La Une | Lundi 20 mai 2013 | Dernière mise à jour 09:46
Déchets

Taxe poubelle: les Genevois font de la résistance

Par Clémentine Prodolliet. Mis à jour le 16.07.2012 32 Commentaires

Le Canton de Vaud a cédé. Un changement de cap qui pourrait mettre fin au Röstigraben écologique

Deux cents communes vaudoises se mettront à distribuer ce sac-poubelle taxé dès le 1er décembre 2012.

Deux cents communes vaudoises se mettront à distribuer ce sac-poubelle taxé dès le 1er décembre 2012.
Image: JEAN-BERNARD SIEBER

Sondage

Pour ou contre la taxe poubelle à Genève?





Articles en relation

Interactif

La taxe au sac a prouvé son efficacité

Bientôt quarante?ans après son introduction à Saint-Gall, les craintes liées à la taxe au sac ont laissé place à l’optimisme. Le système apparaît aujourd’hui comme un moyen efficace pour inciter la population à limiter et trier ses déchets. Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), dans les communes qui ont une taxe au sac, la quantité de déchets combustibles (ordures) a diminué de 30% en moyenne. L’explication est simple: les?citoyens trient plus. «Dans les communes qui appliquent la taxe, le taux moyen de recyclage est d’environ 50%. C’est 10% de plus en moyenne que dans les communes qui n’ont pas de taxe», indique Isabelle Baudin, collaboratrice scientifique à l’OFEV.
Les effets pervers, eux, semblent limités. Ainsi en est-il du tourisme des déchets, constaté dans les cantons pionniers et qui a en partie motivé la propagation du système: aujourd’hui la généralisation de la taxe a résolu le problème. Autre effet fâcheux: l’élimination inappropriée des déchets, que ce soit par la dispersion des ordures dans la nature ou par leur incinération dans les cheminées. Un phénomène modeste qui ne concerne que 1% à 2% de la quantité totale de déchets.

Les citoyens suisses ne semblent d’ailleurs pas s’offusquer de ces problèmes. Une étude réalisée par l’OFEV en 2003, intitulée «La taxe au sac vue par la population et les communes», montre que 87% des personnes interrogées sont satisfaites du système de la taxe après son introduction. Seulement 11% d’entre elles estiment qu’elle est trop chère et 3% souhaiteraient revenir à la situation antérieure.

Partager & Commenter

Mots-clés

En consultant la carte de la Suisse, le contraste est saisissant. Outre-Sarine, le tri des déchets est presque devenu un sport national. Un sport dans lequel les Romands, eux, ne récoltent pas de médailles.

«Les Cantons disposent d’une certaine marge de manœuvre dans l’application du principe du pollueur-payeur. La loi fédérale sur la protection de l’environnement ne définit pas d’instrument. En clair: ils ne sont pas obligés d’instaurer la taxe au sac tant qu’ils respectent l’objectif de la loi», précise Isabelle Baudin, collaboratrice scientifique à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). La pression devient toutefois forte, et bientôt il ne restera plus guère que deux bastions de résistance: le Valais romand, qui, contrairement au Haut-Valais, n’a pas sauté le pas; et Genève, seul canton intégralement exempt de taxe.

A Genève, le Conseil d’Etat a préféré tabler, il y a treize?ans, sur une politique incitative. «Nous avons misé sur l’information et sur la sensibilisation plutôt que sur la pression par le porte-monnaie», résume Jacques Du Pasquier, chef du Secteur déchets au sein de l’administration cantonale. Mais aujourd’hui, l’idée est à nouveau sur la table. «Le système actuel fera certainement l’objet d’un débat dans notre canton. Nous sommes prêts à reconsidérer les avantages et inconvénients des deux systèmes», affirme Jacques Du Pasquier. L’Office cantonal de l’environnement évalue actuellement la politique menée depuis plus de dix ans, et certains semblent désormais prêts à changer leurs habitudes.

Introduite en 1975 par Saint-Gall, la taxe au sac s’est progressivement imposée dans tous les cantons alémaniques, à l’exception de Nidwald. Son objectif: transformer les usagers en experts du recyclage ménager en appliquant le principe du pollueur-payeur inscrit depuis 1983 dans la loi fédérale sur la protection de l’environnement. L’instrument a franchi le Gothard et se trouve inscrit dans la loi tessinoise – même si plus de 60% des communes ne l’appliquent pas. Point de telle hypocrisie en Suisse romande, où la taxe au sac a longtemps été jugée coercitive et antisociale.

Un fossé culturel

«Dans le canton d’Uri, remarque Romain de Sainte-Marie, président du PS genevois, les citoyens sont très respectueux des lois et des règles. On peut imaginer que l’application de cette taxe connaîtrait un sort différent dans le contexte genevois.» «C’est une question de culture: le tri des déchets est plus ancré dans la mentalité alémanique que dans la mentalité latine», estime Olivier Français, municipal PLR en charge des Travaux à Lausanne.

Les Romands seraient-ils moins préoccupés par le bien-être collectif et plus attachés à leur liberté individuelle que leurs cousins alémaniques? «Quand l’Etat prescrit une mesure, les Alémaniques l’appliquent, alors que pour les Romands, l’intervention des autorités est plutôt perçue comme contraignante», analyse Etienne Ruegg, ingénieur au Service vaudois des eaux, sols et assainissement.

Intervention des juges

Mais la barrière mentale est en train de tomber. Les Fribourgeois ont joué les pionniers en Suisse romande en instaurant la taxe au sac il y a seize ans. Deux des trois districts jurassiens et un tiers des communes vaudoises ont fini par suivre. Le Canton de Neuchâtel s’y est mis en janvier 2012. Et, l’an dernier, un arrêt du Tribunal fédéral exigeant des communes qu’elles appliquent le principe du pollueur-payeur a encore accéléré les choses. Conséquence: plus de 200 localités vaudoises devraient adopter la mesure en janvier 2013. (TDG)

Créé: 16.07.2012, 07h29

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

32 Commentaires

Ian Richards

16.07.2012, 09:26 Heures
Signaler un abus 58 Recommandation 0

La collecte des déchets est couverte par nos impôts. Je ne vois pas l'efficacité de payer deux fois la même chose. Répondre


Charles Rochat

16.07.2012, 08:55 Heures
Signaler un abus 48 Recommandation 0

Favorable a la taxe poubelle si l'on nous débarrasse aussi du boulet fiscal Genevois non justifié si comparé a la charge fiscale moyenne des autres cantons. On pourrait commencer par faire du donnant-donnant, on réduit les impôts et l'on met une taxe poubelle. Genève doit impérativement mettre de l'ordre dans ses finances et dépenses. Répondre



Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Sondage

L'équipe de Suisse va-t-elle gagner les Mondiaux de hockey?




Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Cinéma

Sorties et bandes-annonces

Programme TV

Accédez au programme TV

ABONNEMENTS MOBILE

Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.

Club Voyage

Découvrez le programme 2012