Législatives 2012
Ni claque, ni triomphalisme pour la droite en France voisine
Par Marie Prieur. Mis à jour le 10.06.2012
En préfecture de Haute-Savoie, l’effervescence règne. Les candidats se succèdent au micro des radios et télévisions locales. Le téléphone accroché à l’oreille, le sénateur étiqueté Union pour un mouvement populaire (UMP), Pierre Hérisson répète un large sourire aux lèvres : « Les six UMP vont être élus ». Pour ces législatives, le suspens est en effet limité dans le département voisin. Dans les six circonscriptions, c’est un duel UMP face au candidat de gauche qui s’annonce pour le second tour. Aucune triangulaire en vue. Arrivant en troisième position dans nombre de circonscriptions, le Front national ne parvient pas à maintenir un seul de ses candidats.
Malgré une droite divisée, tous les candidats investis par l’UMP passent ce premier tour. « Les électeurs ont compris que les candidats investis étaient ceux qui avaient la légitimité », estime le président de l’assemblée nationale, Bernard Accoyer. Reste qu’aucun des trois grands favoris, Bernard Accoyer en tête mais aussi Martial Saddier et Lionel Tardy ne parvient à être élus du premier coup.
Dans la première circonscription, face au président de l’assemblée nationale (43,45%), l’outsider Christian Jeantet (PS) atteint 31,30 %. «Vu le résultat de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, on pouvait s’attendre à un score plus important de Bernard Accoyer. Je pense que c’est l’usure du pouvoir. Il s’est d’abord concentré sur sa carrière politique à Paris plutôt que de s’occuper de la Haute-Savoie», tacle le socialiste.
Autre point noir pour la droite, dans la 6e circonscription, au pays du Mont-Blanc, Marie-France Marcos (radicale de gauche), ralliant toutes les forces de gauche, atteint 22,63% contre 22,44% pour la candidate UMP Sophie Dion. Elle est la seule à réussir ce mini exploit mais ne se fait guère d’illusion. «On est au coude à coude, tempère-t-elle. Le combat va être difficile pour le second tour car j’ai beaucoup moins de réserves de voix que Sophie Dion. A moins que des candidats du centre se retrouvent autour de ma candidature. Je suis prête à discuter», conclut-elle.
Pire aux yeux de la droite locale, dans le Chablais haut-savoyard, le sortant Marc Francina est malmené. Il fait 28,66% à égalité parfaite avec la socialiste Pascale Escoubès. En troisième position, la candidate dissidente, Astrid Baud-Roche plafonne à 15,04%, offrant une réserve de voix importante au député maire d’Evian pour le second tour. « Il faut maintenant que ceux qui ont eu des ambitions au premier tour fassent devoir de solidarité vis-à-vis de leur famille politique », prévient Pierre Hérisson.
La circonscription la plus proche de la frontière, celle du Genevois haut-savoyard, n’échappe pas à la règle du duel. La candidate investie par l’UMP, Virginie Duby-Muller arrive en tête avec 31,39%. Le socialiste Guillaume Mathelier n’est pas loin derrière avec 28,63 % et se félicite d’avoir « remporté toutes les villes telles Annemasse, Ambilly, Saint-Julien ». Avec 8,81% des voix, le conseiller général centriste Antoine Vielliard rate son pari. Tout comme le directeur de Migros France, Claude Deffaugt (6,31%).
Du côté de l’Ain, le député maire de Divonne, Etienne Blanc (UMP) enregistre 41,6% des voix, devançant le socialiste Jean-Marc Fognini (32,6%). Le premier se réjouit de se retrouver « en position de force pour le second tour ». Et d’ajouter un brin taquin : « J’arrive en tête dans les trois cantons du pays de Gex mais aussi dans le canton de Belley, ville dont mon adversaire est maire. »
Le second tour aura lieu le dimanche 17 juin. C’est aussi à cette date que les Français de Suisse éliront leur représentant à l’Assemblée nationale. (TDG)
Créé: 10.06.2012, 22h43
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