Chêne-Bourg
Femme de 79 ans séquestrée: «Je vais bien, merci»
«Ne jamais ouvrir sa porte sans regarder dans le judas. En cas de doute, n’ouvrez pas et appelez quelqu’un», indique notamment le texte collé sur l’ascenseur.
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La femme de 79 ans menacée avec un couteau, frappée, bâillonnée et ligotée dans sa baignoire par deux individus samedi soir à Chêne-Bourg est une battante. Qui le dit? Ses voisins. Et qui le confirme? La principale intéressée, contactée hier à l’Hôpital cantonal: «Je vais bien merci, rassurez-vous», nous a-t-elle dit d’une voix cordiale mais ferme. Avant d’ajouter: «Pour le reste, je vous suggère de contacter la police.»
La septuagénaire se porte donc mieux. Ce qui constitue un soulagement pour ses voisins, qui la connaissent depuis des décennies. «Cette dame, qui a perdu son mari il y a de nombreuses années et qui n’a pas d’enfants, a un cœur en or, raconte un locataire. Elle va souvent nourrir les chats et les chiens de ses voisins lorsqu’ils sont en vacances ou absents. Elle le fait toujours avec plaisir. Elle est serviable.»
«Elle salue toujours les gens qui passent»
Dans l’immeuble du drame, situé à proximité de la Migros, tous les locataires rendent hommage à leur voisine. «Elle habite au rez-de-chaussée et est souvent à sa fenêtre. Elle salue toujours les gens qui passent. C’est une personne très gentille. Elle ne méritait vraiment pas d’être agressée. On est sous le choc lorsqu’on découvre ce qu’elle a subi.»
Après la séquestration de samedi, les habitants ne cachent pas leur inquiétude. Et s’interrogent: «Je me demande s’il ne faut pas installer un digicode», confie l’un d’eux. «On n’est plus sûr nulle part», ajoute un autre. «Dorénavant, je n’ouvrirai plus jamais aux étrangers», assure un troisième.
«Ne jamais ouvrir sa porte sans regarder dans le judas»
Un conseil qui a précisément été placardé dans tous les bâtiments du quartier par le service d’immeubles. «Ne jamais ouvrir sa porte sans regarder dans le judas. En cas de doute, n’ouvrez pas et appelez quelqu’un», indique notamment le texte collé sur l’ascenseur.
A la colère des habitants de Chêne-Bourg s’ajoute celle de tous les Genevois qui ont découvert hier sur notre site Internet les antécédents judiciaires des deux agresseurs de la septuagénaire. Le premier, 22 ans, sans domicile connu, a déjà été condamné à huit reprises depuis 2008 pour vols, dommages à la propriété, violation de domicile, violation de la loi fédérale sur les stupéfiants, recel et brigandage. Le second, 25 ans, lui aussi sans domicile connu, a été condamné à 13 reprises depuis 2005 pour des faits analogues. Et il a purgé une peine de deux ans et trois mois de prison pour brigandage.
«Faute d’accord de réadmission entre la Suisse et l’Algérie, ces deux individus, mais il y en a bien d’autres, hélas, nous pourrissent la vie. On ne peut les renvoyer», confie un haut gradé de la police, sous le sceau de la confidentialité. (TDG)
Créé: 22.02.2012, 06h23







