Uber lance son service de limousines low-cost à Genève

MobilitéLa société californienne assure ne pas vouloir concurrencer les taxis genevois. Mais le département de Pierre Maudet juge que son activité est illégale.

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"Nous ne sommes pas là pour concurrencer les taxis!", précise d'emblée Steve Salom, directeur général d'Uber Genève. Une entrée en matière qui rappelle les difficultés que rencontre la société américaine depuis quelques mois en Europe où ses activités ont notamment été interdites en Belgique et en Allemagne (lire ci-contre). A Genève, l'annonce du lancement d'Uber a suscité des craintes du côté des professionnels du transport de personnes, les taxis en tête. C'est dans ce contexte houleux, que la firme de San Francisco a annoncé ce jeudi son arrivée dans la Cité de Calvin avec son service de limousines low-cost, Uber X.

Financée par Google et valorisée à près de 17 milliards de francs, Uber est déjà présente dans plus 200 villes et 45 pays à travers le monde. Son fonctionnement est assez simple: la société recrute des chauffeurs qu’elle met en relation avec des clients via son application pour smartphone (lire encadré), prélevant au passage une commission de 20%. Uber n’est pas propriétaire des véhicules. Ceux-ci appartiennent à leurs chauffeurs, des indépendants.

Des prix attractifs

Si à Zurich, l'entreprise californienne a fait appel au tennisman Stanislas Wawrinka pour son «Rider Zero» (ndlr: le tout premier client, généralement une personnalité servant ainsi d'ambassadeur), à Genève, c'est le chanteur Bastian Baker qui a pu tester en avant-première le service d'Uber X. «Pour le moment, nous ne disposons que d'une flotte limitée», explique Steve Salom, sans dévoiler le nombre exact de voitures en circulation. Contrairement à Zurich, où la société avait d'abord lancé sa variante de luxe, Uber Black, à Genève, elle opte pour une flotte de véhicules «d'entrée de gamme» lui permettant de proposer des «prix attractifs». «Le prix de base est de 4 francs, détaille le directeur général. La minute est à 40 centimes, le kilomètre à 2 fr. 20. La course minimale est de 8 francs.»

«Pas autorisée à Genève»

Concernant l'aspect légal de l'activité d'Uber sur le canton, il y a cependant deux sons de cloche. Selon le Département de la sécurité et de l'économie (DSE), la société n'est pas autorisée à exercer. «A travers son application, Uber intervient comme une centrale d'engagement, explique Caroline Widmer, secrétaire générale adjointe au département de Pierre Maudet. Or, en la matière elle ne remplit pas les conditions fixées par l'actuelle loi sur les Taxis et Limousines (LTaxis). Il en va de même concernant son offre tarifaire. L'activité envisagée par Uber ne rentrant ni dans la catégorie «taxi» ni dans la catégorie «limousine», elle n'est donc pas autorisée dans le canton de Genève, en l'état.» Et d'ajouter: «Si toutefois l’application devait être disponible malgré le caractère illicite de celle-ci, des contrôles seront effectués par des clients test et les chauffeurs s’exposeront à des sanctions au regard de la LTaxis.»

De son côté, Steve Salom assure être parfaitement en règle avec la loi: «Nous ne sommes ni une centrale de taxis, ni une compagnie de limousines, nous ne faisons que mettre en relation des chauffeurs professionnels avec des clients. Pour cela, nous n'avons pas besoin de licence. Nous demandons aux chauffeurs qu'ils aient un permis de circulation et une autorisation en règle.»

«Ça ne marchera pas!»

L'annonce de l'arrivée d'Uber sur le marché du transport professionnel de personnes avait dans un premier temps suscité des craintes chez les taxis genevois. Des craintes qui aujourd'hui font place à «une certaine nonchalance». «Nous n’avons pas peur d’Uber, ça ne marchera pas ici», estime Pierre Jenni, président de Taxiphone. Il en veut pour preuve les nombreux atouts dont dispose sa société, parmi lesquels une application mobile «nettement plus élaborée et performante» que celle d'Uber. «Avec nos 650 taxis à travers le canton, nous sommes plus compétitifs en termes de rapidité de réponse, mais surtout par notre possibilité d'utiliser la plupart des voies de bus", affirme-t-il.

Du côté de Tooxme, la société lausannoise spécialisée dans le covoiturage et active dans toute la Suisse romande, on accueille favorablement la firme californienne. «L’arrivée d’Uber va participer à la diversité du marché. En ce sens c’est une bonne chose, estime Olivier Perrotey, CEO de Tooxme. Par le biais des VTC et des limousines, le service californien va surtout prendre des parts de marché aux taxis.» Lancée en janvier 2013, la start-up lausannoise propose de mettre en contact par smartphone conducteurs et passagers moyennant une indemnisation au kilomètre. Aujourd’hui, la start-up compte 22 000 utilisateurs et estime qu’environ 3000 conducteurs font appel quotidiennement à ses services. (TDG)

Créé: 04.09.2014, 11h55

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Comment ça marche

Grâce à son application gratuite, Uber permet à ses utilisateurs de commander un chauffeur en quelques clics. Une fois inscrit et ses données de carte de crédit enregistrées, le client n’a plus qu’à déterminer son lieu de prise en charge et sa destination. L’application repère alors les voitures présentes à proximité et, en fonction du trajet choisi, propose un devis. Arrivé à destination, nul besoin d'ouvrir son porte-monnaie, la carte de crédit est automatiquement débitée et un reçu est envoyé par email. Les clients d'Uber ont également la possibilité de noter leur chauffeur. La société californienne propose, selon les villes et pays, plusieurs variantes de son service allant du haut de gamme avec Uber Black, au low cost avec Uber X, en passant par le très controversé Uber Pop, qui permet à n'importe quel particulier de devenir chauffeur. ADV

Uber chahuté en Europe

Si les taxis genevois ne semblent guère effrayés par Uber, il n'en va pas de même de leurs collègues européens. En juin dernier, les manifestations et autres opérations escargots menées en France et en Angleterre ont fait couler beaucoup d'encre. Le service de VTC californien a été interdit en Belgique dès le mois d'avril. Depuis le 2 septembre, Uber n'a plus le droit d'exercer en Allemagne, suite à la décision d'un tribunal de Francfort. L'entreprise a fait appel. En attendant, elle poursuivra ses activités malgré le risque d’une amende de 250'000 euros pour toute infraction constatée. En France et en Espagne, l'avenir d'Uber est également menacé. ADV

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