Retraitée harcelée par un corbeau: un suspect arrêté
MEINIER | Après avoir écrit un courrier dans la presse contre Mister Gay, elle est inondée de lettres et d’appels anonymes. Le prévenu a 80 ans.
© pascal frautschi | Me Giorgio Campà, avocat de la victime. Il montre les lettres d’insultes reçues par sa cliente: «Elle n’exclut pas une légitime réparation.»
FEDELE MENDICINO | 02.04.2009 | 00:00
Huit jours de filature. C’est le temps qu’il a fallu à une poignée de détectives privés pour mettre la main, lundi dernier, sur le suspect numéro un de l’affaire du corbeau de Meinier (lire nos éditions du 20 mai 2008).
Il y a un an la Tribune de Genève racontait le désarroi d’une retraitée de la commune inondée depuis des mois par des téléphones et des lettres anonymes d’insultes: «Vieille garce, mite, moisissure, sale frustrée, nuisible, quand tu crèveras on fera la fête.» Des voisins et des habitants des villages environnants ont également reçu en masse des courriers prétendument écrits par elle. L’auteur signait ces lettres du nom de la victime, et appelait la population à ficher les homosexuels.
«Homosexualité condamnée par Dieu»
A l’origine des tracas de la plaignante: son billet paru dans le Courrier des lecteurs de la Tribune de Genève en… 1998. Dans ce texte, déplorant l’élection de Mister Gay, cette croyante pratiquante estimait, en citant la Bible, que l’homosexualité est condamnée par Dieu. Plus de dix ans après, un inconnu décide apparemment de lui faire payer ses propos en l’intimidant. Il lui adresse des lettres provenant de toute la Suisse et déverse régulièrement son fiel en lui téléphonant souvent depuis des cabines proches de la gare. A chaque appel, la même voix. A chaque pli, la même écriture. L’an dernier, la police et la justice genevoises s’emparent du dossier. Sans grand succès.
Flagrant délit dans la cabine
Avocat de la retraitée Me Giorgio Campà imagine alors un plan d’action pour «coincer le suspect» et décide, en début d’année, de mandater une entreprise de détectives privés. Le dispositif est simple: les appels téléphoniques du corbeau sont déviés sur les portables des enquêteurs. S’affiche alors le numéro de téléphone de la cabine d’où provient l’appel. «Un numéro qui termine systématiquement par 99», précise Me Campà.
Deux détectives privés, qui ont fait l’inventaire des cabines et de leurs numéros, patrouillent Cornavin en roller. Un troisième est à vélo. «Nous l’avons donc pris en flagrant délit lundi matin dans une cabine près de la gare, explique le détective Christian Sideris. Nous avons immédiatement alerté la police qui a interpellé cet homme de 80 ans.» Et l’avocat de préciser: «Les forces de l’ordre ne pouvaient pas se permettre autant de temps et de moyens sur ce dossier, c’est pourquoi j’ai sollicité des privés.» Selon la police, le suspect, qui n’a pas encore été inculpé, a partiellement admis les faits reprochés. Il n’aurait pas été emprisonné: «Le fait de l’avoir interpellé et de l’avoir auditionné devrait le dissuader de recommencer», poursuit une source proche du dossier. «Ma cliente, qui ne connaît pas cet homme, est soulagée, déclare Me Campà. Elle ne veut pas se venger, ce qui n’exclut pas une légitime réparation. Elle souhaiterait notamment que ce monsieur contacte les personnes à qui il a écrit, pour s’expliquer et pour s’excuser.» Le suspect a-t-il agi seul? Pourquoi s’est-il acharné sur cette habitante de Meinier durant des mois? L’homme souffre-t-il de problèmes psychiques? Les enquêteurs de la Brigade de criminalité générale devront répondre à ces questions.
Et si l'HOMOPHOBIE figurait dans les délits pénaux comme le racisme. Malheureusement ce n'est pas le cas et c'est dommage, on peut traiter les gays de "pd" s'en être aucunement inquiété, les propos homophobes ne figurent pas dans la loi, ne sont pas poursuivis,...
Il est mignon ce petit avocat, peut-être un peu coincé, je plaisante
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