Le séminaire qui soutient des personnes vulnérables est récompensé

Université de GenèveLa «Law Clinic» reçoit 35 000 francs de la Ville. Elle travaille cette année sur les personnes LGBTIQ.

Djemila Carron est coresponsable de la law clinic.

Djemila Carron est coresponsable de la law clinic. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Voulant faire de Genève «une ville dont tous les habitants jouissent des mêmes droits et sont reconnus dans leur spécificité», la Ville de Genève a décidé de soutenir la «law clinic» de l’Université de Genève. Elle lui octroie une subvention de 35 000 francs pour deux ans et met à sa disposition des infrastructures ainsi que des moyens humains et matériels. Lancée en 2013, cette «clinique juridique» est en réalité un séminaire ouvert à quinze étudiants de master en droit, sélectionnés sur dossier chaque année, et qui se conclut par la publication d’un fascicule informant les personnes vulnérables de leurs droits.

Trois brochures ont déjà été éditées: la première a été consacrée aux droits des personnes roms en situation précaire, la deuxième aux femmes sans statut légal, la troisième aux personnes en détention provisoire. Depuis 2016, la law clinic s’intéresse aux droits des personnes LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et queer). Une brochure de 100 à 150 pages doit paraître en octobre 2018.

Comment l’Université choisit-elle le thème étudié? «Il doit toucher des personnes dans une situation juridique de vulnérabilité au niveau local, qui demandent des informations juridiques et peuvent bénéficier de l’aide d’une brochure», précise Djemila Carron, coresponsable de la law clinic. Les droits des personnes vivant en EMS et de celles relevant de l’asile pourraient constituer de prochains thèmes de recherche.

Un travail pas toujours bien reçu

Le soutien de la Ville permettra d’actualiser, de traduire et de réimprimer les brochures existantes, afin de les rendre plus visibles auprès des populations concernées. Celle pour les Roms, publiée en français et en roumain, a-t-elle été comprise par son public cible? «Nous avions choisi le roumain car nous nous sommes concentrées sur les personnes «roms» de Roumanie. Nous avons ajouté des pictogrammes pour les personnes analphabètes, mais cela peut être insuffisant; nous passons aussi par les associations de soutien actives sur le terrain, qui nous aident à transmettre l’information», indique Djemila Carron.

Le travail de la law clinic n’est pas toujours bien reçu. En 2016, l’Office de la détention s’était opposé à diffuser la brochure sur les droits des détenus à Champ-Dollon. «Chaque travail apporte ses difficultés. Pour les aplanir, nous entrons en contact avec les différents acteurs associatifs et institutionnels en amont. Pour la prison, des résistances se sont fait sentir à la fin du processus, mais les brochures sont finalement bien arrivées à destination.» Le fait de mieux connaître ses droits amène-t-il les uns ou les autres à les faire valoir en justice? «Difficile à dire, mais une meilleure connaissance de ses droits reste une première étape dans l’accès à la justice», estime Djemila Carron.

En attendant, les étudiants ont jusqu’au 14 août pour présenter leur dossier. «Ce cours a beaucoup de succès, car il constitue une première expérience professionnelle, en même temps qu’un travail vraiment utile et une recherche pointue. Les retours sont très positifs.»

(TDG)

Créé: 17.07.2017, 18h40

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