Economie genevoise
Sous-enchère salariale: le Conseil d'Etat refuse la «milice syndicale»
Par Mabut Jean-François. Mis à jour le 29.06.2012 1 Commentaire
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La nouvelle cheffe du Département de la solidarité et de l'emploi ne va pas chômer. Isabel Rochat devra s'atteler à présenter d'ici la fin de l'année un contre-projet à l'initiative déposée en février 2012 pour lutter contre la sous-enchère salariale. Pour le gouvernement, le quasi doublement du nombre des contrôleurs de l'Inspection du travail proposé par les syndicats ne règle pas le problème principal, à savoir le recours au travail au noir principale cause des salaires de misère.
L’initiative réclame de réserver aux seuls syndicats le pouvoir de désigner les futurs contrôleurs. «Nous pensons qu’il y a des dysfonctionnements politiques qui ne permettent pas à l’Office cantonal de l'inspection des relations du travail (Ocirt) d'accomplir sa tâche, répondait à la Tribune Alessandro Pelizzari en février dernier. Ce système existe dans d’autres pays et est identique à celui des commissaires d’apprentissage, qui donne satisfaction à Genève.» Ce monopole fait bondir le gouvernement. Cette «milice syndicale», écrit le Conseil d'Etat cette semaine à l'issue de sa séance ordinaire contrevient à la tradition suisse du partenariat social et aux normes en vigueur qui règlent les relations du travail. Le Conseil d'Etat recommande donc au Grand Conseil de biffer ces dispositions de l'initiative.
François Longchamp, dont c'était le dernier acte en tant que ministre des Affaires sociales, ne méconnaît pas le problème de la sous-enchère salariale, que la libre circulation des personnes et l'embauche toujours croissante de travailleurs frontaliers alimentent. Il a donc proposé à ses collègues du gouvernement d'opposer un contre-projet au texte des syndicats. Le magistrat PLR reprend à son compte l'augmentation des effectifs de l'Ocirt réclamée par les syndicats et insiste sur une collaboration renforcée entre les inspecteurs du travail et les commissions paritaires. Le gouvernement rappelle que 60% des travailleurs genevois sont au bénéfice d'une convention de travail.
Le canton compte 282'000 emplois (242'000 emplois à plein temps) et 16 inspecteurs du travail dont la moitié s’occupe de la sous-enchère salariale, soit, selon les syndicats, un inspecteur pour environ 18 750 emplois. L'initiative fixe un quota d’un inspecteur pour 10 000 emplois. En février au moment de déposer les 12'500 signatures de leur initiative, les syndicats relevaient qu’il y a, à Genève, un contractuel pour 326 places de parc.
(TDG)
Créé: 29.06.2012, 16h43
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La rédaction
1 Commentaire
Pourquoi le syndicat pourrait-il se muer en milice ? Sur quelle base légale, le syndicat peut-il revendiquer le droit de choisir ses contrôleurs ? Jusqu'à preuve du contraire, le syndicat n'est pas une institution de droit publique et je ne vois pas comment il aurait le droit d'envoyer manumilitari des contrôleurs dans les entreprises. Ca s'appelle tout simplement de la dicature. C'est intolérable Répondre
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