La Une | Vendredi 25 mai 2012 | Dernière mise à jour 12:50
Justice

Dix?ans pour avoir mis le feu à sa femme

Par Marie Prieur. Mis à jour le 26.01.2012

Les Assises de Haute-Savoie ont reconnu hier l’homme de 40?ans coupable de tentative de meurtre

Le drame s'est déroulé dans un village à proximité d'Annecy en juin 2010


Dix ans de prison assortis de trois?ans de suivi sociojudiciaire pour avoir, un soir de juin 2010 à Saint-Félix (Haute-Savoie), aspergé sa femme d’essence et lui avoir bouté le feu. Les jurés de la Cour d’assises de Haute-Savoie ont reconnu l’accusé, âgé de 40?ans, coupable de tentative de meurtre. De quoi entraîner la colère de son avocat, le bouillonnant Bernard Ripert, qui a déjà annoncé qu’il ferait appel.

Durant 2?h?40, le ténor grenoblois s’était efforcé de requalifier les faits en violences volontaires. Pour Me Ripert, «c’est une grosse bêtise d’alcoolique, une grosse stupidité d’ivrogne» qui a conduit au drame. Le soir des faits, l’alcoolémie du quadragénaire atteint 2,32?g par litre de sang. «Il buvait 4?litres par jour quand ça allait bien et 5 les jours où il était angoissé.»

Ce dimanche-là, les verres de rosé tombent les uns après les autres. «Il y a de l’acrimonie, de la tension, du stress et du vin», résume le conseil. Dans la soirée, le mari aviné et excédé saisit le jerrican quasi vide et verse le reste d’essence sur sa femme avant d’approcher un briquet.

«C’est le geste d’un homme ivre qui veut ennuyer sa femme, lui nuire, mais sûrement pas la tuer, ni même la brûler, ni même la blesser, assure l’avocat de la défense. La meilleure preuve, c’est qu’il l’a secourue, se brûlant les mains au troisième degré pour éteindre ce feu.»

Pour l’avocat général, qui avait requis douze?ans de réclusion comme l’avocat de la victime, ce «sauvetage» arrive trop tard. «Il savait qu’il jetait de l’essence sur son épouse, souligne Charles-Emmanuel Ricchi. Un litre, 1,5 litre, ce ne sont pas quelques gouttes! Comment ne pas avoir conscience qu’on va tuer?»

L’avocat insiste sur les souffrances de sa cliente. Celles des premiers instants tels que décrits par sa belle-sœur, qui l’emmène à l’hôpital ce soir-là: «Elle sentait le brûlé. Sa peau partait en lambeaux et elle hurlait: «Je brûle!» Mais aussi durant le coma artificiel d’un mois et encore aujourd’hui. «Depuis dix-sept?mois, la vie de cette femme est entre parenthèses.» (TDG)

Créé: 26.01.2012, 09h27

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