Course de l’Escalade, la Genève sportive s’entraîne
Escalade | A J-7, les athlètes ont fait un dernier tour de piste. Reportage tonique.
© Patrick Gilleron Lopreno | Séance d’échauffement collective. Disciplinés, les Genevois suivaient la cadence non sans grâce.
ADÉLITA GENOUD | 30.11.2009 | 00:00
Des centaines de sportifs, femmes, hommes et enfants de tous âges, ont participé dimanche matin à la pré-course de l’Escalade. Ambiance familiale aux Bastions et en Vieille-Ville.
La Genève qui court avait rendez-vous à 9 heures au parc des Bastions. Les athlètes ont afflué en rangs serrés vers le point de ralliement. Les uns sautillant sur une jambe, les autres se livrant à quelques exercices d’étirement. Pas question de lésiner sur la préparation.
Tout le monde s’échauffe
De toutes les façons, les organisateurs avaient tout prévu. Avant de s’élancer en direction de la Vieille-Ville, les coureurs devaient d’abord passer par l’étape «échauffement». Non, pas n’importe comment, mais avec l’aide de trois pros de l’aérobic. Lesquels juchés sur une estrade mettaient du cœur à l’ouvrage. D’abord en version light: petits mouvements des poignets, des bras, puis avec déhanchés de plus en plus dynamiques. Doués les Genevois? Et comment donc. Juniors et seniors, les yeux rivés sur les experts de la gym dominicale, suivaient la cadence avec engouement.
En rythme
Sur la pointe d’un pied, puis des deux, avec balancement des bras, nul ne marquait la pause. «On fait des petits cercles maintenant», dixit «l’échauffeur en chef» dans son micro-cravate. Et hop, ni une ni deux, la foule s’exécute sans rechigner et non sans grâce. A l’écart, un père de famille improvise une suite d’exercices, comment dire, personnels. Il est à contretemps, mais il s’en fiche. Il se tortille avec conviction sous le regard légèrement médusé de ses deux filles.
Sport et bla-bla
A quelques mètres de là, une grande dame, mince dans son jogging très ajusté, se dandine au rythme de la musique qui retentit dans tout le parc. Elle veut bien se livrer à cet échauffement collectif à condition de poursuivre la conversation qu’elle a engagée dix minutes plus tôt avec une amie.
Plus loin, trois sexagénaires énergiques font montre d’impatience. Elles trouvent les exercices trop lents. Il faut dire que les trois sportives ne sont pas des amatrices. Elles courent ensemble plusieurs fois par semaine, font de l’aquagym et du Nordic walking, autant dire zéro mollesse musculaire.
9 h 25, fin de la séance. Cette fois, l’organisateur annonce le programme. Les messieurs sont dans les starting-blocks. Ils vont ouvrir le bal. D’abord trois tours non-stop, soit sept kilomètres. A petite foulée, la gent masculine remonte les Bastions. Le parcours est dûment balisé. Les visages se colorent, le souffle devient peu à peu plus court. Rue Etienne-Dumont, le peloton de tête poursuit la course, encore deux tours avant de franchir la ligne d’arrivée. Quelques juniors se sont mêlés au groupe, tout sourire, ils se faufilent agilement entre leurs aînés. Quelques supporters encouragent les athlètes de la voix. Discrètement comme pour ne pas réveiller une partie de la cité qui fait la grasse matinée. Une passante surprise et amusée glisse quelques mots à son compagnon de balade: «Genève devrait organiser cette course chaque dimanche, c’est distrayant.»
Son camarade acquiesce. De l’autre côté de la Vieille-Ville, les sportifs arrivent par petites tribus compactes. D’aucuns ont les yeux braqués sur leur montre. Des visages s’éclairent, le timing est bon. Heureux présage pour la vraie course de l’Escalade cette fois. La 32e édition a lieu le 5 décembre.