Merck Serono
Unia accuse de passivité le gouvernement genevois
Par Frédéric Thomasset et Frédéric Vormus . Mis à jour le 05.06.2012 29 Commentaires
Trois scénarios pour sauver l’emploi
Hier soir, les représentants du personnel ont remis à la direction de Merck Serono leurs trois plans alternatifs.
Le maintien du siège à Genève
Scénario jugé le moins probable, il repose sur le maintien en fonction d’environ mille employés à Genève en échange d’un gain d’efficacité de 25 à 30% sur deux ans. Le personnel accepterait une baisse des salaires et des bonus comprise entre 10 et 20% selon le grade.
Centre biotechnologique
La deuxième option est jugée solide. Elle prévoit le maintien de plus de 300 emplois à Genève, qui constitueraient la base d’un Centre suisse d’expertise en biotechnologie. Les employés licenciés tentés de lancer des start-up deviendraient alors des partenaires privilégiés. Les activités présentent sur le site se concentreraient autour des secteurs clés de l’entreprise, soit la lutte contre les maladies neurodégénératives, la fertilité, l’endocrinologie ou encore l’immunologie. L’oncologie serait quant à elle relocalisée à Darmstadt, comme prévu dans le plan de la direction.
Regroupement genevois
Le troisième scénario apparaît comme le plus à même de séduire la direction de Merck. En effet, il ne prévoit aucun maintien d’emplois à Genève. Les ex-Merck Serono seront alors invités à se regrouper en
start-up. Pour les aider dans
le développement de nouvelles entreprises, il sera demandé à la direction d’augmenter le fonds d’innovation promis de 30 à 100 millions d’euros.
Dans les deux derniers scénarios, les pouvoirs publics sont invités à participer via des partenariats entre le nouveau pôle créé et l’Université, les hôpitaux ou encore l’EPFL. F.T.
?
Articles en relation
- Débrayage chez Merck Serono mardi prochain
- Les représentants du personnel réclament à Merck le maintien de 300 postes à Genève
- La Ville de Genève soutient la crèche de Merck Serono
- «Après le rachat, Merck voulait déjà supprimer le nom Serono»
Partager & Commenter
Mots-clés
«On ne peut pas légitimement imaginer que le gouvernement genevois ne fasse rien devant la crainte de perdre 1500 emplois pour toujours. On ne peut pas penser que le gouvernement genevois ne s’intéresse pas à nous, ne s’intéresse pas aux employés.» Pour Alessandro Pelizzari, le secrétaire régional d’Unia Genève qui a aidé les employés de Merck Serono à se fédérer, les autorités genevoises font preuve d’une grande passivité en ne formulant aucune proposition pour maintenir les emplois menacés par la fermeture du siège mondial de l’entreprise.
Les trois propositions validées hier par l’assemblée générale du personnel de Merck Serono (lire ci-contre) impliquent une participation active des pouvoirs publics, comme l’a rappelé le syndicaliste: «Vous avez vu que dans les scénarios qu’on propose, une négociation avec les politiques sera nécessaire. On ne se contente pas de coopération avec des institutions publiques quand on parle de reprise des infrastructures ici à Genève. Il faudra bien que nos politiques s’assoient autour d’une table. On a élaboré ces propositions aussi pour eux, pour qu’ils en prennent connaissance et les soutiennent. Si le gouvernement n’est pas capable d’exiger que tous les acteurs s’assoient autour d’une table, c’est tout simplement par manque de volonté.»
Quid de la «task force»?
Personnel et syndicat ne comprennent donc pas pourquoi la «task force» censée les réunir à la même table avec les autorités fédérales et cantonales, les hôpitaux ainsi que la direction allemande de Merck n’a toujours pas été mise en place, alors même que le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, en avait accepté l’idée il y a trois semaines déjà. Le gouvernement genevois, qui doit l’organiser, n’a pas réussi à faire pression sur le groupe Merck pour l’obliger à y participer.
Au Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé, Emmanuelle Lo Verso, en charge de la communication, assure que Pierre-François Unger se consacre tous les jours au dossier Merck Serono. Elle précise que le conseiller d’Etat recherche des solutions sans négliger aucune piste.
Par la voix de son attachée de presse Julie Michaud, l’Université de Genève s’est dite quant à elle tout à fait favorable à l’idée de poursuivre le développement des biotechnologies, que ce soit par le biais de sa Faculté des sciences, de sa Faculté de médecine ou d’organismes (Incubateur Eclosion). La collaboration pourrait être envisagée plus largement au niveau lémanique avec l’UNIL et l’EPFL.
Grève le 12 juin?
Durant son assemblée, le personnel a également adressé un préavis de grève pour le mardi 12 juin à la direction, si cette dernière ne répond favorablement à aucune des trois propositions. Afin de maintenir la pression sur les dirigeants du groupe, les employés ont aussi décidé de débrayer une heure aujourd’hui. Une flash mob (mobilisation spontanée) est prévue samedi devant l’entrée principale de Merck Serono. Les employés espèrent que la population les rejoindra pour danser sur le tube de Michael Jackson They Don’t Care About Us, soit en français, «ils se foutent de nous». Reste à savoir si ce message s’adresse aux autorités ou à la direction… (TDG)
Créé: 05.06.2012, 07h55
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
29 Commentaires
Encore une fois on fait appel à l'Etat de Genève pour reprendre le flambeau de ce qu'une entreprise privé néglige. Il faut bien comprendre que l'Etat / la Confédération ne peut pas décider et imposer des choses à une entreprise privée. C'est le principe de base de la démocratie..... Répondre
Avoir fait des études de sociologie, c'est bien. Avoir travaillé "pour de vrai", c'est mieux. Car ainsi on peut parler de ce que l'on connait. Répondre
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 


























