Vésenaz: un tunnel est-il l’antidote au trafic?
Votations | La tranchée couverte de Vésenaz est attaquée par un référendum des Verts. L’ouvrage enterre le trafic de la route de Thonon, mais pas celui de la route d’Hermance.

© vogelsang | David Amsler, député libéral: "Il n'y a pas d'alternative."
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JÉRÔME FAAS | 23.11.2009 | 00:00
La circulation étouffe Vésenaz, personne n’en disconvient. Le carrefour entre les routes d’Hermance et de Thonon génère bouchons et accrochages à la pelle. Mais la solution défendue par la commune de Collonge-Bellerive et la majorité de droite du Grand Conseil divise. Pour eux, la tranchée couverte constitue l’unique remède à l’engorgement du village. «Il n’y a pas d’alternative», assure le député libéral David Amsler. La gauche référendaire, au contraire, n’y voit qu’un coûteux et inutile gadget. «Il s’agit de 57 millions jetés à la poubelle», tempête l’élue Verte Emilie Flamand.
Alors que la commune juge que la tranchée profitera aux 50 000 habitants de la région Arve-Lac, la députée dénigre un projet «ultralocal» qui, faute de réduire le trafic, «ne fera que déplacer le bouchon un peu plus loin». Pire, «il ne diminue que faiblement la circulation au centre du village». La tranchée permet en effet d’enterrer le trafic de la route de Thonon (20 000 véhicules par jour), mais pas celui de la route d’Hermance (15 000 voitures).
Le rapport coût/efficacité de l’ouvrage est aussi jugé insatisfaisant par Berne, qui ne le considère pas prioritaire. Sauf improbable volte-face, la Confédération ne participera pas à son financement.
Ce tunnel s’apparenterait-il à une demi-mesure? «On peut toujours imaginer plus et mieux! 57 millions dont 17,5 pour la commune, c’est déjà beaucoup, juge la maire Francine de Planta. Les réalisations pharaoniques ne sont plus défendables.» Surtout, souligne David Amsler, «ce projet existe». Les autorisations sont en force. «Ne tombons pas dans cette spécificité genevoise consistant à remettre en cause un projet quand il est prêt à démarrer!» plaide la magistrate.
Et alors que le président de l’Association transports et environnement, Olivier Norer, affirme que «le fait que le trafic de la route d’Hermance reste en surface hypothèque l’intérêt de cette tranchée», Francine de Planta persiste: «Quand, grâce à la tranchée, la circulation sur la route de Thonon sera fluidifiée, les répercutions sur celle d’Hermance seront positives.»
«Reste du village sacrifié»
Il en faudrait plus pour convaincre l’élue municipale Silvia Plüss, chiffonnée par la faible longueur du tunnel. «Sur 300 mètres, entre le carrefour et le temple, c’est indéniable, le trafic sera réduit. Mais Vésenaz se développe du côté de la Pallanterie. Tout le reste du village est donc sacrifié.» Ici intervient l’habituel argument Vert: faciliter le trafic, c’est l’augmenter. «Le bouchon de Vésenaz sautera, mais si davantage de voitures affluent, celui du rond-point de la Pallanterie croîtra», craint Olivier Norer.
«Ce nouveau combat des Verts contre la voiture et la complémentarité des transports voulue par la population» irrite la maire. Elle juge nécessaire de développer les axes routiers, «un domaine où un manque se fait sentir», mais assure aussi que la tranchée «génère de la mobilité douce»: de larges trottoirs, des pistes cyclables, des arbres. David Amsler ajoute que la tranchée «n’exclut pas la construction future de parkings-relais», auxquels les magistrats d’Arve-Lac se disent favorables.
Enfin, plaide la maire, ce projet «résout le problème de sécurité au carrefour. Les études prouvent que la réalisation d’un giratoire en l’état serait inefficace: il n’absorberait pas l’actuelle circulation.»
Derrière l’unité de façade, la division des commerçants
A première vue, tout le village roule derrière sa tranchée couverte. Surtout les commerçants: 45 des 50 membres de l’Association des commerçants et riverains de la traversée de Vésenaz ne soutiennent-ils pas ce tunnel? La réalité est moins lisse.
Au café les Fougères, les tenancières abrègent. «Nous n’avons pas d’opinion. Nous ne voulons pas de problèmes avec les clients et les autres commerçants. Les dernières semaines ont été très chaudes…» Le mécanicien du garage se réfugie derrière l’absence du patron. Idem à la boulangerie Ardizzone. «C’est trop compliqué, c’est un sujet délicat», esquive la vendeuse. Même silence à la pharmacie Bleue.
