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Retraite des fonctionnaires genevois: le Cartel part en guerre

Par JF Mabut. Mis à jour le 31.07.2012 13 Commentaires

Les fonctionnaires demandent à l'Etat de payer environ deux milliards supplémentaires pour renflouer la caisse de retraite frappée par la crise économique.

Olivier Baud, président du Cartel intersyndical de la fonction publique.

Olivier Baud, président du Cartel intersyndical de la fonction publique.
Image: Olivier Vogelsang (Archives)

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Les requêtes du Cartel

Le Cartel qualifient ses principales exigences de «légitimes et réalistes». L'intersyndicale
- refuse le passage à 40 années de cotisation pour une rente pleine (+ 2 ans ou + 2,5 ans par rapport à la situation actuelle) ; 39 années de cotisation constitue déjà un objectif difficile atteindre pour certaines professions ;
- refuse l’augmentation de l’âge pivot à 64 ans (+ 2 ans ou + 4 ans) ; le compromis fixant cet âge à 63 ans est déjà problématique dans bien des cas ; refuse que cet âge passe à 61 ans (+ 1 an) pour les cas de pénibilité physique ;
- s’oppose à toute répartition 50% employé – 50% employeur et exige en conséquence la garantie du maintien du principe de la répartition 1/3 employé – 2/3 employeur, également en cas d’augmentation de la cotisation et la prise en charge des rappels de cotisations pour les réévaluations de fonction collectives ;
- exige le financement intégral par l’Etat de la recapitalisation de la caisse suite à l’abaissement du taux technique à 3,5% ;
- exige que le comité de la future caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) soit composé de 28 personnes au minimum ;
- exige le maintien d’un mécanisme de l’indexation des pensions.

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«L'Etat doit prendre en charge les conséquences de la crise économique sur la caisse de retraite des fonctionnaires.» Coût de l'opération pour le budget public, environ 2 milliards de francs. Cette exigence est l'une des six que le Cartel intersyndical des fonctionnaires a rendues publiques ce mercredi 31 juillet. La nouvelle facture vient s'ajouter au 4 milliards à payer sur 40 ans selon le plan de redressement concocté par David Hiler, auxquels s'ajoute encore un versement immédiat en 2012 ou 2013 de 800 millions nécessaires à garantir le paiement des rentes des retraités actuels.

Le communiqué du Cartel est signé par Olivier Baud qui a repris les rênes de l'intersyndicale en juin. «C'est une décision du comité. L’aggravation du plan de redressement par la commission des finances du Grand Conseil ne nous laisse guère de choix», explique l'enseignant. «Notre assemblée des délégués se réunira le 30 août. Le 11 septembre, des assemblées du personnel décideront des mesures de lutte et de la manifestation. Celle-ci aura lieu vraisemblablement le 13 septembre jour du débat que le Grand Conseil consacrera au projet de loi». L'enjeu porte sur l'avenir des caisses de retraites de 43'000 personnes actives à Genève.

Un trou creusé depuis des décennies

Depuis des décennies, les fonctionnaires genevois et leur employeur - le canton de Genève - n'ont pas payé assez de cotisations pour garantir le paiement de toutes les retraites dues. Seul un franc sur deux est garanti actuellement. Il manque plusieurs milliards dans la caisse. Simultanément, depuis 20 ans, la durée de vie moyenne après 65 ans a augmenté de 5 ans, autant pour les hommes que pour les femmes, exigeant des moyens supplémentaires. Enfin la crise économique réduit fortement la valeur des portefeuilles et les rendements. La Confédération donne un délai jusqu'en 2052 pour renflouer le système.

Toutes les caisses de retraites publiques sont peu ou prou concernées. La plupart ont pris des mesures. Genève est au pied du mur. Après des années de discussions, un projet de loi - no 10847 - prévoit un plan de redressement sur 40 ans et la fusion des deux principales caisses de retraite - la CIA pour l'administration et les enseignants et la CEH pour les hôpitaux.

Le Cartel reconnaît que la situation est grave

Le Cartel ne nie pas la gravité de la situation même si son président chipote sur le vieillissement de la population, estime que les caisses sont plus saines qu'on ne le prétend, constate que son parc immobilier lui assure des rendements plus réguliers que les placements en action et déclare: «Genève a trouvé 2,3 milliards pour sauver sa banque cantonale et la Confédération a trouvé en un jour 65 milliards pour sauver l'UBS.»

Pour sauver la caisse de retraite d'une liquidation - épée de Damoclès un peu théorique que la droite brandit - l'intersyndicale des fonctionnaires avait accepté difficilement des concessions et signés un accord avec David Hiler au printemps 2011. Il acceptait alors d'augmenter les cotisations, de hausser l'âge de la retraite de 62 à 63 ans, d'accroître le nombre d'années de cotisation de 38 à$ 39 ans et encore d'autres aménagements techniques.

La rentrée sera chaude

Face à la crise qui s'est creusée depuis une année, la commission du Grand Conseil a serré la vis, élargit l'assiette des cotisations, fait passer l'âge de la retraite à 64 ans et la durée de cotisation à 40 ans notamment. Inacceptable aux yeux du Cartel. «Pas question aujourd'hui de faire des sacrifices supplémentaires», dit Olivier Baud.

La rentrée sera donc chaude. Les délais sont extrêmement courts. Genève a beaucoup tardé à prendre le problème à bras le corps. Le refinancement des retraites doit être effectif au 1er janvier 2014. (TDG)

Créé: 31.07.2012, 16h53

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13 Commentaires

albert Dutoit

31.07.2012, 17:22 Heures
Signaler un abus 36 Recommandation 0

Mr. Baud se paye la tête de ceux qui devront payer pour des fonctionnaires qui crient famine la bouche pleine! Dans quel autre pays voit-on des salaires d'instituteurs à plus de CHF100'000, des policiers qui avec les primes peuvent gagner 120'000 voire plus. Et aucun d'eux ne travaille jusqu'à 65 ans pour les hommes (es femmes 64) et ce Monsieur prétend qu'ils ne peuvent faire plus d'efforts... Répondre


jean cailloux

31.07.2012, 17:57 Heures
Signaler un abus 29 Recommandation 0

Dans les caisses privées, ce sont les assurés qui se serrent la ceinture, pour la même raison.Sachant que les prestations offertes aux fonctionnaires sont nettement plus favorables que dans les caisses privées, il n y a aucune raison valable pour que le contribuable paie d'avantage pour ça..désolé...la crise est la pour tout le monde ! Répondre



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