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K.-O. debout en 2005, l’Entente s’est réunie autour des baisses d’impôts

BILAN | Après deux ans de dure concurrence, les partis tirent à la même corde.

© Magali Girardin | Séance du Grand Conseil. Attendue au tournant par les concurrents UDC et MCG, l’Entente serre les rangs. Mais cela ne signifie pas que les fissures internes soient comblées.

MARC BRETTON | 22.09.2009 | 00:01

A l’automne 2007, l’Entente genevoise était très mal en point. En 2005, lors des élections, les libéraux, les radicaux et le PDC chutent de 45 à 39% des suffrages. Le Conseil d’Etat passe à gauche, une première depuis 1937. Déstabilisé, chacun tire la couverture à soi; en 2006, les radicaux «fautent» avec les Verts; à l’automne, l’Entente se déchire autour du débat sur l’école.

Dans les partis, la situation n’est pas joyeuse non plus: les libéraux s’épuisent pendant des mois à remplacer leurs présidents, tandis que les démocrates-chrétiens «brûlent» leurs candidats au Conseil des Etats. Fin 2007, c’est le pompon: le PDC échoue à faire élire Guy Mettan à la présidence du parlement. Les «cousins» de l’Entente ont préféré élire un représentant d’un mouvement honni: l’UDC…

Tout le monde d’accord

Est-ce la fin? Non. Comme dans certains couples fatigués, les partenaires se réconcilient sur l’oreiller des baisses d’impôts. Sortant de la Chambre de commerce, le projet de baisse des fiscalités communale et cantonale va mettre tout le monde d’accord. En deux ans, ce chantier devient même pour l’Entente (lire ci-dessous) «le» projet de la législature.

On en a moins parlé, mais un autre projet, plutôt discret, a eu une certaine influence. C’est celui de l’Entente sur une réforme totale du statut de la fonction publique. Remisé en commission, ce texte a été agité comme un gros bâton par l’Entente pour pousser la fonction publique à accepter les propositions de réformes du statut négociées avec le gouvernement (assouplissement des conditions de licenciement, 13e salaire).

La petite musique

Certains regretteront la désunion de l’Entente, mais, mis à part pour l’élection au Conseil des Etats, il n’est pas sûr qu’elle ait été un vrai problème.

Paradoxalement, l’absence de majorité claire au parlement a permis à chacun de jouer sa carte. Les radicaux, emmenés par le député Jacques Follonier, se sont ainsi illustrés sur le champ de bataille des notes. Le parti a également participé à la mise en place de la coalition pour la loi sur le Cycle d’orientation. Il a finalement défendu la laïcité des cimetières, l’octroi de plus de moyens aux polices municipales et les surélévations d’immeubles.

De son côté, si le PDC a été membre de très nombreuses majorités permettant de faire passer d’importants projets, il a rarement joué un rôle franchement original.

Rebondissant sur les événements, le parti se montre plus opportuniste que novateur, comme en témoigne sa dernière offensive pour la construction d’une nouvelle prison à Genève. Une exception: sa proposition sur les ouvertures des magasins, portée par Guillaume Barazzone, ou son projet de Cité de l’innovation, renvoyé en commission.

Un peu délaissés par leurs partenaires de l’Entente, les libéraux ont trouvé le soutien compatissant de l’UDC pour déposer des projets de loi. Sous l’impulsion de Michel Halpérin ou d’Olivier Jornot, le parti a été actif en matière judiciaire (organisation judiciaire, police, mendicité, organisation du parlement).

Une offensive sur la maturité à 18 ans (Weiss) s’est ensablée en commission, mais devrait resurgir lors de la prochaine législature, comme d’ailleurs le projet cité plus haut sur la fonction publique…

Attendue au tournant par les concurrents UDC et MCG, l’Entente serre les rangs. Mais cela ne signifie pas que les fissures internes soient comblées.

Les radicaux et libéraux ne sont toujours pas unis au niveau cantonal. La problématique d’une alliance avec l’UDC se reposera au minimum lors des prochaines élections municipales. Et les Verts continuent à intéresser le PDC comme les radicaux.


Bonne législature

Le chef de groupe du Parti libéral, Ivan Slatkine, répond à nos questions.

Quelle a été la principale réalisation de l’Entente?

Notre projet de baisse d’impôts! Faire baisser la fiscalité à chaque législature, c’est important. Et nous avons pu le faire avec une large majorité. Pensez, elle va de l’UDC aux Verts! Nous sommes d’ailleurs très contents de David Hiler, qui mène une politique qu’on ne peut pas qualifier de gauche.

Un parlement à droite, un gouvernement à gauche, c’était une bonne configuration?

J’ai plus apprécié la législature qui finit que la précédente! Malgré des blocages, il est plus intéressant de travailler avec le MCG, qui est un parti populiste de droite, qu’avec des populistes de gauche. En plus, le MCG pose pas mal de problèmes à gauche en marchant sur ses plates-bandes…

Pendant la législature, vos alliés vous ont souvent abandonnés, normal?

A part quelques accrocs avec le PDC sur l’élection de Guy Mettan à la présidence ou avec les radicaux sur leur flirt sans résultat avec les Verts, tout s’est bien passé.

Les libéraux semblent critiques avec Mark Muller. Il vous déçoit?

Les libéraux ne sont jamais à 100% derrière leur conseiller d’Etat! Souvenez-vous de Micheline Spoerri! Mark Muller a hérité de dossiers «pourris» de Cramer, comme le CEVA ou Meyrin, il corrige les problèmes.


L’école, le Cycle

Frédéric Hohl, chef de groupe de la fraction radicale.

Quel a été le projet phare de votre fraction?