«Le trafic, c’est l’horreur»
Président de l’association, Angel Montanes se démène pourtant pour la tranchée. Le patron de l’agence immobilière Rive Gauche martèle son message. «Je mets quiconque au défi de nier qu’un jour, il y aura un drame à ce carrefour. Ici, la circulation, c’est l’horreur.» Le tunnel ne réglera pas tout? «Mais seule la somme des projets peut y parvenir!» Il aurait pu être plus long? «En effet, mais cela fait trente ans qu’on attend et là, on a un projet. Il faut tenir compte de l’invivable situation des riverains.» Au kebab, Ali Koca le soutient. «De toute façon, il faut faire quelque chose. Les travaux rendront le village plus joli, plus vivable.»
D’autres pensent perte de chiffre d’affaires durant le chantier. «Le village sera bien plus joli à terme, mais nous, on se prépare à des années de misère», se lamente une vendeuse de la boutique de décoration d’intérieur Côté campagne. «A l’époque des travaux du tram à la Servette, j’avais un magasin de multimédia. J’ai pris 40% dans le nez en deux ans», se rappelle Rodolphe Esclapes, patron du Panier Bio. Il est quand même «plutôt pour» la tranchée, imaginant un «joli centre du village». «Mais après, cela peut aussi être une escroquerie…»
«Des travaux ridicules!»
Les derniers, enfin, doutent carrément. «C’est beaucoup de travaux pour un petit effet, pense Claire-Lise Souchan, employée du salon de coiffure
Gisèle. Le trafic de la route d’Hermance restera. J’ai peur que les gens imaginent qu’après le centre va être très calme.» Patronne de Côté campagne, Josselyne Rochat vitupère: «Faire tout ça juste pour 500 mètres de tunnel, c’est ridicule!»
«Trois ans de travaux pour qu’il nous reste la circulation de la route d’Hermance, c’est crétin», abonde Nathalie Dassino, patronne du magasin d’équitation Beau-Geste. Mais critiquer la gêne: «A l’association, ils se bougent. Moi je ne fais rien. Or, quelque chose doit être entrepris, c’est sûr. Le point faible des opposants, c’est qu’ils n’ont pas de contre-projet.»
Consultez l'infographie de la tranchée couverte.
Dans les colonnes, sauf erreur, de votre journal, vous avez rappelé la prise de position de l'association, actif-trafic. Selon eux, construire des tranchées couvertes, si on devait le faire partout comme à Vesenaz, coûterait une bonne dizaine de milliards. On pourrait aussi en construire une à la Route de Chêne (ça serait bien, j'habite juste à côté). Mais comme les habitants des Eaux-Vives sont beaucoup moins riches et beaucoup moins "gonflés" que ceux de Vesenaz: ils ne font pas des propositions aussi absurdes.
Ce tunnel ne ferait que deplacer le problème, en aucun cas le resoudre. Il faut privilegier les transports publics et les developper beaucoup plus que jusqu'à present. Pour être credible à ce niveau-là, il faut - pour commencer - une voie de bus sur le pont du Mont-Blanc dans chaque sens. Les mesures incitatives pour inciter la majorité des automobilistes à laisser leur voiture au garage ou dans un parking doivent être fortes.
1° Ce projet est aussi mal conçu que le CEVA.
Y aurait-il les mêmes géniaux ingénieurs là dessous ?
C'est-à-dire en dessous de tout !
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2° Si le but était de rendre à Vésenaz une place piétonne,
alors il fallait inclure la route d'Hermance.
- D'ailleurs elle est en descente depuis Vésenaz.
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3° Il y a tout un catalogue de mesures à prendre pour s'attaquer de front :
a) Non pas à la circulation automobile en elle-même,
comme l'a fait la clique à CRAMER ;
b) Mais aux embouteillages eux-mêmes.
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4° Par exemple il suffirait d'ajouter au pont du Mont-Blanc UNE SEULE voie côté lac.
- Une voie TPG/taxis entre 2 voies vers la rive droite rendrait attractifs les transports publics.
- Dans l'autre sens, les TPG n'ont pas de problème en quittant l'arrêt prioritairement.
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5° Avec cette construction là, on fera l'économie d'un CEVA mal ficelé :
- Une ligne de bus directe entre les gares de Cornavin et des Eaux-Vives, au bénéfice d'une onde verte.
(peut-être un arrêt facultatif vers l'Horloge fleurie)
Un trajet de 2,5 km à faire en moins de 20 minutes !
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6° Au triste bilan du "Khmer Vert" :
La disparition de la bonne synchronisation des feux ;
elle assurait la fluidité du trafic avec "l'onde verte".
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NON AU CEVA & NON A VÉSENAZ
Encore et toujours des blocages de la part des khmers verts! Genève n'évoluera donc jamais?
Les khmers verts... la formule est jolie, mais l'auteur peu intelligent. Même si le parti ecologiste abrite deux ou trois personnalités un peu douteuses. Si Genève est bloquée, c'est à cause des voitures, du TCS et du lobby du salon de l'auto qui rapporte beaucoup à un certain nombre de personnes très influentes. Le territoire est petit, pas extensible: pour circuler tous, il faut circuler ensemble, donc en transports publics.