«Personne ne m’a mis de pression»

Genève internationaleDavid Hyde, le stagiaire non rémunéré de l’ONU, a annoncé sa démission aux médias sur la place des Nations.

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David Hyde démissionne de l’ONU. Après deux jours confus, assailli par les médias internationaux, le jeune Néo-Zélandais a décidé de ne pas poursuivre son expérience au secrétariat des Nations Unies, à Genève. «L’ONU ne m’a mis aucune pression, c’est ma décision. Cette affaire a pris une telle dimension qu’il aurait été difficile de reprendre mon travail normalement.»

C’est sur la place des Nations que le jeune homme a simplement lu une déclaration en anglais qui tenait sur deux pages. Au terme de celle-ci, il est parti, seul, et souhaite désormais le retour au calme. «J’ai reçu un million de questions. Je tiens à préciser que c’est moi qui ai décidé de dormir sous tente. Après mes études, j’ai commencé à chercher un travail mais on ne me proposait que des stages, poursuit le jeune Néo-Zélandais de 22 ans. On me demandait si je pouvais subvenir à mes propres moyens durant le stage. A chaque fois que je répondais honnêtement, ma candidature était refusée. Alors quand j’ai postulé pour ce poste à l’ONU, je n’ai pas tout dit sur ma situation financière. J’ai déclaré avoir suffisamment pour m’en sortir, mais ce n’était pas le cas. Et j’ai eu le job. La politique de stage au sein de l’ONU était très claire dès le début (ndlr: consulter les conditions de stage à l'ONU): pas de salaire ou allocation , aucune aide aux transports, aucune allocation de nourriture, pas d'assistance sanitaire. Je l’ai acceptée. Je dois désormais prendre mes responsabilités.»

Ruée des médias étrangers

Il conclut tout de même: «Dites de moi que je suis jeune, que je suis idéaliste, mais je ne crois pas que ce système soit juste. (...) Comme le rappelle clairement la Déclaration des droits de l’homme, chacun, sans discrimination, a droit à un salaire juste pour un travail juste. Chaque personne qui travaille a droit à une rémunération. J’espère qu’à l’avenir les Nations Unies deviendront un exemple à suivre en matière de politique de stage.»

Ces mots vont-ils faire retomber la pression? Hier, journaux, radios et télévisions du monde entier se sont rués en masse sur l’histoire de ce jeune rencontré au bord du lac, alors qu’il dormait sous tente. Non rémunéré, il n’était pas parvenu à trouver de logement à Genève. En Angleterre, aux Etats-Unis ou en Allemagne, les titres pointent les conditions réservées aux stagiaires des organisations internationales dans une ville au niveau de vie extrêmement élevé.

Sa mère parle

Forcément, les médias néo-zélandais se sont penchés sur le sort de leur compatriote qui a parcouru 18 000 kilomètres pour vivre une expérience professionnelle au sein de l’institution onusienne. Pour sa part, la correspondante en Océanie du Daily Mail (Grande-Bretagne) est partie à la recherche des proches de David. Elle est parvenue à contacter sa mère, Vicki Hyde, qui affirme: «C’est un trait typique de mon fils de poursuivre ses rêves avec insistance.» Elle doute qu’il accepte l’aide d’une famille. «Il a une vision très claire de comment les gens doivent être traités», ajoute-t-elle, avant de conclure: «J’espère juste qu’il mange correctement et qu’il est au chaud. Au moins, c’est l’été.»

(TDG)

(Créé: 12.08.2015, 14h08)

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