Quai Gustave-Ador
Il est poignardé en voulant protéger son frère
Dans la nuit de samedi à dimanche, deux hommes d’origine kurde ont été poignardés lors d’une altercation avec un groupe d’Africains, à Baby-Plage. Les victimes - un restaurateur des Eaux-Vives et son jeune frère - ont été blessées, l’une au bas du dos, l’autre à l’avant-bras. Pour la Tribune de Genève, les deux hommes, âgés de 33 et 26 ans, acceptent de témoigner et de revenir sur une soirée qui avait commencé comme une simple sortie entre amis aux Fêtes de Genève.
«Il était environ 23h45, samedi soir, lorsque j’ai fermé le restaurant et que nous avons décidé, mon frère, un ami et moi, d’aller prendre un verre aux Fêtes de Genève», raconte Amir (prénom d’emprunt), patron d’une pizzeria aux Eaux-Vives.
A terre, roué de coups
Après un tour au stand de tir à la carabine, le trio rejoint un client du restaurant à un bar situé près de la scène de Baby-Plage, au quai Gustave-ador. «Il était accompagné de sa fille, apparemment la jeune femme avec qui nous aurions eu une dispute selon la presse, poursuit Amir. Or, il n'y a jamais eu de dispute. Au contraire, elle nous a même offert un verre et nous nous sommes installés pour discuter avec eux».
La soirée va très vite basculer. Amir transporte sur lui une partie de la recette de la journée, soit environ 2'800 francs. Son frère remarque alors le manège d’un groupe de trois Africains qui se tient dans le dos du restaurateur. En Kurde, il lui dit de faire attention. Amir se retourne pour vérifier son portefeuille. Sans prévenir, son frère reçoit une claque de l’un des Africains. Puis des coups de pieds pleuvent.
«J’ai immédiatement essayé de m’interposer et d’un coup, quatre à cinq autres personnes sont arrivées sur nous», raconte Amir. Le jeune frère kurde est à terre, roué de coups. Son grand frère, leur ami et le client tentent de les séparer. Les agresseurs s’en prennent alors au restaurateur. Dans la cohue générale, le jeune frère se dégage et se saisit d’une chaise qu’il jette sur le groupe d’Africains. C’est à ce moment-là, que les coups de couteau fusent.
«J’ai juste senti un liquide chaud couler dans mon dos»
«Je n’ai pas ressenti de douleur sur le moment, sûrement à cause de l’adrénaline, se souvient Amir. J’ai juste senti un liquide chaud au bas de mon dos. J’ai immédiatement su qu’on m’avait poignardé.» Son frère est également blessé, mais à l’avant-bras. Dans la bagarre, on lui a même arraché sa chaîne en argent.
A l’arrivée des policiers, la situation est confuse. Les deux frères ont toujours maille à partir avec leurs agresseurs dont une partie prend la fuite. Les agents de police font usage de leurs sprays au poivre pour disperser tout ce petit monde.
De son côté, Eric Grandjean, porte-parole de la police confirme que des renforts ont été envoyés à Baby-Plage, vers 1h15 dimanche, pour une bagarre qui aurait dégénéré. «Aucun des agresseurs n’a été interpellé. Ils avaient quitté les lieux avant l’arrivée des policiers», explique le porte-parole.
Selon le police, le plus jeune des deux Kurdes, très agité, se serait alors jeté sur un groupe d'Africains malgré les injonctions des pandores, déclenchant une seconde bagarre. «Nous avons dû le maîtriser car il se débattait», ajoute Eric Grandjean.
«Il ne comprenait pas qu'on nous arrête nous»
Pour les deux frères, cette soit-disant deuxième bagarre n'est en fait que le prolongement de l'altercation qui a éclaté plus tôt. «Pas étonnant qu'il se soit débattu, rétorque son grand frère. Il ne comprenait pas qu’on nous arrête nous alors que nos agresseurs fuyaient. C’était vraiment très frustrant ! Mon frère vient d’arriver du Kurdistan irakien. Il ne parle pas français. Une telle situation l’a choqué.»
Les deux victimes ont finalement été conduites en ambulance aux HUG afin d'y être soignées. Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire.
Plus de vingt-quatre heures après la bagarre, Amir et son frère se remettent tant bien que mal de leurs blessures. Ils espèrent que leurs agresseurs seront vite retrouvés. (TDG)
Créé: 06.08.2012, 18h23
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