TGV Genève-Paris: 6 mois de retard pour une demi-heure d’avance
RÉGION | Sur le site de Bellegarde (Ain), il a fallu procéder à une importante opération de dépollution. 
© LUCIEN FORTUNATI | Le viaduc flambant neuf assure le raccordement entre la ligne du Haut-Bugey réhabilitée et la voie existante qui file vers le canton. Au milieu de l’année 2010, les passagers du TGV pourront effectuer le trajet Genève-Paris en trois heures.
MARIE PRIEUR | 09.06.2009 | 00:00
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réhabilitation de la ligne TGV du Haut-Bugey ne se sera pas faite sans peine. Grâce à un tracé plus court de 47 km, évitant le détour par Culoz et Ambérieu, elle permettra de relier Genève à Paris en 3 heures.
Débutés en 2007, les travaux que finance la Confédération à hauteur de 35,5% ont six mois de retard. Pour atteindre Paris à grande vitesse, il faudra patienter jusqu’à la mi-2010. «Au démarrage, on a pris du retard en raison des conditions imposées par la loi sur l’eau», rappelle Jean-Damien Bierre, chef du projet pour Réseau ferré de France (RFF).
Une fois les questions administratives réglées, la météo s’en est mêlée. «On a connu des étés pluvieux et un hiver très rude. Entre la fin novembre et début mars, le sol était gelé sur 80 centimètres d’épaisseur.»
Le site de Bellegarde, où un pôle d’échange verra le jour, a quant à lui réservé son lot de mauvaises surprises. Notamment une forte pollution. «Malgré nos demandes auprès de la SNCF, on a retrouvé des polluants, de type hydrocarbures et résidus de houille, enterrés au moment de la démolition de l’ancienne rotonde», souligne Jean-Damien Bierre.
Mais ce n’est pas tout: le terrain était gorgé de fioul. «Lors d’une opération de remplissage d’une locomotive, 5000 litres s’étaient déversés sur le site.» Résultat: le liquide s’est insinué dans la terre et dans les tuyaux servant normalement au drainage de l’eau. «Il a fallu faire deux expertises.
On a travaillé à la petite cuillère, au lieu des godets de terrassement habituels et la terre a été envoyée à Lyon pour être incinérée.» Un médecin a même suivi les ouvriers durant cette étape délicate.
Une opération de longue haleine, qui a pénalisé la construction du viaduc de raccordement sur la voie existante mais aussi de la future gare de Bellegarde. Et qui représente un surcoût très important.
«On présentera la note à la SNCF. C’est l’exploitant. Pour moi, il est clair que le principe du pollueur payeur doit s’appliquer», assure le chef de projet RFF.
En attendant l’heure des règlements de comptes, les travaux avancent. Le pôle d’échange sort peu à peu de terre. «De forme ronde, on l’a conçu comme une articulation entre les anciennes voies filant sur Lyon et le nouveau viaduc partant sur Genève», décrit Bruno Deck, architecte chef de projet pour le site.
Pour ce chantier en particulier, il a fallu résoudre deux soucis principaux. Le premier consistant à gérer les flux venant de toutes parts. Quant au second: «Le terrain était tout en pente. Nous avons extrait 40 000 m³ de déblais. Et ce dans du calcaire extrêmement dur. A tel point qu’on a procédé à des opérations de minage», conclut-il.
Et j'imagine qu'en contrepartie pour le financement de cette ligne 100% sur sol français PAR LES IMPOTS DES CONTRIBUABLES SUISSES dont 99,9% n'en seront pas usagers, la SNCF payera 35,5% de la troisième voie Lausanne-Genève?
... Allo? ... Allo? ... Tiens, je crois qu'on a été coupés.
3 ans pour réaliser cette ligne TGV.
3 ans et demi pour réaliser le tram de Bernex...
Ca ferait le Genève-Lausanne en 20 minutes... c'est pas demain la veille... faut pas aller trop vite en Suisse :-)
Quel gâchis pour un gain de temps de 30mmn. Prenez en voiture la route de Bourg en Bresse jusqu'à Bellegarde et vous constaterez les dégâts. Je ne sais pas si il est très judicieux de faire passer un train du XXIème siècle dans des tunnels du XIXème siècle. Sans parler de tous les passages à niveau rétablis qui vont encrasser la vie des Bressans et en conséquence remonter notre cote dans cette région. A la vue du tracé je ne sais pas si je me sentirai en sécurité dans ces TGV.
Pour mémoire, ces travaux se font à l’initiative et sur l'insistance des Genevois certainement trop pressés de se rendre à Paris (ou de quitter Genève). Quand on pense à la troisième voie Genève-Lausanne et aux retards récurrents de cette ligne, on peut en déduire :
1 : les autorités françaises sont plus conciliantes avec les Genevois que les autorités suisses ;
2 : encore un petit effort des Français et nous mettrons moins de temps pour rallier Paris au lieu de Lausanne.
Le tracé est sinueux et montagneux donc c'est dangereux ?
Quelle logique implacable !
Depuis plusieurs décennies les TGV empruntent des lignes construites au XIXème siècle, à tout hasard : la ligne Lyon - Genève...
De plus cette ligne permettra de désenclaver le Haut-Bugey grâce aux TER...
Cordialement.
Il m'arrive assez souvent de prendre le TGV et le détour par Culloz et Ambérieux, où on roule à moins de 100 km/h, est un non-sens. Le trajet jusqu'à Bourg-en-Bresse prend près du tiers du parcours total jusqu'à Paris ! Il est temps que cette ligne soit réhabilitée.