Une fabrique à rêves virtuelle séduit Genève

rêves | Un site Internet met en contact ceux qui ont un projet personnel ou professionnel avec ceux qui ont les moyens de le réaliser. Succès total.

© Paolo Battiston et Enrico Gastaldello | Nombreux sont ceux qui décident de tout plaquer une fois que le site leur a permis de finaliser leur projet. On compte aussi beaucoup d’internautes en phase de reconversion professionnelle.

CÉCILE DENAYROUSE | 17.03.2009 | 00:00

Vous caressez le secret espoir de faire un jour le tour du monde en pousse-pousse? Ou bien vous restez intimement persuadé que l’avenir de la planète réside dans le recyclage des bâtons de Chupa Chups? Pas de problème, dreamshake.com est fait pour vous. Le pitch? Mettre en contact gratuitement des rêveurs de tout poil avec ceux qui peuvent les aider à réaliser leurs projets. Que ces derniers possèdent des compétences, une expérience, du matériel ou encore de l’argent. De quoi venir à bout de desseins aussi sérieux – création d’une entreprise – que personnels: tour d’Europe en Mini Cooper avec quelques potes ou même simple volonté affichée de ne plus être célibataire.

Apéroter pour passer du virtuel au réel

Du délire onirique à portée de clavier, rapidement promis aux oubliettes virtuelles? Bien au contraire puisque ça fonctionne. Il suffit de voir les stämpel «Ce rêve est réalisé» qui jonchent le site et alimentent la machine à illusions.
Du coup, le concept communautaire 100% français s’exporte un peu partout dans le monde. A Genève, les Web-rêveurs affluent peu à peu sur le site. Histoire de concrétiser ces rencontres virtuelles, un premier «DreamApéro» réalisé en décembre dernier a rassemblé près de 300 offreurs et demandeurs. Le prochain aura lieu ce jeudi (lire ci-contre), un groupe sur Facebook s’occupe d’ailleurs de rallier les derniers sceptiques à la cause.

Un concept né d’une belle histoire

Les raisons d’un tel succès? Sans doute le témoignage optimiste des deux fondateurs de Dreamshake, les Parisiens François-Xavier Tanguy et Arnaud Dubois. En 2004, ils plaquent leurs boulots respectifs pour se lancer corps et âme dans une folle aventure: relier Paris à Bangkok en moto. En chemin, ils récoltent les rêves des autochtones rencontrés au hasard du voyage. Puis en font un livre, intitulé Des rêves plein le monde. Forts d’avoir pu mener leur projet à terme, ils décident de «stimuler la culture de l’audace». Leur credo: si on a réussi, pourquoi pas vous? Du coup, en février 2008, ils lancent dreamshake.com. Le succès est immédiat.

De là à contaminer la Suisse, il n’y a qu’un pas. Motivée par le fait d’avoir elle-même réalisé son rêve – travailler dans l’humanitaire –, Marie-Servane Desjonquères est devenue le relais de Dreamshake pour la Suisse. «Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un réseau
familial ou professionnel étendu», avance-t-elle comme pour justifier l’intérêt du site. «Je suis toujours impressionnée par le nombre de retours enthousiastes que nous envoient les participants, ajoute-t-elle. Entre ceux qui concrétisent enfin un projet qui leur tenait à cœur et les désabusés qui se remotivent d’un coup en constatant que d’autres partagent la même envie qu’eux, c’est extrêmement positif.»
Si la jeune femme de 32 ans, aidée d’une poignée d’autres bénévoles, est parvenue à étendre le concept à Genève, elle rêve déjà de Lausanne ou encore Neuchâtel: «Plus on est de rêveur, plus on avance.» Et pourquoi pas un jour la Suisse alémanique?

www.dreamshake.com


Une soirée pour réseauter

Le premier DreamApéro était ouvert à tous les rêveurs sans exception. Pour cette 2e édition, jeudi 19 mars, les organisateurs ont décidé de privilégier les domaines de l’art et la culture, des thèmes qui reviennent fréquemment sur le site communautaire. Le but est donc de rassembler tous ceux à qui les mots musique, danse, peinture, photographie, théâtre, design ou encore cinéma allument une petite lueur dans l’œil. Du réalisateur en devenir à celle qui met un petit local à disposition. «Certains des participants seront des  professionnels aguerris dans ces domaines», ajoute Marie-Servane Desjonquères. Au menu: des performances et des témoignages. Les inscrits se verront remettre dès leur arrivée un badge indiquant leurs noms, activité et projet afin de faciliter la prise de contact. «Pour que la mise en relation fonctionne, il ne faut surtout pas avoir peur de jouer le jeu!» sourit-elle. Le prochain DreamApéro, le 11 juin, tournera, cette fois, autour du thème du voyage.
(cd)
Jeudi 19 mars au Club House, 25, rue Plantamour, dès 18 h 30. Entrée: 10 francs (avec une boisson). Inscriptions: www.dreamshake.com/dreamapero/dreamapero-3.html

 


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