fait divers
Le quai Guisan fermé: «La cata, mon général!»
Par Thierry Mertenat. Mis à jour le 07.02.2012 32 Commentaires
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Comme un chantier de démolition – lourd, bruyant, besogneux. Des marteaux-piqueurs au format XXL, des pelles mécaniques en équilibre sur les gravats, des rotations de camions filant avec leur charge encombrante vers la campagne.
Le chantier qui s’est ouvert dans l’urgence, dimanche à l’heure du rôti, n’a rien de bucolique. Visez le point rouge sur la carte ci-contre. «C’est la cata, mon général?» On peut le dire ainsi, en effet. Le quai du Général-Guisan fermé dans les deux sens et c’est toute la ville qui vire au noir (lire ci-dessous ). La faute à une canalisation d’eau qui a rompu à un jet de robinet de l’Hôtel Métropole, de la place des Florentins et du Jardin anglais. La faute surtout à ces conduites de fonte grise qui, été comme hiver, réagissent mal aux changements de température.
La rupture a été spectaculaire et mis sur la brèche pendant trente-six heures les équipes de piquet des SIG, précédés par les pompiers dans les premières minutes de l’intervention. Une simple image pour qualifier l’incident? Six cents litres d’eau par seconde, soit l’équivalent de trois baignoires. Avec ça, le quai s’est mis à ressembler à un bassin olympique. Dans les proches et luxueux sous-sols, des geysers sont apparus entre les catelles cinq étoiles.
Le chef monteur des Services Industriels a aussitôt compris que les dommages cachés étaient encore plus importants. Le premier, il a ordonné la fermeture du quai transformé en route suspendue. A l’œil, des signes d’affaissement en plusieurs endroits. Sous le bitume, l’eau a chahuté le gravier, provoquant des creux et des poches érodées ne supportant aucun poids.
Après avoir sorti la conduite de terre et l’avoir remplacée sur une longueur entière de six mètres, il a donc fallu élargir la fouille, multiplier les «casses» et découvrir ce dont on se serait bien passé: une dalle en béton à l’épaisseur contrariante (jusqu’à vingt centimètres). «On ne sait pas pourquoi ni par qui elle a été posée là», expliquait hier lundi Gérard Luyet, le responsable Eau potable aux SIG. Cette couche en dur complique deux fois le travail: «Elle diffuse la fuite et nous oblige à aller voir dessous comment l’érosion s’est faite. Pour nous, c’est une sacrée perte de temps.»
Le «nous» est désormais celui du génie civil. Le diamètre de la fouille n’a cessé d’augmenter tout au long de la nuit dernière. Les équipes engagées procèdent en même temps au remblayage, en utilisant du gravier stabilisé avec du ciment. Ce contre-la-montre, dans des conditions sibériennes, doit justement composer avec le froid. Les centrales qui fournissent le bitume sont fermées. On se dirige donc vers la pose d’un enrobé provisoire, sorte de route ouverte en terre battue qu’il s’agira de surveiller de près, car elle promet de se dégrader au moment de sa réouverture – «au mieux jeudi matin» – à la circulation. «Cata» confirmée, mon général. -----------------------------------------------------------------------------------------------------
Bouchons maous et réactivité zéro
Fermer le quai du Général-Guisan dans les deux sens, c’est un peu comme organiser une Lake Parade en hiver. Genève n’aime pas être bousculée dans son calendrier. Ses autorités ont donc attendu hier après-midi pour convoquer une séance de crise, soit vingt-quatre heures après la fermeture du tronçon.
Laissés à eux-mêmes, les automobilistes n’ont pas manqué de donner de la voix et du klaxon tout au long de la journée de lundi. Des bouchons interminables sur la plupart des «pénétrantes» lorgnant le lac. Un seul exemple? On roule au pas du Jardin botanique à Plainpalais. Dans les faits, et ils sont têtus, tous les axes sont surchargés. La circulation se fige à mesure que l’on se rapproche du centre.
Il faut écouter la radio et consulter son iPhone pour savoir ce qui se passe exactement. Les ondes ne suffisent pas à corriger ce défaut de présence visuelle et uniformée dans les secteurs sensibles. On cherche les panneaux routiers indiquant les itinéraires à prendre, on rêve de croiser un agent: rien ni personne. Un communiqué finit par tomber et les décisions qui vont avec. Patience. Elles ne seront visibles qu’à partir de ce matin. Soit, sur la Rive droite: «A la hauteur du Vengeron, afin de limiter le trafic de transit vers le centre-ville, les automobilistes seront déviés vers la route des Romanelles pour rejoindre l’autoroute de contournement.» Mais encore? «Sur la Rive gauche, à la hauteur du giratoire de la Pallanterie, le trafic sera dévié sur la route de Compois.» Des informations seront diffusées sur les panneaux à messages variables de l’autoroute, indiquant «Accès du Mont-Blanc fermé». Ce panneau-là, on aurait aimé le lire dès dimanche après-midi en arrivant à Genève. TH.M. (TDG)
Créé: 07.02.2012, 08h05
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32 Commentaires
Je tiens à féliciter toutes les personnes qui travaillent dans ces terribles conditions sibériennes pour nous sortir de ce sale coup du froid. Cependant, ainsi que le dit l'article, une plus grande réactivité semblerait être un objectif politique légitime. Répondre
Merci à tous les genevois qui ont évité de prendre leur voiture ce matin. spectaculaire différence de traffic sauf....que les plaques frontalières ont continué de déferler, alors pourquoi la CEVA, pourquoi l'axe valdo...pourquoi les TPG étendus....pourquoi les P+R.. La discipline et le bon sens restent des vertus genevoises.... vivement un péage pour entrer dans Genève comme à Londres ! Répondre
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