Tribunal correctionnel
Il est jugé pour le viol de sa femme de ménage
Par Catherine Focas. Mis à jour le 17.09.2012 10 Commentaires
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«Aujourd’hui mon client n’est pas là pour être jugé, il est là pour être condamné, cassé!» vitupère l’avocat Claudio Fedele devant le Tribunal correctionnel. Son client? Un Algérien de 37 ans condamné 19 fois pour vol, ivresse au volant, infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants et à la loi sur les étrangers. A peine sorti de prison, il recommence. «Je défends quelqu’un que tout le monde déteste», poursuit l’avocat qui le décrit comme un de ces multirécidivistes qu’on ne peut pas expulser et «dont la presse se délecte.»
Sauf que cette fois, l’homme est jugé pour des faits autrement plus graves: viol, contrainte sexuelle, contrainte et menaces. Deux femmes ont porté plainte mais elles n’étaient pas présentes hier à l’audience. Me Fedele considère que ce n’est pas normal. Il a soulevé un incident à ce propos qui a été rejeté. Selon le pénaliste, ces femmes, le tribunal les croit sans autre, sans les interroger à l’audience, sans prendre la peine de les confronter à son client dans le cadre du procès «parce que mon client est antipathique, parce qu’il fait partie de ces personnes qu’on n’a pas envie de voir rester en Suisse.»
Les faits remontent à décembre 2008. On reproche à S. d’avoir attiré dans un traquenard, une jeune Haïtienne, de passage à Genève et un peu simple d’esprit, laquelle cherchait à gagner sa vie en faisant des ménages. Il lui a proposé de venir nettoyer son appartement, mais il s’agissait en fait du studio d’un ami qui les a obligeamment laissés en tête à tête. Après quoi, il aurait fait subir à sa jeune proie tous les outrages.
Tout comme il conteste, les contraintes sexuelles répétées, les viols et les menaces à l’égard de sa compagne avec qui il a un fils. «Il faisait régner un climat de terreur non seulement pour son amie, mais pour les quatre enfants qui habitent dans cette maison comme le décrit le dossier du Service de la protection des mineurs», relève la procureure Tatiana Aliberti. Une violence si grave, poursuit la magistrate, «que les services sociaux ont décidé le placement secret de cette famille hors du canton, ce qui est exceptionnel.» Elle demande aux juges de lui infliger une peine de prison de 5 ans.
S. conteste les viols et la contrainte sexuelle. La jeune Haïtienne? Ils ont commencé à papoter devant un arrêt de bus aux Eaux-Vives, il lui a offert un Kebab et de fil en aiguille elle l’a suivi dans le studio. Aucune contrainte. La procureure lui demande si ça lui arrive souvent que des inconnues le suivent dans un studio pour entretenir des rapports sexuels. Il admet que non.
Aucune contrainte également en ce qui concerne sa compagne. Parfois, il est vrai qu’il devait insister pour obtenir des rapports sexuels mais «je lui achetais un cadeau ou un parfum et elle était d’accord.» Ou alors «Je lui disais que je lui achèterais un cadeau le lendemain. Après, c’était bon.» Son avocat plaide l’acquittement pour les agressions sexuelles. A ses yeux, la crédibilité de la compagne de S. est sujette à caution. «Je savais que les témoins clefs aux Etats-Unis peuvent bénéficier d’un programme de protection, mais je ne savais pas que ça existait ici pour les victimes de violence conjugale. Madame alerte tous les services sociaux, bénéficie d’un tel programme, on l’installe à la Chaux-de-fonds. Et dès que mon client sort de prison, elle lui téléphone.» Cette femme a retiré sa plainte contre S., elle vit à nouveau avec lui depuis plusieurs mois. «Et que croyez-vous? jette Me Fedele. Qu’ils jouent au monopoly tous les soirs?» Verdict ce mardi. (TDG)
Créé: 17.09.2012, 21h06
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10 Commentaires
Aujourd'hui c'est lui qui utilise l'argument qu'il a eu une jeunesse difficile pour que sa peine soit réduite au maximum. Avec ces énergumènes dans nos rues, bientôt ce sera nos enfants qui pourront sortir cet argument.... Répondre
«Aujourd’hui mon client n’est pas là pour être jugé, il est là pour être condamné, cassé!». Oui et il aurait dû l'être dès la 1ere fois. Et surtout ne jamais ressortir de sa cellule, vu qu'on peut pas l'expulser... 19 condamnation.. mais on hallucine! Répondre
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