Horaires élastiques à Noël: des caissières craquent

SHOPPING | Lors des nocturnes, les magasins font appel au volontariat. Des vendeuses crient à l’abus. Témoignages.

Ouverture des magasins pendant les Fêtes
© PASCAL FRAUTSCHI | Ouverture des magasins pendant les Fêtes. Beaucoup d’employés flirtent avec les limites de la crise de nerfs. Un stress souvent décuplé à l’approche des fêtes de fin d’année.

DEJAN NIKOLIC | 24.12.2008 | 00:00

Les horaires d’ouverture des magasins pour les Fêtes sont bouclés depuis le mois dernier. Par l’entremise du Conseil d’Etat, les partenaires sociaux ont réussi à se mettre d’accord. Le compromis, moins audacieux que les solutions trouvées dans les cantons alémaniques, prévoyait quelques mininocturnes contre une série de mesures compensatoires pour les employés. Avec la garantie que le travail durant les ouvertures tardives s’opérerait sur la base du volontariat.

Dénoncé pendant l’Euro
Un terme qui pour Marisa Pralong, vendeuse dans une grande surface genevoise, cache une logique d’abus. «Il est faux de croire que nous nous portons volontaires pour travailler certains soirs, explique la jeune femme d’origine argentine. La plupart des magasins imposent leurs plannings hebdomadaires. Ils diminuent arbitrairement le temps de travail certaines semaines, ce qui nous oblige à les rendre en travaillant les soirs.» Une situation également vécue par quatre autres salariés du commerce travaillant pour des enseignes concurrentes. «Les magasins créent le besoin de se porter volontaires», précisent-ils de concert.

Le phénomène a d’ailleurs été dénoncé durant l’Euro. «Lorsque nous avons entendu parler de cette pratique, nous l’avons signalée aux autorités, précise Isabelle Fatton, secrétaire patronale de la Fédération des entreprises romandes. Mais nos membres, parmi lesquels figurent les plus grandes enseignes, étaient hors de cause.» Les entreprises dites dissidentes seraient-elles les seules à l’origine de ce procédé? «Faux, rétorque Marisa Pralong. Ce procédé est généralisé et l’inspection du travail laisse faire.» Selon la caissière, il peut arriver qu’une semaine une vendeuse travaille trente heures pour ensuite rattraper la semaine suivante en restant derrière sa caisse cinquante heures. «Et pas question de s’en plaindre, sinon c’est la porte.»

41 heures par semaine
L’usage veut qu’un employeur présente ses plannings hebdomadaires quinze jours à l’avance. Les employés du secteur de la vente travaillent en moyenne quarante et une heures par semaine. Un horaire d’occupation à 100%, habituellement compensé sur quatre mois. «Les pressions durent toute l’année. Quand on est jeune, cette contrainte passe encore. Mais avec une famille à charge, c’est intolérable. Alors que l’on n’aille pas me parler maintenant d’ouvertures dominicales!» souligne Marisa Pralong. Ces quelques mots prononcés suffisent à émouvoir les collègues qui l’entourent. Beaucoup flirtent avec les limites de la crise de nerfs. Un stress souvent décuplé à l’approche des fêtes de fin d’année.




Vos commentaires sont les bienvenus. Soyez concis, courtois et pertinents. Les commentaires injurieux et hors sujet seront effacés. Pour plus d'informations, consulter notre charte internet ici. Pour signaler un abus manifeste, cliquez ici.
Par ToMi le 26.12.2008 - 10:32

TM
Ce qui est intéressant, c'est que ceux-là même qui critiquent le travail le dimanche et le soir critiquent également dès que des instruments sont trouvés pour remplacer ce travail le dimanche et les soirs.
Les caissières seront remplacées par des machines, mais alors ceux qui critiquent le travail des caissières critiquent la disparition des caissières.
C'est ce que l'on appelle une contradiction, que les socialistes et syndicalistes n'arrivent pas à solutionner, ils sont pris à leur propre piège.

> Signaler un abus

Par Jerry le 24.12.2008 - 16:45

Il est regrettable que la fédération des commerçants n'ait pas davantage veillé à ce que ses adhérents fassent preuve de retenue envers leur personnel. Un très mauvais signal donné pour les négociations de 2009, alors qu'un minimum de bon-sens aurait eu un effet positif pour toutes les parties.

> Signaler un abus

Par linario le 24.12.2008 - 14:23

Comme c'est étonnant... Le discours qui prétend qu'il faut laisser le choix aux gens de travailler quand ils le souhaitent n'a aucun sens. Contrairement à ce qui est répété inlassablement par les partisants de l'ouverture du dimanche, LES GENS NE VEULENT PAS TRAVAILLER LE SOIR ET LE DIMANCHE. Et c'est pas deux ou trois étudiants qui vont changer cette réalité.

  • D'ailleurs, quand des politiciens nous disent que certains étudiants n'ont pas le choix pour financer leurs études ça me fait bien rire. Alors comme ça ces gens n'ont rien de mieux à proposer pour financer les étudiants que de les mettre au travail le soir et le dimanche ?

  • Oui à la cohésion sociale, oui au repos dominical, oui à la vie familiale, non à la consommation insensée et sans limites.

    > Signaler un abus

    Par Dark le 24.12.2008 - 10:29

    Caissières: Le travail le plus ingrat qui soit!
    La doctrine de leurs directions c'est "Marche ou crève" !
    Et ça, c'est scandaleux !!

    > Signaler un abus

    Par ToMi le 24.12.2008 - 09:24

    TM
    Que dire des supermarchés anglais qui ouvrent 24 heures sur 24 heures ?

    Les caissières en Suisse se plaignent pour 41 heures de travail hebdomadaire, il suffit de les supprimer.

    Il existe un appareil qui marque les articles que vous achetez et vous pouvez payer à une borne.

    Les caissières sont appelées à disparaître, mais pas pour la raison invoquée mais parce que ce travail est ingrat !

    > Signaler un abus

    LES GALERIES D'IMAGES LES PLUS REGARDÉES

     

    Vos meilleures photos d'archives de Genève

    Qui est la plus belle de l'Univers?

    Les créateurs de mode espagnols réunis à Valence

    Emmy Awards 2010, les «Oscars» de la télé

    Le Knie fête son retour à Genève

    Finale du Championnat du monde de Motocross à Vessy

    Vidéo-reportage

    L'apprenti mécanicien de 17 ans Christopher Valente sur sa 250 cm³ avec notre photovidéaste Georges Cabrera à Vessy.

    Dessin du jour

    • herrmann.jpg
    • Tous les jours, retrouvez l'actualité (re)vue par Herrmann.
    •  
    Tous les dessins

    TDG sur Facebook

    Scoop mobile

     

    Tout le journal à portée de clic

    L'iPhone4 est arrivé


    Disponible chez Orange