Nous avons eu une influence déterminante sur le débat sur le retour des notes à l’école et la réforme du Cycle: réorientation, effort sur le français et les maths, égalité des chances. Nous avons travaillé dans la bonne lignée radicale.

Quel a été celui de l’Entente?

La baisse d’impôts. La classe moyenne ne reçoit pas d’aides et paye beaucoup, il fallait agir.

Pour la première fois depuis 1936, l’Entente n’était pas majoritaire au Conseil d’Etat. Un problème?

Nous n’avons jamais eu de problème à trouver des majorités pour nos projets, parfois avec les Verts et le PDC, alors la configuration du parlement nous a bien servi. Même le MCG n’a pas posé de problème. Avec un membre actif, le reste faisant souvent de la figuration…, c’était paraît-il plus facile à gérer que l’extrême gauche, où plusieurs députés étaient actifs. Nous avons eu aussi d’excellentes relations avec notre magistrat, qui assiste à toutes nos réunions.

L’Union libérale radicale à Genève fait penser à un zombie: un mort qui marche sans cerveau. Qu’en dites-vous?

Le rapprochement entre les libéraux et les radicaux se fait! Mais il nous faudrait des projets communs d’envergure. Je ne dis pas qu’ils manquent, simplement il faudrait les obtenir.


Les communes ont pu compter sur nous

Mario Cavaleri, chef du groupe PDC.

Quel a été le projet phare de votre fraction durant la législature?

La loi sur la péréquation intercommunale. La réforme a été lancée par Carlo Lamprecht quand il présidait l’Association des communes, c’est dire! Grâce au bon travail de Serge Dal Busco, qui a pris la suite, et grâce aux efforts de notre fraction, le projet a pu aboutir. L’action du parti s’est aussi fait sentir sur la réforme du Cycle d’orientation.

Quel est le projet central de l’Entente à votre avis?

La baisse d’impôts. Le PDC s’est battu pour que des aides aux familles soient apportées.

Un gouvernement de gauche, un parlement de droite. Le rêve centriste du PDC s’est réalisé pendant cette législature!

Le gouvernement était de centre gauche, peuplé de personnalités réalistes. Ses projets ont donc été soutenus par la majorité. Parfois, les discussions en plénière ont été tendues à cause du comportement de certaines personnes, mais en commission, le travail s’est bien déroulé. Les partis ont su s’unir autour de projets importants, comme le CEVA.

Le PDC est le champion des motions. C’est un truc pour exister?

Nos motions ont pour but de faire pression. Certaines ont été reprises par le Conseil d’Etat, comme celle sur le soutien aux PME. D’autres, comme sur le projet d’aménagement de la Praille, sont en attente. Elles sortiront du frigo quand le projet du gouvernement sera connu.


Le Parti libéral à un tournant

Dominant depuis 1985, l’ancien parti des patriciens est sous pression.

❚ Avec 19,09% des voix en 2005, le Parti libéral est resté le plus grand parti du canton; une constante depuis 1985. Mais son hégémonie s’effrite. Pour ces élections, l’objectif est d’interrompre la dégringolade.

❚ Parti dominant à droite en termes intellectuels, notamment, pendant longtemps, les libéraux ont vu leurs partenaires de l’Entente se réveiller.

❚ Les libéraux ont déposé 32 projets de loi, seuls ou le plus souvent avec des alliés. Sur ce total, 15 ont été acceptés. Prudemment, le parti a aussi retiré pas mal d’objets et ne s’en est donc vu refuser aucun.

Les radicaux: le paradis ou l’enfer

Le parti historique de la Genève moderne veut survivre.

❚ En 2003, les radicaux étaient K.-O. debout. Leur «rétablissement» de 2005 (10,5% des suffrages) reste précaire et ne peut pas faire oublier que le score du parti diminue depuis 1981. Cette année sera-t-elle le début du rebond ou la chute définitive?

❚ Au Grand Conseil, les radicaux se sont un peu réveillés durant la législature. Ils ont déposé 56 objets, 29 projets de loi et 27 motions. Ils ont enregistré deux succès solitaires et 16 en s’alliant. Bien faible, le parti doit beaucoup composer au parlement pour s’imposer, raison pour laquelle il a décidé de lancer durant la législature une initiative pour l’accueil continu des élèves.

Le PDC cherche le rebond

Mais les résultats de la Constituante sont préoccupants.

❚ L’évolution du Parti démocrate-chrétien suit celle de son frère ennemi du Parti radical. Mais comme le PDC a toujours été un peu plus faible, il se retrouve aujourd’hui, avec 9,9% des voix, bien proche du quorum. Des signaux inquiétants se sont toutefois allumés, puisque lors de l’élection à la Constituante, le parti est passé sous les 7%.

❚ La fraction PDC a été championne des motions au sein de l’Entente. Elle en a déposé 41 et 16 projets de loi. Sur les 16, 15 ont passé avec des alliances diverses preuve que le PDC est un allié important, presque incontournable au parlement. Dans la configuration de la législature, il a fait ou défait les majorités.




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Par stephanie2008 le 22.09.2009 - 19:56

........je ne voterais pour AUCUN de ces clowns....je voterais pour le MCG...afin que les emplois à Genève cessent d'être bradés à des frontaliers...frontaliers qui ne se contentent plus de coller les étiquettes à la Migros mais qui volent les places de cadres rémunérées à plus de CHF 10'000 par mois.....et au passage on licencie les genevois...et on engage un nouveau français frontalier à la place..............

aucun parti ici semble s inquiéter de cela....seul le MCG pour le moment, fait compagne contre ce fléau et mon vote ira pour eux....quand demain vous serez à la rue et qu un frontalier aura pris votre place....vous allez peut-être vous réveiller....il y a un moment ou il faut avoir le courage politique de dire STOP!

 

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