Vie nocturne
Cabarets: «Il n'y aura plus que des danseuses de l'Est»
Par Thomasset Frédéric. Mis à jour le 11.10.2012 4 Commentaires
Le statut d’artiste de cabaret
Régit par l’article 34 de l’ordonnance relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA), il permet aux ressortissants d’Etats-tiers de se produire en Suisse.
Est autorisée à monter sur scène « une personne faisant partie d’un spectacle de variétés durant laquelle elle se dévêtit à plusieurs reprises, partiellement ou intégralement, dans une ambiance musicale. »
Le séjour ne peut excéder huit mois par année et l’artiste doit quitter la Suisse s’il connait une période sans engagement de plus d’un mois.
Le salaire mensuel net minimum est également fixé par l’ordonnance. Il ne saurait être inférieur à 2200 francs.
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«Adieu les danseuses exotiques. Les filles seront toutes les mêmes. C'est bien triste pour la diversité du spectacle.» Alain Bolay, exploitant du Moulin Rouge à Genève depuis dix-huit ans et vice-président de l'Association des cafés-concerts, cabarets, dancings et discothèques (ASCO) section romande est dépité. L’ordonnance encadrant le statut d’artiste de cabaret lui permettait jusque là d’accueillir dans son établissement des Thaïlandaises, des Dominicaines ou encore des Marocaines. A l’avenir, seules les ressortissantes de l’Union Européenne ou des pays de l’Association européenne de libre-échange devraient pouvoir travailler dans le canton. C’est du moins le souhait exprimé hier par le Conseil d’Etat mercredi.
Protéger les artistes
Concrètement, aucune décision définitive n’a encore été prise. Mais l’instance cantonale a répondu de manière favorable à la consultation lancée par le Département fédéral de justice et police en juin dernier. L’objectif affiché par ce dernier : renforcer la protection contre la traite d’êtres humains et la prostitution. La directrice du Service de la main-d’œuvre du canton de Genève y voit aussi un moyen d’améliorer les conditions de séjours des artistes de cabaret. «Les personnes concernées seront dorénavant considérées comme n’importe quel autre travailleur en provenance d’un état membre de l’UE. Le permis de travail ainsi décerné leur donnera la liberté de changer de travail si elles le souhaitent.» La directrice précise par ailleurs que la suppression du statut mettra fin à une exception dans les pratiques d’admissions des étrangers en Suisse. En effet, les ressortissants de pays tiers doivent présenter aujourd’hui de solides qualifications pour pouvoir immigrer.
Ville internationale, artistes internationaux
En se prononçant pour la suppression du statut d’artiste de cabaret, le canton n’avance pas dans le flou. En effet, la moitié des cantons suisses n’ont pas attendu la validation du Conseil fédéral pour abandonner la pratique. Mais pour Alain Bolay, les particularités de Genève rendent une telle décision absurde. «Genève est une ville internationale et une ville de cabarets. Qu’ils soient hommes d’affaires ou fonctionnaires internationaux, bon nombre de nos clients viennent de pays éloignés. Une offre de spectacle réduite aux seules filles de l’Est ne sera pas suffisante.»
La période de consultation prend fin le 2 novembre. Si le Conseil fédéral se prononce en faveur de la disparition des artistes de cabaret, Alain Bolay disposera d’une période de transition d’un an afin de trouver une solution. (TDG)
Créé: 11.10.2012, 16h12
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La rédaction
4 Commentaires
Quelle hypocrisie.... Répondre
La Suisse dans tous les coins du pays a des problèmes qui occupent nos politiciens à longeur de journée, et en plus ils sont eux-mêmes clients de ces établissements. Curieuses décisions n'est-ce-pas? Répondre





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