Cathédrale Saint-Pierre
Soutien aux Pussy Riot: les protestants genevois ne porteront pas plainte
Par Mabut Jean-François. Mis à jour le 27.08.2012 22 Commentaires
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La prière anti-Poutine
Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova, trois jeunes femmes du groupe russe punk-rock féministe "Pussy Riot" ont été condamnées à deux ans de camp de travail pour "vandalisme" et "incitation à la haine religieuse". Le 21 février 2012, elles avaient chanté une prière anti-poutine, intitulée "Marie mère de Dieu - chasse Poutine!", dans une cathédrale de Moscou. Quand la contestation politique et la provocation se donnent rendez-vous à l’église, les réactions sont vives. (ATS)
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Les autorités de l'Eglise protestante de Genève ne poursuivront pas les punks encagoulés qui, vendredi en fin d'après-midi, ont invoqué, durant quelques minutes dans le chœur de la cathédrale Saint-Pierre, «Marie mère de Dieu, libérez-nous de Poutine». Ni pour violation de domicile ni pour blasphème. «La cathédrale est un lieu ouvert, note le pasteur Schmid, l'un des deux pasteurs responsables de la paroisse. Personne n'a été dérangé. Seuls quelques touristes ébahis ont assisté à l'événement.»
«Nous serions ridicules de poursuivre ces manifestants, poursuit le pasteur, d'autant que leur cause est louable.» Il voit au contraire dans cette tolérance des autorités ecclésiastiques l'occasion de montrer que toutes les Eglises ne sont pas dogmatiques: «C'est important aujourd'hui. Je préfère les risques liés à la liberté d'expression aux risques découlant d'une mesure de contrainte.»
Le blasphème n'existe plus en droit
Pourtant les Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de bagne en raison d'une chanson interprétée dans la cathédrale de Moscou jugée blasphématoire à l'égard de l'Eglise orthodoxe. «Le blasphème est une notion compliquée. Il n'existe plus en droit genevois», rappelle Vincent Schmid. «Au XVIe siècle, du temps de Calvin, les manifestants genevois auraient sans doute subi un sort pire que les chanteuses de Moscou», convient le pasteur. Aujourd'hui il préfère citer Maître Eckhart: «Même quand tu blasphèmes tu loues Dieu sans le savoir.» Tout juste, note-t-il, un manque de culture théologique chez les manifestants genevois encagoulés à la manière de leur idole: «Chez nous protestants, Marie ne porte pas le titre de Mère de Dieu.»
Titulaire de la chaire de Saint-Pierre durant cinquante ans, le pasteur Henry Babel ne conteste pas cet avis. Il apporte juste un bémol en rappelant que, pour les protestants orthodoxes, dont feu le pasteur de Saussure fut un éminent représentant, Marie est bel et bien la mère de Dieu. Avec Calvin, cependant, tous les protestants sont d'accord pour ne rendre un culte et n'adresser des prières qu'à Dieu le père.
Sur les blogs hébergés par la Tribune de Genève, Hélène Richard-Favre note également l'incongruité de qualifier «Marie mère de Dieu dans un temple protestant». Un autre blogueur analyse plus avant l'irruption des punks genevois dans la cathédrale. Sous le titre «Des télétubies punk à la cathédrale», John Goetelen écrit: «Marie mère de Dieu, libère-nous de Poutine: mais quelle importance à Genève? Cette phrase avait du sens à Moscou, ici aucun. Et encore moins à la cathédrale. Devant le consulat de Russie, là oui, cela aurait eu de la tenue.»
(TDG)
Créé: 27.08.2012, 17h31
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22 Commentaires
L'église protestante n'est plus une église qui se défend ou qui lutte. C'est un truc mou et théorique. Elle se laisse marcher sur les pieds, supporte qu'on la ridiculise et qu'on l'insulte. Ca explique peut-être le manque de motivation de ses ouaïlles, la mise au chômage des pasteurs et ... le reste. Ca explique aussi "l'opération risquée" à la cathédrale et non dans une synagogue ou une mosquée Répondre
La Tolérance de l'Eglise Protestante ne doit pas cacher que cette manifestation était lâche, chocante et non autorisée. Ce manque de respect par rapport aux croyants tant Protestants qu'Orthodoxes montre bien le mépris que c'est gens là ont des institutions et de la démocratie. Sinon, ils protesteraient devant la mission ou le consulat Russe.Punk en Russie=Punk en Suisse.Même manque de respect. Répondre
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