Pompiers volontaires
Aux Trois-Chêne, chaque commune veut son camion!
Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 28.09.2012 16 Commentaires
Un tonne-pompe, c’est quoi?
Le profane parle de camion. Le spécialiste, le connaisseur, le fan parle de tonne-pompe. «Le tonne-pompe, c’est l’engin d’extinction le plus important qui existe. Motif: il embarque de l’eau et il a une pompe qui permet de mettre en pression cette eau pour alimenter les lances en attendant que le camion soit relié au réseau d’eau des Services Industriels de Genève», nous explique un pompier. Compris?
Le tonne-pompe acheté par la Commune de Thônex revient à 350 000 francs. Il possède un réservoir d’eau de 2000 litres et il peut accueillir huit personnes: le conducteur, le passager et six autres pompiers. F.C.
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Dans une poignée de semaines, les pompiers volontaires de Thônex n’auront plus rien à envier à ceux des communes voisines, Chêne-Bourg et Chêne-Bougeries. Ils auront, eux aussi, un camion tout beau, tout neuf à 350 000 francs, un «tonne-pompe» dans le langage des initiés. Une décision prise mardi soir par le Municipal. «Trois camions pour un territoire total de moins de 10 km2, c’est du gaspillage de deniers publics», s’emporte le socialiste Romain de Sainte Marie.
Rabat-joie, celui qui est aussi président du PS cantonal? Pour sa défense, le seul élu municipal à avoir refusé de casser sa tirelire peut s’appuyer sur le rapport de la Cour des comptes de mai 2011 relatif au dispositif genevois d’intervention en matière d’incendie et de secours. Extrait: «L’organisation se base sur les frontières communales et non sur une réflexion opérationnelle portant sur les risques cantonaux. Cette situation engendre des inefficiences tant au niveau de l’utilisation des moyens humains et matériels qu’immobiliers. A titre d’illustration, les casernes de Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries et Thônex sont situées entre elles à une distance variant de 0,9 à 1,9 km.»
«On s’assoit sur les recommandations de la Cour, se désole Romain de Sainte Marie. Pas surprenant: les pompiers et la fanfare, c’est sacré. On n’y touche pas. J’ai le plus grand respect pour les pompiers volontaires, mais là, on parle d’argent public.»
Le camion, c’est la vitrine
Intouchables, les pompiers? Un fin connaisseur du milieu préférant rester discret le pense: «J’ai vu des maires sauter pour avoir refusé l’achat d’un tonne-pompe. Le camion, c’est la vitrine, la carte de visite de la compagnie. Un pompier, lorsqu’il reçoit du monde, il montre son garage. Et il n’a pas envie de présenter un véhicule vieillissant.»
Magistrat en charge du Service du feu à Thônex, Philippe Decrey a-t-il cédé à un caprice de «ses hommes» en invitant le Délibératif à voter le crédit? «Pas du tout, sourit-il. Trois camions pour trois communes, c’est effectivement trop. Je me bats depuis cinq ans pour le regroupement des compagnies. Mais Chêne-Bougeries ne prend pas position et Chêne-Bourg ne veut pas en entendre parler.» Et le conseiller administratif de poser la question qui tue: «Mes pompiers affirment que le camion ne tient plus la route. Si on ne le change pas et qu’un drame se produit, que dira-t-on?»
Argument recevable. Zoom sur Chêne-Bougeries, alors. Oui ou non à une fusion des compagnies? En l’absence du chef politique du Service du feu, c’est le maire Jean Locher qui doit se mouiller. Il le fait partiellement. «Je n’ai pas le sentiment que notre Commune ait étudié le sujet. Je me forge un avis sur des éléments probants. Il faudrait discuter avec les gens du terrain.» Des «gens» qui ont reçu un joli tonne-pompe en avril 2011. Montant: 420 000 francs.
Un non définitif
Direction Chêne-Bourg. Là, on se jette à l’eau. La tête la première. Beatriz de Candolle, conseillère administrative: «Une fusion n’entre pas en ligne de compte. S’il y a un gros sinistre, et c’est arrivé en mai 2008, on a besoin de matériel. Nous avons réduit le parc automobile au strict nécessaire, mais nous tenons à notre camion.» Un tonne-pompe dont l’achat a été validé en février 2011. Prix: 354 000 francs.
Beatriz de Candolle reconnaît qu’un autre élément pèse dans la balance. Celui de l’identification: «Les pompiers volontaires sont nés dans cette commune, ils y ont grandi, ils se donnent pour elle. Notre compagnie est jeune, elle vit. Elle ne disparaîtra pas. Et gardera son matériel.»
Situation figée? Pas pour Philippe Decrey, qui promet de relancer le débat en faveur d’une compagnie unique. Dans l’immédiat, les trois compagnies vont pouvoir aligner leurs camions. «Et comparer celui qui a le plus gros», glisse un observateur. (TDG)
Créé: 28.09.2012, 08h28
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16 Commentaires
Grave problème "géopolitique" entre ces trois communes....ça tombe sous le sens qu'un service de pompiers unique pour les trois serait plus économique...mais là faut pas rêver...un thônésien qui irait éteindre un barbecue en flamme à Chêne-Bougeries....c'est impensable, on ne mélange pas les racines des chênes...les "voitures de pompiers" non plus...:):) Répondre
Il sera (aussi) intéressant de se pencher sur la question du "grand projet" réservé aux professionnels, soit la construction d'une nouvelle caserne, l'engagement de nouveaux hommes, la refonte d'une structure dont l'utilité est toute discutable et dont les coûts se compterons en millions (et pas en centaines de milliers...). Le système est entièrement à revoir, et ce pour L'ENSEMBLE du corps. Répondre





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