Le Vélib’ en boîte part à la conquête de Genève

MobilitéVoué à être partagé, un vélo pliable et stocké dans une vitrine design se lance à l’assaut des entreprises.

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En attendant un système de vélos en libre-service enlisé au parlement, certains Genevois pourront bientôt se consoler avec d’autres bicyclettes à partager. «Vélothèque», c’est le nom d’un concept qui s’apprête à déployer son élégance dans quelques entreprises de la place et espère essaimer ailleurs.

L’idée conjugue deux objets. D’une part, un vélo pliable, fourni par le constructeur britannique Brompton; de l’autre une vitrine verrouillable. Le tout vous donne une station de vélo en libre-service qui pourra trôner sans honte dans le hall d’une entreprise ou le lobby d’un grand hôtel. Au repos et repliée, la bicyclette se muera en objet d’art, une sorte de machine à Tinguely sertie dans son écrin épuré, œuvre du designer lausannois Adrien Rovero. Ce boîtier, un carré de 80 centimètres de côté sur une profondeur de 45 cm, peut s’empiler sur des congénères. Pour le glamour, il abrite un éclairage et, pour l’utilitaire, un système électronique relié à une station mère. Par ce biais, on peut contrôler l’accès à l’engin ou tarifer son usage, comme le fait une station classique de Vélib’. Seule contrainte: le boîtier est fabriqué en bois et n’est donc pas conçu pour être placé à l’extérieur.

L’incongru fait réfléchir

«Souvent déconsidéré et disposant de peu d’espace sur les chaussées, le vélo est souvent laissé dans la rue sous la pluie, explique Lucas Girardet, l’un des promoteurs du projet. En emballant ce bel objet dans une vitrine, il devient possible de le magnifier, de lui donner accès aux locaux d’une entreprise ou à la réception d’un hôtel. Le vélo peut ainsi se rapprocher des gens qui n’ont que peu d’occasion dans leur vie de repenser leur mobilité. S’insérant dans un contexte inattendu, Vélothèque peut déclencher cette réflexion.»

Le choix d’un modèle pliant ne fait pas que rendre la bécane mieux domesticable, selon Sulpiz Boisserée, l’autre père du projet, qui tient le magasin spécialisé Bikes2fold, aux Grottes. «Je suis un adepte de multimodalité et je veux pouvoir tout combiner, explique-t-il. Nul besoin de choisir entre mobilité douce, automobile ou transport public avec le vélo pliant. On peut le glisser dans le coffre d’une voiture, le transporter aisément en tram ou en train, puis parcourir avec lui les derniers kilomètres. Le modèle Brompton est un vrai vélo, sur lequel on peut effectuer de longues distances. De quoi convaincre les plus réfractaires à la bicyclette.»

L’entreprise, cliente idéale

Une première série d’une cinquantaine de modèles sera prête à être livrée à la fin du mois. La moitié a déjà trouvé preneur. Vélothèque revendique l’aéroport, les HUG ou encore le campus lausannois de l’EPFL comme premiers clients et ne compte pas s’arrêter là. «L’objectif est d’en vendre quelques centaines par an», annonce Lucas Girardet. Le kit (le vélo et sa boîte) est vendu 2500 francs pièce et peut se coupler à un forfait d’entretien annuel à 199 francs.

La mobilité d’entreprises constitue la cible principale. Les hôtels seront aussi courtisés. Avec un hic: si l’utilisateur aguerri déplie et replie l’engin en quelques secondes, la même manœuvre est plus poussive quand elle est l’œuvre d’un novice, comme un journaliste, certes très malhabile.

Complémentaire au Vélib’

De quoi concurrencer le projet cantonal de Vélib’, qui poireaute depuis la mi-2012 au Grand Conseil? «L’idée de partage est la même, mais c’est un autre marché, parallèle, avec un public plus restreint», rectifie Lucas Girardet.

Lui-même, ancien député Vert au parlement vaudois et soumissionnaire avec une autre entreprise lors de l’adjudication du Vélib’genevois, estime que la polémique que ce projet a suscitée chez les élus de Genève se justifie: «Le cahier des charges de l’appel d’offres était irréaliste, avec des exigences allant au-delà de ce que le marché pouvait offrir sans grosses adaptations. Mais ce n’est pas avec Vélothèque que Genève pourra se passer d’un réseau de vélos en libre-service.» (TDG)

Créé: 08.01.2015, 20h17

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