Meurtre de Cointrin: un des quatre inculpés a été libéré
Genève | Libre, ce professeur d’équitation neuchâtelois de 63 ans est suspecté d’avoir suggéré le nom du tueur à gages à la femme de la victime. Fedele Mendicino | 21.11.2009 | 00:00
Coup de théâtre hier devant la Chambre d’accusation. Lors d’une audience tenue à huis clos, un des quatre inculpés dans l’affaire du meurtre de Cointrin a obtenu sa libération provisoire. Le tout sans caution et contre l’avis du juge d’instruction et du Ministère public! Après une vingtaine de minutes de réflexion, la Chambre a admis qu’en raison de l’avancée de l’enquête et de l’absence de risque de fuite, l’inculpé pouvait sans autre quitter Champ-Dollon. Ce professeur d’équitation neuchâtelois de 63 ans, qui est suspecté d’avoir suggéré le nom du tueur à gages à la femme de la victime, aura passé sept mois en détention préventive.
Trois personnes restent à l’ombre pour l’exécution de S. Le tueur présumé, un Vaudois de 40 ans (qui conteste les faits), la femme de S. et la belle-mère de ce dernier. Le duo, originaire de Rolle (VD), est suspecté d’avoir commandité le meurtre en novembre 2008 pour la somme de 50 000 francs. Après avoir nié durant des semaines, elles ont admis avoir organisé le crime. Cet habitant de Cointrin a été retrouvé avec deux balles dans la tête dans son luxueux appartement. Les deux femmes reconnaissent avoir remis 50 000 francs à un tueur à gages pour faire «le sale travail».
Le mobile du meurtre selon la défense? Le harcèlement psychologique de S. qui craignait que sa femme ne le quitte. Absurde et fantaisiste, rétorque la famille du défunt. Les deux inculpées poursuivies pour meurtre, voire assassinat, répètent que S. était possessif, et qu’il aurait multiplié durant des mois pressions et intimidations en tout genre. Seule certitude: le couple battait de l’aile. Les époux se séparaient, puis ils se remettaient ensemble.
«Manipulatrices»
Défenseur du détenu libéré, Me Eric Beaumont relève le rôle périphérique joué par son client: «Ce n’est qu’un intermédiaire. Il a suggéré le nom d’une personne pour mettre une correction. Il ne pensait pas que cela allait conduire à un meurtre.» Pourtant les deux inculpées présentent J. comme un coauteur. «Elles sont manipulatrices, relève Me Beaumont, leurs déclarations sont variables et contradictoires.» L’enquête se poursuit.