Fait divers
Avec l'été, l'arnaque à la fausse pétition fait son retour à Genève
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Lundi, un homme de 22 ans, originaire de Roumanie, a été interpellé par la police sur le quai du Mont-Blanc alors qu'il faisait signer une fausse pétition et gardait l'argent pour lui. D'ordinaire, cette arnaque aux bons sentiments est l'apanage de jeunes Roms, mineurs. L'argent ainsi récolté est très souvent destiné à des réseaux organisés, tel que celui démantelé la semaine dernière à Moillesulaz. Explication et mise en garde.
«L'arnaque à la fausse pétition existe à Genève depuis environ quatre ans et a lieu principalement durant la période estivale, explique Jean-Philippe Brandt. Ces jeunes opèrent dans les zones piétonnes, vers la gare, sur les bords du lac et aux arrêts de bus. Là où il y a du monde et surtout des touristes. A cause des vigiles des magasins, ils évitent la rue du Rhône.»
«Elles se font passer pour sourdes et muettes»
On peut également croiser ces ados à proximité des bancomats et de certains bureaux de poste, comme à l'avenue de Champel. «De temps à autre, je vois un de ces jeunes traîné devant l'entrée de la poste avec un document à la main, témoigne un commerçant voisin. Il doit avoir une douzaine d'années, guère plus. Mais là, ça fait un moment, qu'il n'est pas revenu.»
Les pseudo-pétitionnaires sont généralement des jeunes filles mineures, d'origine roumaine et appartenant à la communauté Rom. Elles se font passer pour sourdes et muettes et présentent à leur victime une pétition à signer comportant des logos d'ONG ou d'associations caritatives connues du grand public. «Il existe deux techniques, précise le porte-parole de la police. La première: elles demandent de l'argent au passant qui leur donne volontiers quelques francs pensant qu'ils seront reversés à ladite association. La deuxième: le personne chargée de récolter les signatures distrait sa proie pendant que des complices lui font les poches.»
Une dizaine d'arrestations sur quatre ans
Cette technique fait enrager les associations dont le nom est ainsi sali. «Nous recevons des plaintes des associations pour usage abusif de leur logo et de leur nom, confirme Jean-Philippe Brandt. En revanche, rares sont les victimes de fausse pétition à déposer plainte. Soit parce qu'elles ont cru donner de bonne foi et ne se sont rendus compte de rien, soit parce qu'elles ont un peu honte de s'être fait ainsi gruger.»
Depuis quatre ans, la police genevoise reconnaît avoir interpellé au moins une dizaine de ces jeunes Roms. Poursuivis pour escroquerie et faux dans les titres, ils sont remis au ministère public. Faute de papiers d'identité, ces ados sont souvent vite relâchés. (TDG)
Créé: 27.06.2012, 16h11































