Le tribunal perd patience: Abba Abacha est condamné
Par Catherine Focas. Mis à jour le 04.10.2012 4 Commentaires
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Le feuilleton Abba Abacha semble toucher à sa fin. Ce jeudi soir, le Tribunal de police a perdu patience et a condamné le fils de l’ancien dictateur nigérian à un an de prison avec sursis. Le juge Fournier a eu la nette impression qu’on le menait en bateau. Il a donc décidé que cette énième absence du prévenu n’était pas justifiée. Son opposition à l’ordonnance de condamnation prononcée en 2009 a été considérée comme retirée. Et cette condamnation pouvait dès lors entrer en force: 360 jours de prison avec sursis ainsi que le paiement des derniers frais de procédure, soit 148 000 francs.
En 2009, Abba Abacha avait été reconnu coupable de participation à une organisation criminelle pour avoir, avec son clan, pillé les ressources de son pays alors que son père était au pouvoir entre 1993 et 1998. On avait parlé à l’époque de plus de deux milliards de dollars. 700 millions se trouvaient dans les coffres des banques helvétiques. Ils ont entre-temps été restitués au Nigeria. Mais le sort de 300 millions de francs bloqués au Luxembourg restait encore incertain jusqu’à la fin du procès.
L’incertitude n’est pas complètement levée. Car même si les avocats de la République fédérale du Nigeria (Mes Enrico Monfrini et David Bitton) ont remporté cette manche. L’avocat du prévenu, Me Christian Lüscher, a averti qu’il ferait recours dès vendredi.
Dans son jugement, le juge Fournier admet les conclusions du praticien genevois, spécialiste de la médecine du sport. Ce dernier certifiait que, suite à un accident de circulation, Abba Abacha ne pouvait pas faire le voyage jusqu’à Genève au mois de juillet dernier et comparaître à son procès.
Mais, selon le juge, ni ce médecin, ni l’expert mandaté par le tribunal n’ont dit qu’Abba Abacha ne pouvait pas se présenter devant la justice ce 4 octobre. L’accident de voiture a donné lieu à une «affection bénigne». Abba Abacha aurait pu venir quitte à porter un «collier cervical». Le tribunal était prêt à des «aménagements» particuliers pour lui «éviter une position assise prolongée». Le prévenu aurait dû tout entreprendre afin de se présenter devant la justice. Il connaissait les risques procéduraux encourus en ne le faisant pas. Le juge souligne son attitude «paradoxale» et «ambiguë». Il ne voulait pas se faire représenter par son avocat mais dans le même temps trouvait toutes les excuses possibles pour ne pas être présent et se défendre lui-même. Le tribunal évoque les risques de prescription. Et conclut qu’on se trouve «proche d’un abus de droit». (TDG)
Créé: 04.10.2012, 18h32
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La rédaction
4 Commentaires
Me Christian Lüscher? LE Christian Lüscher? Avocat du fils d'un dictateur? Répondre
Mais pourquoi le "sursis" ??? Dès qu'il arrive en Suisse, on peut supposer pour voir son compte numéro" dans un établissement bancaire, c'est immédiatement en prison sans autre. Répondre
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