L'ex golden-boy Didier Piguet s'excuse
JUSTICE | Didier Piguet et son associé Serge Rouiller ont laissé derrière eux un trou de 144 millions de francs.
© Steeve Iuncker Gomez | Me Canonica et Didier Piguet
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ATS | 03.11.2009 | 16:53
Le financier déchu Didier Piguet s'est expliqué mardi devant la Cour correctionnelle de Genève. L'ancien patron de la société Golden Lion a admis avoir détourné des fonds et causé du tort à quelque 200 personnes. Il s'en est platement excusé.
«Je voulais m'excuser auprès des parties civiles», a murmuré Didier Piguet à la fin de son interrogatoire. Le golden boy et son associé Serge Rouiller ont laissé derrière eux un trou de 144 millions de francs. Ils sont accusés d'abus de confiance, d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de gestion fautive.
Ne pas savoir dire stop
Entre 1998 et 2003, les deux hommes ont notamment utilisé l'argent des clients de Golden Lion pour financer leur train de vie. Ils ont également puisé dans ces fonds pour désintéresser des investisseurs qui exigeaient le remboursement de leur mise. «J'avais l'espoir de me refaire grâce à de nouveaux investisseurs», a souligné M.Piguet.
La société financière Golden Lion était confrontée dès 1999 à des problèmes de trésorerie. «J'aurais dû alors dire stop», a relevé l'accusé devant ses juges. Or, l'ex-financier fait tout le contraire, en se lançant dans une fuite en avant suicidaire. «J'ai décidé de faire des fausses factures à partir de 2000».
A l'époque, Didier Piguet est au plus mal dans sa tête. «J'étais dépressif et je prenais des médicaments pour dormir». Il trouve aussi dans l'alcool un compagnon fidèle qui lui permet «d'anesthésier» ses remords et ses angoisses. «Je n'avais plus les moyens de gérer mes affaires».
Encore le football
L'avenir, l'accusé le voit peut-être dans le monde du football, en réalisant des transferts de joueurs. Au sommet de sa gloire, Didier Piguet était devenu sponsor et actionnaire minoritaire du Servette FC. Il avait même caressé l'espoir de prendre la présidence du club grenat. «C'était un rêve d'enfant».
Serge Rouiller, l'associé de Didier Piguet, a pour sa part minimisé son rôle dans la débâcle financière de Golden Lion. «Je ne me suis jamais vraiment impliqué dans la société». Même lorsqu'il en devient l'administrateur, il se désintéresse de la marche des affaires. «Je n'ai pas assumé mon poste», a-t-il admis.
«J'avais pourtant des signaux qui auraient dû me rendre attentif», a poursuivi Serge Rouiller. En 2001, son salaire mensuel passe d'un coup de 15'000 francs à 50'000 francs, alors que dans le même temps, les nouveaux clients se font rares. «A l'époque je vivais dans une bulle, j'avais l'impression d'avoir la réussite avec moi».
Le procès de Didier Piguet et Serge Rouiller doit se poursuivre jusqu'à vendredi.