Panne de faisceau dans le LHC
CERN | Le Grand Collisionneur de hadrons, lancé il y a une semaine, est traité comme aux soins intensifs.

© CERN | Les «boîtes froides». Eléments essentiels du système de refroidissement des 1600 aimants de l’anneau du Grand Collisionneur de hadrons.
ANNE-MURIEL BROUET | 17.09.2008 | 00:03
Vingt-quatre heures sur 24, 7 jours sur 7. Depuis mercredi dernier à 9 h 33, les scientifiques ne quittent plus le plus grand instrument scientifique du monde, le Grand Collisionneur de hadrons (LHC). Mais depuis ce week-end, il n’y a plus de faisceau dans le LHC! En cause: une panne dans le système de cryogénie. Le froid, qui descend à – 271,3°C, est indispensable au fonctionnement de la machine. Ce n’est qu’à cette température que les aimants déploient leurs vertus supraconductrices, c’est-à-dire sans résistance au passage du courant électrique. Du coup, l’anneau de 27 kilomètres s’est un peu – un degré – réchauffé par endroits.
Pour autant, les physiciens ne chôment pas. Alors que certains s’affairent à réparer la faille, d’autres ont pu descendre 100 mètres sous terre pour faire des réglages sur la machine. «Nous espérons reprendre du faisceau dès jeudi ou vendredi», précise Django Manglunki, coordinateur du SPS, l’injecteur du LHC.
Mis en route devant les caméras du monde entier, le LHC poursuit son rodage. «Nous savons ce que nous faisons, mais il faut constamment que nous nous adaptions aux circonstances», précise l’ingénieur.
Depuis mercredi, les choses sont allées très vite. Si à terme ce sont deux faisceaux qui circuleront en sens inverse afin de provoquer des collisions, les ingénieurs ont travaillé pour l’instant sur le faisceau 2, celui qui voyage dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Vendredi, ils avaient franchi une étape cruciale: capturer le faisceau. Concrètement, le faisceau étant composé de petits paquets de milliards de protons, il s’agissait de rassembler le peloton et de le maintenir compact. C’est chose faite. Mieux, ils ont réussi à le faire vivre longtemps, soit une heure. Et ce moins de quarante-huit heures après le démarrage.
Lorsque le problème du froid sera résolu, il s’agira de poursuivre avec le réglage du faisceau 1. Et surtout de s’adapter à l’évolution de la situation. «Notre but est d’être le plus efficace possible», résume Django Manglunki. Accélération du faisceau et collisions ne viendront qu’ensuite.
Notre dossier consacré au LHC du CERN