Transports
Le verrou de Champel a sauté: feu vert au CEVA
Par Christian Bernet. Mis à jour le 30.03.2012 65 Commentaires
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C’est l’une des batailles les plus longues et les plus homériques que Genève ait connue. Elle a pris fin hier par une ultime décision. Le Tribunal fédéral a rejeté les recours qui s’attaquaient à la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA). Le dernier quarteron d’opposants, tous domiciliés à Champel, est battu. Plus rien désormais ne s’oppose à la réalisation de ce chantier dont les travaux, d’ailleurs, ont commencé depuis quelques mois.
Les conséquences pour le chantier
Bien que les travaux aient déjà commencé le 15 novembre dernier, l’arrêt du Tribunal fédéral était très attendu. «Cette décision représente une très grande avancée, insiste Caroline Monod, chargée de communication du projet CEVA. Jusqu’alors, nous n’avions qu’une autorisation partielle qui nous empêchait d’entamer le percement du tunnel de Champel. Or, cette opération est longue et conséquente. Il était important de pouvoir la démarrer. Sinon l’ensemble des travaux aurait pris du retard.»
Le chantier est divisé en six secteurs qui avancent de front. Pour l’heure, les Genevois ont surtout vu des travaux préparatoires. Les grosses opérations débuteront dès l’automne. Avec notamment la réalisation de parois moulées aux gares ainsi qu’entre Chêne-Bourg et la frontière. Le percement des tunnels devrait commencer en 2013. Le chantier durera six ans. La mise en service du CEVA est attendue pour la fin de 2017. Son coût est estimé à 1,5 milliard de francs, financé pour moitié par Genève et la Confédération.
Pourquoi les recours ont été rejetés
Au Tribunal fédéral, il ne subsistait plus que quatre recours. Ils émanaient d’un locataire ainsi que d’une demi-douzaine de propriétaires de Champel. Pour la plupart, ces recourants réclamaient de meilleures garanties contre les vibrations et le bruit provoqués par les trains dans le tunnel de Champel. Ils exigeaient notamment la possibilité de poser une dalle en béton flottante de 125 cm d’épaisseur. Or, les gabarits ne sont adaptés que pour une dalle de 110 cm. Le fond de l’affaire a donc porté sur une question de centimètres. L’Office fédéral des transports a prévu de réaliser des mesures une fois le gros œuvre achevé. Les juges de Mon-Repos ont confirmé cette méthode. Ils ont estimé, sur la base de rapports d’experts, «que les mesures préconisées protégeront les riverains de manière adéquate et suffisante». Et que les normes seraient respectées, même avec des mesures de protection moins importantes que celles réclamées par les recourants.
Une bataille de dix ans
Le conseiller d’Etat François Longchamp s’est félicité de cette décision «qu’il attendait avec impatience. Nous allons enfin pouvoir consacrer toutes nos forces et nos ressources à la construction de cet ouvrage structurant pour notre agglomération et dont nous avons tant besoin.»
Vieux de cent ans, et relancé il y a une dizaine d’années, le projet du CEVA a été combattu sur tous les fronts. Au niveau politique, une initiative a tenté, sans succès, de modifier son parcours. Puis un référendum a combattu le crédit supplémentaire. Sans succès aussi, puisque le projet a été accepté en novembre 2009 par 61% des Genevois. Sur le plan judiciaire, l’autorisation de construire, délivrée en mai 2008, a été combattue jusqu’au Tribunal fédéral. Une procédure qui a duré quatre ans.
L’opposition demeure
Avocat d’une partie des recourants, Mauro Poggia reste politiquement opposé au projet. Le conseiller national MCG reconnaît toutefois que les moyens d’action sont désormais limités. L’année dernière, il évoquait le lancement d’une initiative législative pour suspendre le CEVA jusqu’à ce que la France dispose du financement. «Mais c’est un énorme travail de la lancer», dit-il aujourd’hui. Il veut en revanche obtenir des explications sur les 125 millions de francs que Genève a versés à Berne pour se dispenser des frais d’entretien futurs. «C’est peut-être une manière de masquer un crédit supplémentaire qui aurait pu être combattu par référendum.» (TDG)
Créé: 30.03.2012, 07h12
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65 Commentaires
Il faut faire payer aux recourants le surplus du coût qu'ils ont occasionné. Ce n'est pas aux contribuables d'en assumer les frais par ces empêcheurs de tourner en rond. Répondre
J'espère vraiment que nos autorités feront marcher leur cerveau pour une fois et stopperonst les travaux à Chêne-Bourg! Si les français veulent leur tracé, qu'ils allongent les pépettes! Parce que mis à part relier Cornavin et être une porte d'entrée en Suisse, il va servir à quoi? reliez toute frontalière autour de Genève! Je me réjouis de voir cet énorme échec et ses partisant le nez ds la caqu Répondre
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