Genève
Il avait voulu faire tuer l'amant de sa femme: 5 ans de prison
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Le Ministère public avait requis 8 ans de prison. La défense, de son côté, avait demandé à ce que la Cour retienne la tentative d'instigation à meurtre passionnel. Elle avait aussi plaidé que la peine soit assortie du sursis total en raison des circonstances atténuantes.
«Nous songeons à faire appel», a indiqué à l'ats l'avocate du prévenu Yaël Hayat. L'accusé, qui a effectué trois mois de détention préventive, a été laissé en liberté jusqu'au jugement définitif.
Jaloux
Les faits remontent à 2008. Le restaurateur, alors âgé de 29 ans et père de trois enfants, suspecte une relation intime entre un jeune compatriote qui travaille dans un de ses restaurants et son épouse. Déstabilisé par ses conflits conjugaux et rongé par la jalousie, il sombre dans l'alcool. Il décide que son rival, qu'il considère comme un petit frère, doit sortir de sa vie.
Il commence par le licencier. Puis, craignant pour sa propre vie, il veut faire peur à son ex-protégé afin que ce dernier quitte la Suisse où il séjourne illégalement. «Je n'avais pas l'intention de le tuer mais de le taper», a-t-il indiqué au Tribunal correctionnel. Fin mars 2008, il en parle à un ami qui le met en contact avec un Albanais.
Or, cet intermédiaire est un indicateur, qui le dénonce aux forces de l'ordre. Le prévenu fait l'objet d'une infiltration policière pendant douze jours, le temps qu'un contrat soit conclu avec un faux tueur à gages. L'exécution filmée du jeune Indien le 14 avril 2008, pour laquelle il paiera 20'000 francs, est une mise en scène.
Lenteurs de la justice
Devant la Cour, le restaurateur a indiqué que tout avait été facile, «comme dans un film». La défense a dénoncé le rôle de la police, qui lui a tendu un piège pour faire émerger le crime, au lieu de mettre des obstacles pour éprouver sa détermination. Elle a aussi critiqué le rôle de l'Albanais, qui n'a jamais été entendu par la justice et qui l'aurait convaincu d'éliminer complètement son rival.
La peine de cinq ans de prison est relativement clémente pour une tentative d'assassinat. Le tribunal a retenu comme circonstances atténuantes la relative lenteur de la justice qui a mis quatre ans pour juger l'affaire et le fait que l'agent infiltré ait poussé en quelque sorte l'accusé au crime, a expliqué Yaël Hayat. (ats/TDG)
Créé: 13.09.2012, 20h59
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