez elle, elle est soupçonnée d’avoir d’abord baissé le volume ou la fréquence de l’effaroucheur, avant d’achever le piège photographique à coup de tournevis.

Ce qui a donné lieu l’an dernier à une dénonciation de la direction cantonale de la biodiversité. Résultat, cette riveraine se retrouve désormais prévenue de dommages à la propriété. D’autant plus qu’elle aurait aussi confondu les aboiements enregistrés avec ceux du chien des voisins, ce qui l’aurait conduite à casser leur pare-brise de voiture et leur table de ping-pong. Aux enquêteurs d’examiner cette hypothèse et de trancher ce complexe mélange entre un bras de fer avec l’Etat et une querelle de voisinage. La procédure est pour l’heure suspendue afin d’envisager une solution à l’amiable. L’installation a été enlevée peu après les faits.

Imitation de la biche

Auditionnée, la prévenue, présumée innocente, a expliqué avoir eu de la peine à dormir en raison du son émanant de ces haut-parleurs. Elle dit avoir tenté de supporter ce dérangement durant une quinzaine de jours. Cette femme, dont nous ne connaissons pas l’identité, aurait même défié avec humour le piège photographique en imitant la biche devant l’objectif. Mais son envie d’en rire n’a pas duré…

La Direction générale de l’agriculture et de la nature (DGAN) ne s’exprime pas sur le cas particulier. Mais Alain Rauss, garde de l’environnement, confirme que «depuis quelques années, les dégâts causés par les chevreuils dans les vignes et les vergers se multiplient. La loi nous oblige à chercher des méthodes de prévention avant de se résoudre à tirer les animaux qui mettent à mal en premier lieu les bourgeons. Nous installons donc par exemple, dans les zones sensibles, des effaroucheurs sonores fonctionnant avec des panneaux solaires. Ces haut-parleurs émettent un son enregistré numériquement par des professionnels en France et en Suisse alémanique. Il s’agit soit de cris de détresse de chevreuils lors d’une capture, soit d’aboiements de chiens. On règle le volume afin d’effaroucher l’animal tout en veillant à ne pas importuner les riverains.»

L’heure est à la carabine

Pourtant certains se sont plaints du bruit des effaroucheurs, admet le fonctionnaire: «Nous avons alors baissé leur volume ou enlevé carrément l’installation. Les résultats de ce système sont, il est vrai, variables. Globalement, ils sont insuffisants. Ils varient en fonction des lieux et du caractère de l’animal. D’autres mesures doivent alors être appliquées. D’ailleurs, le Conseil d’Etat vient, le 9 novembre, d’autoriser les gardes de l’environnement à réguler les chevreuils.» En d’autres termes, à troquer le haut-parleur pour la carabine.

(TDG)

Créé: 22.11.2016, 19h03

Un cervidé en rut a dû être abattu

Depuis le début du mois, le Conseil d’Etat autorise les tirs des chevreuils, de novembre à janvier 2017. Ces animaux s’en prennent notamment aux cultures de la région viticole du Mandement. Depuis l’interdiction de la chasse en 1974 sur le territoire genevois, rappelons que ce sont les gardes de l’environnement qui se muent en «chasseurs» pour réguler la faune sauvage. Il arrive que les gardes doivent agir dans des situations moins courantes. Ainsi, en juillet, à Collonge-Bellerive, des villageois ont été attaqués par un cervidé qui a dû être abattu. Le taux d’hormones particulièrement élevé de l’animal en rut le rendait plus agressif. F.M.

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