Rapport annuel
Salerno à nouveau épinglée par la Cour des comptes
Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 29.09.2012 19 Commentaires
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Rapport annuel de la Cour des comptes, page 12: «La Cour regrette le manque d’évolution dans les pratiques de recrutement de la Ville de Genève, qui ne correspondent pas aux bonnes pratiques, nuisent considérablement à son image d’employeur responsable et péjorent son attractivité pour des postes de hauts cadres.» Une impression de déjà-vu. La Ville avait déjà été épinglée l’an dernier. La fameuse affaire Salerno-Drahusak. La socialiste avait offert le poste de directeur des ressources humaines au Vert, alors que «son expérience et sa formation professionnelle ne correspondaient pas aux exigences du poste», dixit la Cour.
Dans son rapport 2011-2012, dévoilé hier, la Cour présente les résultats de nouveaux contrôles. Verdict: les procédures de recrutement de deux hauts cadres «ne correspondent pas aux bonnes pratiques en la matière». La Tribune de Genève a appris (et le Conseil administratif l’a confirmé) que les deux cas concernent une seule et même personne, employée au Département des finances de Sandrine Salerno. Son poste actuel: directrice des ressources humaines de la Ville, 4000 collaborateurs, quelque 160 000 francs de salaire annuel. Le poste précédemment occupé par… Boris Drahusak.
Ancienne fondée de pouvoir
Selon notre enquête, la nouvelle cheffe des RH a été fondée de pouvoir dans une banque dans les années 2000. En 2009, elle rejoint l’équipe de projet PAV (Praille- Acacias-Vernets) en qualité d’économiste. Sa cheffe: Sylvie Bietenhader, nommée à la fin 2009 à la tête de la Gérance immobilière municipale, chapeautée par Sandrine Salerno.
En 2011, la Ville décide de recruter un administrateur aux RH. Un candidat est sélectionné, mais la Ville renonce à l’engager. Sylvie Bietenhader met alors sur la table le dossier de l’ancienne économiste du PAV. En mai, Sandrine Salerno l’engage en qualité d’administratrice. «Cette candidature a fait l’objet d’un assessment externe précisant que cette personne devra relever le double défi d’acquérir les compétences d’un métier qu’elle ne connaît pas et de conduire une équipe dans un environnement différent», écrit la Cour des comptes.
L’assessment (l’évaluation) recommande toutefois le recrutement, ainsi que la mise à disposition d’un soutien professionnel. «Or, dix mois après l’engagement, ce soutien professionnel n’avait pas été mis en œuvre, relève la Cour. Cette procédure de recrutement ne correspond pas aux bonnes pratiques en la matière.» En septembre 2011, Boris Drahusak démissionne. L’administratrice brigue sa place à la tête des RH. Selon nos sources, sur les cinq candidats auditionnés, elle n’arrive pas en première position. Mais Sandrine Salerno propose de lui donner le poste. Motif: le favori s’est retiré.
«La candidature retenue présente des compétences objectives ne correspondant pas aux exigences du poste, écrit la Cour. Un rapport de synthèse externe mentionne notamment que le candidat présente deux lacunes importantes: absence de formation et d’expérience dans la fonction, manque d’expérience de management.» Mais le mandataire recommande le recrutement à condition que la candidate, entrée en fonction le 1er janvier 2012, fasse l’objet d’un accompagnement et suive une formation métier. Ce qui n’a pas été mis en œuvre en sept mois.
Taux de rotation élevé
Selon plusieurs sources, cette double nomination controversée pourrait être une résultante de la réputation de Sandrine Salerno, connue pour entretenir des rapports parfois difficiles avec ses subordonnés. Son département a enregistré le taux de rotation le plus élevé de la Ville en 2010 et 2011. «Elle a coupé plusieurs têtes et elle a une vision binaire de la conduite d’un département. Il y a son cabinet (une poignée de personnes) et le reste des fonctionnaires. Cela se sait. Les gens n’ont pas forcément envie de travailler pour elle. Elle peut donc être amenée à opérer des choix par défaut», confie un informateur.
«Sandrine Salerno a un management en soleil. Elle veut irradier, avoir la haute main sur tout le monde, dit un proche. Elle ne garde pas assez de distance avec les engagements. Et fragilise ainsi ses cadres: ils lui doivent leur nomination, mais aussi leur survie.»
(TDG)
Créé: 29.09.2012, 13h50
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La rédaction
19 Commentaires
Socialiste... Une république de petits copains, qui s'élisent entre eux ! Répondre
L'état n'est pas la solution à nos problèmes, l'état est le problème. Plus nous donnerons de pouvoir à ces gens, et plus nous auront de gaspillages, de népostimse et de corruption. C'est la société civile qui doit générer les solutions à ses problèmes. De vouloir confier aux politiciens plus de pouvoir et donner plus de contrôle à l'état sur nos vies est le meilleur moyen de péjorer la situation. Répondre
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