L'ex-Salutiste condamné pour viol et contrainte sexuelle
Cour correctionnelle | L'ex-capitaine de l'Armée du Salut accusé de viol et de contrainte sexuelle par trois Sud-Américaines en situation précaire a été reconnu coupable dans deux cas. Le Ministère public a requis quatre ans de prison.
© Patrick Tondeux | Dessin d'audience: en haut à doite parmi le public, un soldat de l’Armée du Salut. Au centre l’accusé. Autour de lui, des victimes.
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ATS | 20.11.2009 | 19:11
Ce Péruvien de 56 ans, qui a été licencié par la corporation depuis, a tout nié en bloc au cours de son interrogatoire devant la Cour. Il s'est au contraire posé en victime en affirmant avoir été trahi. L'ancien capitaine explique être la cible d'une machination fomentée par un compatriote qui lui en veut à mort depuis plusieurs années.
La thèse du complot a été soutenue par la députée PDC Anne-Marie von Arx-Vernon, directrice-adjointe du centre d'accueil au «Coeur des Grottes», appelée à témoigner. L'Armée du Salut, qui gérait auparavant ce centre, voulait se débarasser du capitaine car il s'occupait des sans-papier. Ce comportement n'était plus du goût de la corporation devenue plus proche des convictions de l'UDC, selon Mme von Arx-Vernon.
Poussée par le substitut du procureur Yves Bertossa à étayer ces propos, elle reconnaît que sa théorie repose seulement sur un faisceau d'hypothèses. Elle n'a d'ailleurs pas elle-même entendu les plaignantes mais seulement d'autres femmes qui n'ont finalement pas déposé plainte. C'est ce manque d'entrain pour se rendre à la police qui lui fait dire que ces femmes n'ont pas été abusées.
Mains aux fesses
Jeudi, les trois plaignantes, des Sud-américaines dont deux clandestines, ont raconté leurs souffrances à la Cour. L'une est revenue sur son viol en 2001 par cet homme qu'elle voyait comme le Pasteur de la communauté. Elle a aussi parlé de la grossesse et de l'avortement qui ont suivi. Cette Bolivienne, mère de quatre enfants, n'a toujours pas réussi à «retrouver la personne qu'elle était avant».
Une autre plaignante, qui était aussi sans-papier, a subi les caresses prononcées de l'homme sur ses fesses à plusieurs reprises. La Cour a reconnu l'homme coupable de viol et de contrainte sexuelle pour ces deux affaires.
Par contre, elle l'a acquitté dans le cas d'une troisième plaignante qui accusait le Salutiste de l'avoir forcé à lui faire une fellation. La Cour n'a pas reconnu la contrainte pour cet acte et a acquitté le prévenu. Cette femme était en situation régulière et n'était pas membre de l'Armée du Salut, a relevé la Cour.
Respectabilité
Les plaignantes ont attendu plusieurs années avant d'avertir la police. «Je ne savais pas que j'avais des droits en tant que clandestine et j'avais peur», a expliqué l'une d'elle. La Cour a retenu le temps écoulé comme circonstance atténuante.
Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a relevé que le prévenu se drapait dans ses «habits de respectabilité». Il a demandé une peine de quatre ans de prison.