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Marlyse Conus: «Ecrire des chansons, c’est ma passion»

Le récit | Deux amateurs genevois concrétisent leur rêve: réaliser leur propre album avec les outils des pros. Entrepreneur, Daniel Schmid compose dans sa cave, tandis que Marlyse Conus écrit les paroles des chansons.

Marlyse Conus.
© PASCAL FRAUTSCHI | Marlyse Conus. Si elle a toujours eu envie d’écrire, ce n’est que récemment que l’occasion lui a été donnée d’imaginer les chansons d’un album entier. Depuis, elle poursuit dans cette direction, écrire des paroles, des livres et des spectacles.

FABRICE GOTTRAUX | 28.11.2009 | 00:00

Il y a de cela cinq ans, Marlyse Conus et Daniel Schmid, deux Genevois dans la cinquantaine, réalisaient un vieux rêve. Ils sortent un album de chansons composé, écrit et produit par leurs soins avec les outils des professionnels.

La réalisation de ce qui constituait pour eux une grande première fut un succès, appuyée par des musiciens de premier ordre recrutés aux Etats-Unis. La distribution, en revanche, s’est limitée à Internet. Depuis, l’album Imaginer, c’est son titre, est toujours en ligne. Son existence se poursuit indépendamment de ses créateurs, qui auront vécu une aventure hors du commun. Voici leur histoire.

L’écriture: une passion

Pour Marlyse Conus, l’écriture est une passion de toujours. «Pendant longtemps, je ne pensais rien en faire», avoue cette femme élégante d’âge mûr. Ce fut le cas jusqu’à ce jour où, à l’approche de l’an 2000, l’idée a germé de réunir un répertoire complet. Des chansons? Alors pourquoi pas un disque! «J’ai toujours aimé les beaux textes, les beaux livres. En matière de chansons, la personne que j’admire le plus, c’est Cabrel. Il est exceptionnel.» Si elle chante les textes qu’elle écrit, pour voir «si la métrique fonctionne», Marlyse n’a cependant jamais appris la musique.

De son côté, Daniel Schmid compose au piano, qu’il maîtrise parfaitement. Formé au classique, il a entamé lorsqu’il avait 19 ans une carrière professionnelle. «Je jouais avec un trio de jazz. A l’époque, chaque radio avait encore son orchestre. Le guitariste était à la radio suisse italienne et le batteur à la radio belge. Lorsque le pianiste est tombé gravement malade, on m’a proposé de le remplacer au pied levé. Pendant une semaine, on a répété onze heures par jour. J’ai débuté comme cela.» Engagé dans les clubs privés d’alors, il «accompagne Joe Dassin, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour…»

Aujourd’hui, Daniel Schmid est «spécialiste en conseil en organisation, ressources humaines et gestion de carrière». Il possède trois entreprises. Voilà longtemps qu’il ne fait plus partie du monde des musiciens «pros». Mais la passion reste encore vivace. «Il faut bien se rendre compte que le monde des tournées est épuisant. Ou, disons, extrêmement prenant. Soit vous réussissez magnifiquement bien. Soit vous restez dans l’ombre, et vous répétez chaque soir le même thème au même tempo, ce qui est bien plus ennuyeux.»

Quatorze titres

Daniel Schmid a commencé à composer lorsqu’il avait 25 ans. «Pas par nécessité, mais par envie.» Cependant, il lui faudra attendre sa rencontre avec Marlyse Conus pour réaliser son premier disque. «Mon mari connaissait bien Daniel Schmid, se souvient Marlyse. Nous nous sommes rencontrés. Il a pris mes textes, une trentaine. Six mois plus tard, ça y est, il avait composé la première chanson.»

Quatorze titres voient le jour. Puis une maquette, avec la voix et le piano de Daniel. Dès lors, Marlyse Conus s’attelle à démarcher les maisons de disques. «Quand on commence, on ne connaît rien. Alors on appelle les standards. Si la personne vous écoute, elle vous dit à qui s’adresser.» Marlyse envoie les maquettes du disque. Chou blanc. «Je me suis aperçue qu’il fallait quelque chose de plus élaboré.»

L’aventure aurait pu s’arrêter là. Mais le tandem est bien décidé à «concrétiser le rêve». Ainsi Marlyse et Daniel décident de produire eux-mêmes la réalisation de leur album.

Précisons que Marlyse et Daniel restent des artistes de l’ombre. Comme hier un Jacques Revaux composait Comme d’habitude pour Claude François, nos deux Genevois ne sont pas interprètes. Sur la pochette de Imaginer, on verra donc une certaine Gaëlle Laurens, de Montpellier. Sélectionnée par le télé-crochet Graine de star, la jeune femme prête sa voix à des pubs télé et radio.

 




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