L’utilisation de Google à l’école inquiète les Verts

GenèveUn député a déposé un projet de loi pour améliorer la protection des données des élèves et des maîtres.

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Depuis 2012, le Département de l’instruction publique (DIP) s’est mis aux services de Google. Les enseignants et élèves du secondaire utilisent ses applications pour le service de messagerie électronique, pour un espace de stockage de données et d’outils bureautiques participatifs comme GoogleDocs. La protection des données personnelles des élèves et des enseignants qui peuvent circuler sur ces applications inquiète les Verts genevois. «Les programmes utilisés ne garantissent pas une véritable confidentialité des données ni que celles-ci ne soient utilisées dans le futur au détriment des jeunes», explique Jean-Michel Bugnion, député. Et d’illustrer: «On pourrait imaginer, sans être paranoïaque, qu’un élève fasse une recherche sur le djihad, la dépose sur la plate-forme, et demain, se voie interdire d’entrée aux Etats-Unis!»

Les Verts relèvent en outre que Donald Trump, nouveau président américain, a dénoncé en février le «Privacy Shield», accord conclu entre la Suisse et les Etats-Unis qui garantit un niveau de protection des données adéquat en regard des exigences de la loi fédérale sur la protection des données. Le président envisage désormais de n’assurer la protection des données que pour les citoyens américains et ceux au bénéfice d’une autorisation de séjour de longue durée.

Dans ce contexte, les Verts viennent de déposer un projet de loi visant à modifier la loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données personnelles (Lipad). «Nous demandons que le système de messagerie soit fourni par l’Etat, le cas échéant par des entreprises domiciliées en Suisse, détaille Jean-Michel Bugnion. Cela afin que les données déposées soient soumises à la loi suisse.»

Du côté du DIP, on explique avoir choisi Google pour des raisons économiques, pour son offre d’outils participatifs et un aspect éducatif: «Utiliser des services «grand public» à l’école dans un contexte cadré, c’est aussi apprendre à en faire un usage prudent et responsable, notamment grâce à des mesures de sensibilisation», indique Manuel Grandjean, directeur du Service école médias au DIP. Il précise: «Les consignes sont claires: aucune donnée personnelle ne doit être déposée sur ces plates-formes, seulement du contenu pédagogique comme des travaux ou, pour les maîtres, des exercices, des corrigés mais pas d’évaluations.» Autres précautions: les élèves ne peuvent pas échanger de données avec des personnes extérieures à l’institution «et nous pouvons auditer les contenus partagés».

Le DIP peut-il garantir que les contenus mis en ligne ne seront pas utilisés par Google? «Il s’engage contractuellement à n’en faire aucune utilisation, répond Manuel Grandjean. Il est vrai que nous n’avons aucun moyen de vérifier le respect ces engagements. Mais pas de raison non plus de les mettre en doute.» (TDG)

Créé: 05.05.2017, 10h30

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