Le monde tremble devant une faillite de Dubaï
CHOC FINANCIER | L’émirat du Golfe serait-il en cessation de paiement? Son bras armé financier, Dubai World, vient de demander un rééchelonnement de sa dette, comme l’Argentine ou l’Islande. Les Bourses plongent.
© epa/2008 | Des milliers de milliards de dollars ont été empruntéspuis investis pour faire de Dubaï l’une des trois plus importantes destinations touristiques du monde. Le grand conglomérat d’Etat Dubai World est dans l’incapacité d’honorer le paiement d’une partie de sa dette au 14 décembre prochain.
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ÉLISABETH ECKERT | 27.11.2009 | 00:02
Les titres d’UBS et du Credit Suisse ont vécu une véritable curée hier, avec un plongeon de plus de 5% chacun. Pourquoi? En arrière-plan, les investisseurs du monde entier s’inquiètent d’un éventuel défaut de paiement de Dubaï la riche, Dubaï la flamboyante, comme l’Argentine, la Thaïlande ou la Russie!
Hier, toutes les actions bancaires ont été sévèrement sanctionnées par les marchés, entraînant derrière elles un miniséisme boursier où la Bourse suisse a perdu 2,17%, tandis que Paris, Francfort ou Londres chutaient de quelque 3%.
La cause de cette secousse? L’incapacité, annoncée mercredi, du grand conglomérat d’Etat Dubai World à honorer le paiement d’une partie de sa dette au 14 décembre prochain. Le montant qu’aurait dû verser la filière immobilière de Dubai World, à savoir Nakheel, se monte à 3,5 milliards de dollars. Le sursis demandé aux créanciers est fixé au 30 mai 2010.
Les marchés craignent l’effet domino
Il n’en fallait pas plus pour que les marchés financiers soient pris de panique. Et pour cause. L’émirat affiche une dette publique de quelque 80 milliards de dollars. Sa société d’Etat Dubai World – qui contrôle d’énormes projets immobiliers partout dans le monde, dont les fameuses Palm Islands, convoitées par des David Beckham ou des Brad Pitt – a accumulé à elle seule 59 milliards de dollars de dettes.
«Or, affirme Eckart Woertz, économiste au Dubai’s Gulf Research Center, tout le monde craint désormais qu’en cas d’incapacité de paiement de la part de Dubai World, l’Etat de Dubaï lui-même ne vienne pas à la rescousse. Cela créerait un effet domino terrible dans la région.»
Le Golfe pourrait-il s’effondrer comme le firent, en 1998, la Russie et, en 2001, l’Argentine, incapable de rembourser une dette s’élevant à 95 milliards de dollars, ou plus récemment l’Islande, mise en faillite par le FMI? La peur est là. Les Emirats arabes unis – dont Abou Dhabi – sont en effet parmi les premiers créanciers de Dubaï. Si ce dernier tombe, c’est toute une région – fortement endettée malgré l’or noir – qui se lézarde.
Car, au contraire par exemple de l’Arabie saoudite, Dubaï la riche n’est qu’une petite productrice de pétrole. Ayant profité, durant les années 2000, d’un baril qui, en 2008, flirtait avec les 150 dollars, l’émirat s’est lancé dans des projets immobiliers et touristiques pharaoniques.
Des projets pharaoniques
Edification de la plus haute tour du monde (891 mètres), construction de 250 îles artificielles, réalisation de la plus grande station de ski artificielle: des milliers de milliards de dollars ont été empruntés puis investis pour faire de Dubaï l’une des trois plus importantes destinations touristiques du monde. La diversification, voulue par le cheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktou, se comprend par l’effondrement des recettes publiques du pétrole, qui sont passées de 45% du PIB à 10% en 2008.
Evidemment, le monde entier s’est rué sur ces obligations d’Etat. Le mois dernier, encore, l’émirat a levé près de 5 milliards de dollars auprès notamment de deux banques d’Abou Dhabi. Mais pas uniquement. Ainsi, les banques européennes auraient des engagements à hauteur de 20 milliards de francs face à Dubaï. Selon le Credit Suisse, les banques les plus concernées en Europe seraient HSBC, la Deutsche Bank ou UBS.
Quand on voit l'artifice de ces constructions vouloir construire une tour de 818 mètres de haut pour un petit état qui n'a pas de pétrole, c'est simplement hallucinant, surtout lorsque l'on pense qu'il y a plus de 1 mia d'enfants et de gens qui meurent et de construire avec ce luxe, cet état disparaîtra sous peu.
Ici on épargne, là bas ils claquent nos lpp, 3ème pilier...On se prive, il dépense.
"Selon le Credit Suisse, les banques les plus concernées en Europe seraient HSBC, la Deutsche Bank ou UBS."
Tiens, le Credit Suisse n'est pas concerné? Il fait l'usage du cinquième amendement (refus de témoigner contre lui-même) ou c'est un simple oubli de sa part?
Vu le nombre de stagiaires envoyés à Dubaï par le Crédit Suisse, on a de la peine à croire que cette banque ne soit qu'un lieu de formation à cet endroit...