Les archives de Grisélidis Réal privées de soutien

ARCHIVES | François Longchamp refuse d’accorder une aide financière de la Loterie Romande en vue de créer un centre de documentation sur la prostitution.

© S. DI NOLFI | Grisélidis Réal. Elle a constitué de nombreuses archives sur la prostitution

ERIC BUDRY | 05.06.2009 | 00:00

Albert Rodrik est furieux. L’ancien député et président de l’association Centre Grisélidis Réal - Documentation internationale sur la prostitution n’en revient pas du refus du Conseil d’Etat de laisser la Loterie Romande soutenir financièrement un projet: la création d’un centre de documentation basé sur les archives de la prostituée et écrivaine décédée en 2005. L’association demandait 150 000 francs.

«C’est le fait du prince, tonne celui qui fut également chef de cabinet de Guy-Olivier Segond. François Longchamp a au moins le mérite d’assumer l’arbitraire de sa décision puisqu’il ne fournit aucune explication dans son courrier.» De fait, celui-ci est laconique. La réponse donnée par Bernard Favre, secrétaire adjoint du Département de l’emploi et de la solidarité (DES), l’est moins.

«Les réponses fournies par l’association n’ont tout simplement pas convaincu le Conseil d’Etat, explique-t-il. Ils n’ont ainsi pas réussi à prouver la pérennité de leur projet. Le financement de leur budget de fonctionnement n’est pas assuré. D’autre part, l’association n’a pas apporté d’éléments démontrant qu’un dépôt aux Archives de l’Etat ne servirait pas mieux l’intérêt public. Or, le Conseil d’Etat ne veut pas que les archives soient disséminées dans le canton.»

Un préavis positif

La position très ferme du Conseil d’Etat étonne malgré tout puisque l’organe genevois de répartition des bénéfices de la Loterie Romande avait émis un préavis positif. «Cela doit probablement être une erreur», rétorque Bernard Favre.

Ce n’est évidemment pas l’avis de l’association. «La Commission d’attribution avait estimé que notre projet tenait la route. Aurait-elle mal fait son travail?» s’interroge Elodie de Weck, coordinatrice du projet.

Elle précise que toutes les réponses exigées du Conseil d’Etat ont été fournies. Par exemple sur le choix de créer un centre. En date du 7 mai, Albert Rodrik écrit: «Déposer ces documents aux Archives de l’Etat ne rendrait pas possible la création d’un véritable centre de documentation sur la prostitution, un lieu ouvert au public de formation et d’information.»

Concernant le budget de fonctionnement, Elodie de Weck admet en revanche que tout n’est pas bouclé: «Nous avons obtenu une aide ponctuelle au démarrage de la Ville de Genève. Nous aimerions bien entendu bénéficier d’une subvention annuelle. Mais pour cela, nous savons qu’il faut tout d’abord faire nos preuves.»

L’association n’entend évidemment pas baisser les bras, même si ce refus est un coup dur. En souvenir de Grisélidis Réal bien sûr, mais également en raison de la valeur des archives réunies par cette femme, attestée notamment par plusieurs archivistes.


LES GALERIES D'IMAGES LES PLUS REGARDÉES

 

Vos meilleures photos d'archives de Genève


La Lake Parade déferle sur la Ville

Le Glacier Express transformé en cauchemar

Les actions de PETA pour les animaux

9 candidates au titre de Miss Fêtes de Genève

Paléo: les concerts en images

L'iPhone4 est arrivé


Disponible chez Orange