Vernier
L'homme agressé serait impliqué dans un trafic de drogue
Par Laurence Bézaguet, Sophie Roselli. Mis à jour le 10.09.2012 12 Commentaires
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«Les agresseurs ont fait irruption dans son appartement et l’ont tabassé! Ils l’ont tellement frappé qu’il est tombé dans le coma. Ils voulaient de l’argent.» C’est en ces termes qu’un voisin de la victime a rapporté à la Tribune de Genève cette «sale histoire» survenue durant la nuit de vendredi à samedi, dans le quartier des Libellules, à Vernier. La police confirme cette violente attaque.
Il est environ minuit quand on frappe à la porte de Silvio*, habitant au 10, avenue des Libellules. Trois personnes, selon un témoignage, font irruption dans le logement et frappent avec acharnement cet homme petit et maigre, âgé de 57 ans. Une femme plus jeune se trouve alors avec lui. Les agresseurs se déchaînent ensuite sur le mobilier, mettant à sac l’appartement avant de s’enfuir. C’est le voisinage qui contacte les forces de l’ordre. Gendarmes et inspecteurs de la police judiciaire interviennent vers minuit trente, renforcés par la police scientifique. La victime, de nationalité suisse, est transportée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) en ambulance. Le quinquagénaire, plongé dans le coma pendant plusieurs heures, se trouvait toujours aux soins intensifs hier soir. «Il n’a pas encore pu être auditionné», précise le porte-parole de la police, Philippe Cosandey. Quel est le déclencheur de ces faits graves? «On ne privilégie pas du tout l’acte de violence gratuit», insiste Philippe Cosandey, se voulant rassurant pour la population. Mais il refuse d’en dire davantage sur les pistes envisagées à ce stade de l’enquête.
Un trafic de drogue?
Sur place, c’est le choc, mais pas vraiment l’étonnement. Selon deux habitants, cette affaire serait liée à un trafic de drogue. Ce que nous confirme une source policière. «Il est dans des histoires d’herbe, lâche un proche de Silvio. A une période, beaucoup de gens allaient chez lui.» Silvio a déjà été agressé. Sa porte a même été défoncée il y a quelques mois, se souvient un jeune, qui préfère garder l’anonymat pour «éviter les représailles». «Ce monsieur reçoit beaucoup de personnes qui viennent pour la drogue, raconte-t-il. On les entend régulièrement en parler sur le palier. J’ai vu des ados de 12-13 ans venir ici, comme des adultes. Ils ne sont pas forcément du quartier. Beaucoup de consommateurs zonent dans les couloirs, les escaliers. On sent l’odeur de l’herbe dans tout l’immeuble. Le week-end, c’est infernal. La police est déjà venue plusieurs fois.» Ce témoin affirme avoir discuté à de multiples reprises avec Silvio «pour lui dire d’arrêter». En vain. Toujours calme, il répondait de ne pas s’inquiéter. «La dernière fois, il a dit qu’il était désolé, qu’il allait tout arrêter.»
Voilà qui éclaire d’une lumière crue la vie quotidienne dans ce quartier difficile, réputé pour avoir le plus haut taux de chômage du canton, voire de Suisse, avec 9,4%. «On a la haine, mais on supporte, poursuit le même interlocuteur, avant d’ironiser. Les autorités ont décidé de rénover tous les appartements, mais pas les habitants, malheureusement…»
Quartier très sensible
Un important chantier a démarré «pour favoriser la mixité sociale dans les immeubles», rappelle Thierry Apothéloz. Le conseiller administratif verniolan comprend la colère des gens. «Nous devons urgemment maîtriser la situation sécuritaire dans notre commune. Mais il faut nous donner les moyens pour y parvenir.» Le magistrat déplore ainsi qu’un des deux îlotiers de Blandonnet n’ait toujours pas été remplacé depuis son départ à la police municipale de Meyrin… il y a plusieurs mois.
«Un seul îlotier gère actuellement les problèmes sur un territoire allant du Mandement au Grand-Saconnex. Il en faudrait même un troisième.» L’élu socialiste demande donc à l’Etat, «qui doit assumer la sécurité républicaine dans le sens premier du terme» – et à Pierre Maudet en particulier – de fixer des régions de sécurité prioritaires, avec des moyens complémentaires.
Car il n’y a pas que les Libellules qui soient sensibles à Vernier. «Nous constatons régulièrement des comportements inadéquats», ajoute Thierry Apothéloz. Une dispute – révélée par lematin.ch – qui a dégénéré dans une buvette du Lignon, vendredi en fin de soirée, en atteste. Un individu en possession d’un fusil à grenaille a tiré sur deux jeunes adultes résidant dans le quartier. Blessés, l’un à l’œil et l’autre à la main, ils ont tous deux dû être opérés. La police a interpellé le tireur, un Turc de 31 ans, habitant aussi au Lignon.
* Prénom fictif, identité connue de la rédaction (TDG)
Créé: 10.09.2012, 08h18
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La rédaction
12 Commentaires
Il faut se rendre à l'évidence il y a désormais chez nous, des cités où les flics n'aiment se rendre et où il vaut mieux ne pas traîner. La violence se déchaîne partout dans le canton étant donné que tous ces lascars ont un sentiment d'impunité ! Nos truands ainsi que les truands venus d'ailleurs le savent ! Tant que notre Code Pénal ne sera pas changé...rien ne changera. Berne doit agir vite ! Répondre
La violence des jeunes et moins jeunes ,mets de nouveau le problème de la sécurité à Genève.A quand les politicien genevois d' agir!!!Parlez moins et action contre l’insécurité.Je souhaite à la personne blessé un prompt rétablissement. Répondre
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