Châtelaine
L'ancienne usine Hispano-Suiza de Genève rachetée à prix d’or
Par Christian Bernet. Mis à jour le 21.08.2012 4 Commentaires
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Le projet immobilier de 2008 dont le site Forum1203.ch s'était fait l'écho est désormais abandonné.
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C’est l’un des derniers vestiges de l’âge d’or de l’industrie à Genève, l’ultime trace des grandes fabriques de la Rive droite. Aujourd’hui, on se l’arrache à prix fort. Les anciens ateliers d’Hispano-Suiza viennent d’être vendus pour la coquette somme de 61 millions de francs. Le vendeur se frotte les mains: il avait acheté ce bien en 2005 pour 23,2 millions!
Dans les halles de la rue de Lyon, les petits patrons restent pantois à l’annonce de ces chiffres, qui ravivent l’inquiétude ambiante. «Cela fait des années qu’un projet immobilier se prépare, note un carrossier. Nous sommes plusieurs à avoir reçu notre congé en 2011 déjà.» Aucune proposition de relogement ne leur a été faite, disent-ils. Aucune indemnité. «Si je dois partir, je vais perdre mon fonds de commerce et mon deuxième pilier», s’inquiète ce mécanicien auto, installé ici depuis vingt ans.
Hispano-Suiza a construit cette usine en 1941. Il y a produit des armes et des munitions puis des machines-outils, avant de fermer en 1985. Aujourd’hui, le site fourmille d’une centaine au moins de PME, la plus grande comptant une cinquantaine d’employés.
Eglises et hôtel de passe
C’est une auberge espagnole. On y trouve des carrossiers, des ébénistes, des imprimeurs ou des mécaniciens. A côté de ces artisans sont venus s’ajouter des graphistes, des architectes, une fiduciaire ou une compagnie de théâtre. Enfin, pour parfaire ce tableau très hétéroclite et peu industriel, on y compte plusieurs églises évangéliques et aussi… un hôtel de passe.
Terrain en zone industrielle
C’est la société Soboss SA qui a acquis l’usine en 2005. Selon plusieurs sources, elle l’a achetée au Credit Suisse qui avait repris les actifs de promoteurs en faillite. Soboss a lancé un gros projet immobilier et a mandaté le bureau d’architectes japonais Kenzo Tange. Pourquoi japonais? «Il était question d’y accueillir le siège européen d’une société coréenne», raconte l’architecte Patrice Bezos qui travaille aussi sur le projet. Sans doute Samsung. Aujourd’hui, le projet a évolué. La Ville de Genève et la Fondation des terrains industriels ont fait pression. Le site étant en zone industrielle, elles ont obtenu que 40% des surfaces soient réservées aux artisans, avec des loyers à 200?francs le m2 par année. Pour le reste, il y aura des bureaux, des commerces et du high-tech.
Il est prévu que les halles intérieures soient démolies et les bâtiments plus hauts conservés. Le complexe verrait ses surfaces tripler. Il pourrait coûter entre 200 et 300 millions de francs. Une autorisation préalable a été accordée en décembre. Elle fait l’objet d’un recours des riverains.
C’est fort de ce projet en partie abouti que Soboss a vendu, réalisant une plus-value de 40 millions. Cette société est inscrite au Luxembourg. Parmi ses administrateurs, on trouve un Genevois, Claude Charmillot, expert fiscal.
Swisscanto est le nouveau propriétaire
Quant au nouveau propriétaire, il s’agit de Swisscanto, une émanation des banques cantonales qui gère des fonds de placement immobilier pour des caisses de pension. Swisscanto vise en général 4 à 6% de rendement pour ses biens immobiliers et affirme que son nouvel achat atteindra ce but. Elle tentera, dit-elle, de construire par étapes pour reloger certains locataires. Mais pas tous.
(TDG)
Créé: 21.08.2012, 06h29
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La rédaction
4 Commentaires
Du logement, quelle horreur pour l'ASLOCA ! On va lui manger son pain, il faut de toute urgence générer un maximum d'oppositions, saisir l'occasion de faire de la politique juteuse, allumer le feu, facile, la bonne affaire ! Répondre
Quelle nostalgie, mon père a bossé toute sa vie pour cette usine, Hispano suiza, Hispano Oerlikon. Ma soeur y a fait son apprentissage, et j'ai suivi derrière. Une usine avec du coeur et des tripes. Merci aux ouvriers de tout pays qui nous ont accompagnés. Répondre





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