Droit du travail
Un syndicat s’attaque à un glacier
Par Sophie Simon. Mis à jour le 16.08.2012 2 Commentaires
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«Gelato Mania me doit 10?000?francs d’arriérés de salaires. J’ai passé des journées entières à travailler sans pause, sans pouvoir manger ni aller aux toilettes.» Voilà le type de revendications qu’avancent six anciens employés (sur 130) du «créateur de parfums glacés» genevois.
Selon le syndicat SIT, les employés vendeurs de glace sont payés 20?francs de l’heure quand la Convention collective nationale de travail (CCNT) pour les hôtels, restaurants et cafés, établit une moyenne à 22?fr.?59. Toujours selon le défenseur des travailleurs, les heures supplémentaires et le 13e salaire, entré en vigueur au début de l’année 2012, n’ont pas été versés. «Ils nous paient le quart d’heure avant l’ouverture et le quart d’heure après la fermeture, mais ça ne suffit pas pour tout nettoyer, donc on reste plus longtemps», témoigne une jeune femme.
Enfin, les syndicalistes dénoncent les heures de travail annulées à la dernière minute, et donc non réglées.
Pour faire entendre son message, le SIT distribuait hier des tracts en forme de cornet de glace aux abords de la succursale des Pâquis de l’entreprise. Il leur était interdit de pénétrer dans l’arcade. «On respecte ce que vous faites, mais on a des clients, là», commentait une vendeuse devant les manifestants.
L’employeur conteste
Selon Me?Yvan Jeanneret, avocat de Gelato Mania, ces allégations sont fausses. «Les contrats de travail respectent pleinement la CCNT. Si tel n’était pas le cas, les employés auraient saisi les Prud’hommes.» Interrogé sur ce point, Sylvain Tarrit, délégué syndical, affirme qu’il saisira le tribunal aujourd’hui. «Nous ne l’avons pas fait avant par manque de temps, et parce que nous privilégiions la conciliation jusqu’à maintenant.» De plus, selon Me Jeanneret, il ne s’agit que de «vieilles situations», c’est-à-dire d’employés ayant travaillé pour Gelato Mania il y a plusieurs années. En effet, ceux que nous avons interrogés ont travaillé entre 2008 et 2010. Or, Gelato Mania n’est soumise à la CCNT que depuis le 1er janvier 2011, et le 13e salaire ne s’applique qu’à partir du 1er janvier 2012. «Ces dispositions ne les concernent donc pas», avance le conseil du glacier. «On demande la rétroactivité, pour nous la CCNT aurait dû être appliquée depuis le départ», rétorque Sylvain Tarrit.
Plus de vente après 19?h
L’action du SIT intervient alors que, comme l’a révélé Le Temps, le Service du commerce a décidé en avril de soumettre les glaciers genevois au régime applicable aux «Boulangeries, pâtisseries et confiseries» prévu par la loi sur les heures d’ouverture des magasins. Induisant une fermeture maximale à 19?h. Les glaceries sans employés ou qui n’emploient que leurs propres associés/administrateurs ne sont pas soumises à cette injonction.
Gelato Mania a fait recours devant la Chambre administrative de la Cour de justice, car l’entreprise souhaite rester soumise à la Convention pour les hôtels, restaurants et cafés, et vendre sa marchandise en soirée.
Pourquoi le Service du commerce a-t-il décidé de classer les glaciers en catégorie «boulangerie»? Et pourquoi le faire en 2012, après des années d’ouverture nocturne? L’institution a manifestement éludé notre question, nous renvoyant aux formes légales sous lesquelles les exploitants de glaceries devront inscrire leur activité. Ils sont «invités à se déterminer sur le régime qu’ils entendent adopter à l’avenir, de façon à ce que leur situation puisse être régularisée avant le début de la prochaine saison, au printemps 2013».
(TDG)
Créé: 16.08.2012, 20h21
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2 Commentaires
Des journées entières à travailler sans pause, à CHf 20.- de l'heure, soit 160.- par jour, pas si mal que ça pour des étudiants. Bienvenue dans la vie active! Pour ce salaire d'autres nettoyent des wc ou vident des poulets! Vous êtes vraiment à plaindre! Répondre
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