Technologie médicale
Le futur de la valve cardiaque se joue à Nyon
Par Frédéric Vormus. Mis à jour le 25.09.2012
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«Lorsque la valve aortique de patients âgés ou à très haut risque opératoire est touchée, une opération à cœur ouvert n’est pas toujours possible. Il en résulte des existences fortement invalidées, voire des décès prématurés», expose le Dr Philip Urban, cardiologue à l’Hôpital de La Tour, dans le canton de Genève.
Avec le vieillissement de la population, le rétrécissement de la valve aortique est de plus en plus fréquent: 4 à 5% des plus de 75 ans en seraient victimes. Plus de 300 000 personnes en souffriraient de façon sévère dans le monde; 30% d’entre elles ne pourraient pas subir d’opération à cœur ouvert. Le taux de survie à cette pathologie est de 50% à deux ans et de seulement 20% à cinq ans.
Mais un nouveau type d’implantation valvaire, appelée percutanée, réduit l’acte chirurgical et prolonge radicalement l’espérance de vie. «La valve percutanée a été implantée pour la première fois il y a dix ans. Elle est commercialisée depuis la fin de 2007 et évite d’avoir à découper le sternum du patient pour l’opérer du cœur», explique Patrick Verguet, vice-président d’Edwards Lifesciences, le leader américain de la technologie.
La société a installé son siège Europe, Moyen-Orient, Afrique dans un premier temps à Saint-Prex en 2000 avant de le transférer à Nyon en 2009. Cent trente collaborateurs y travaillent alors qu’ils sont 360 dans toute la Suisse puisqu’un centre de production et d’assemblage se trouve à Horw, dans le canton de Lucerne, depuis 1980. L’implantation de valves percutanées ne cesse de croître (lire infographie ci-dessus) . En Europe, 15 000 auraient été implantées, d’un coût moyen de 24 000 francs. Le marché mondial de la valve, qui inclut tous les autres modèles, représente presque 1,5 milliard de francs.
Le site nyonnais d’Edwards Lifesciences s’est transformé, comme l’indique Patrick Verguet: «Il y a de moins en moins de postes d’informatique et de finance à Nyon. Désormais il y a plus de médecins pour réaliser les études cliniques nécessaires à la commercialisation de nos produits. Nyon accueille aussi des chirurgiens cardiologues pour les former à la pose des nouvelles prothèses. Beaucoup ne proposent pas cette technologie à leurs patients de peur de les importuner alors que cela leur permettrait une nouvelle existence!» (TDG)
Créé: 25.09.2012, 07h39
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