Haute-Savoie
Tragique concours de circonstances pour la mort d’un couple d’octogénaires à Annemasse
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«Ils ne se sont pas pleurés. Ils se sont retrouvés là-haut», nous dit Christine, encore bouleversée par le drame. C’est une histoire triste et touchante. Celle d’un couple d’octogénaires décédés à quelques instants d’intervalle dans leur vieille ferme d’Annemasse.
Jeudi matin, Christine rend visite à ses beaux-parents pour leur apporter des restes de soupe. La porte d’entrée est ouverte. Il règne un froid glacial dans la petite cuisine. Elle se rend dans l’atelier. La porte qui donne vers l’extérieur est entrouverte. Le «papy», Jean, 87?ans, est étendu par terre. Sa tête repose sur un carton de sciure, sa canne encore accrochée à l’établi. Les secours interviennent. Il est trop tard, le vieil homme est mort, d’une crise cardiaque semble-t-il. Les pompiers s’affairent autour du grand-père et Christine ne veut pas réveiller la «mamie». Elle sort ouvrir le poulailler. Raymonde, 85?ans, est allongée sur le dos devant celui-ci, les lunettes de travers. «Ça m’a fait un choc. J’ai crié. Je ne m’y attendais vraiment pas. J’étais persuadée qu’elle dormait à l’étage!»
Un scénario semble se dessiner. Un terrible concours de circonstances. Mardi soir, Raymonde, comme tous les soirs, va rentrer les poules. La porte du poulailler est grippée. En la poussant, elle glisse dans la neige et tombe en arrière. Morte sur le coup ou assommée puis gelée? L’autopsie permettra d’en dire plus. Son mari, ne la voyant pas revenir, part à sa recherche. Dans l’atelier, il pose sa lampe de poche et sa canne pour allumer le tube néon situé en hauteur. Il se hisse et tend le bras. L’effort et le froid combinés le saisissent, s’ensuit une douleur à la poitrine. Il s’assied par terre le temps de se reprendre. Il perd connaissance, foudroyé par une crise cardiaque.
«C’est une page qui se tourne», dit Daniel, leur petit-fils. Ses grands-parents étaient propriétaires d’une des trois dernières fermes d’Annemasse. Une bâtisse vieille de quatre cents ans. Attachés au lieu et en bonne santé, les deux aînés n’ont jamais voulu la quitter. «Ils étaient très liés. Ils se soutenaient à tour de rôle quand ils étaient malades», explique Christine.
Le couple était loin d’être abandonné, bien au contraire. «C’était un vrai bistro! Tous les matins des amis venaient boire le café», glisse Claude, leur fils, marqué par le tragique événement. La famille passait aussi tous les deux jours environ, même si les enfants habitent maintenant à plus de 30?kilomètres de là. (TDG)
Créé: 11.02.2012, 12h07
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