Le retour à la vie sauvage fait de plus en plus d’adeptes

Stages de survie Les offres de camps en immersion totale dans la nature fleurissent dans la région.

Des adolescents aux seniors, des adeptes de tout âge participent à ces séjours de vie sauvage.

Des adolescents aux seniors, des adeptes de tout âge participent à ces séjours de vie sauvage. Image: Getty Images / Oleh Slobodeniuk

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Cet été, alors que beaucoup mettront le cap sur la plage et le farniente, d’autres opteront pour des vacances bien plus spartiates. Loin du Club Med, des Genevois iront passer leurs nuits à la belle étoile ou sous un abri improvisé avec des branchages, après s’être sustentés d’une petite salade de fleurs et de baies, accompagnées à l’occasion de quelques insectes.

Voilà, en gros, le programme des semaines de vie sauvage organisées cet été dans le Jura français et en Finlande par l’association genevoise La Libellule. Depuis trois ans, celle-ci propose de s’immerger quelques jours en pleine nature, avec presque rien dans les poches, pour apprendre à se débrouiller avec ce qu’on peut trouver dans la forêt. Ce genre d’offre fleurit à Genève et en France voisine (lire encadré), et les volontaires ne manquent pas. La vague des téléréalités de survie comme Koh-Lanta, Man vs Wild ou The Island est peut-être pour quelque chose dans cet engouement.

Vivre avec trois fois rien

Mais contrairement à ces émissions, il s’agit ici moins de survie à proprement parler que de retour à la nature. «Nous ne cherchons pas à pousser les participants au-delà de leurs limites, précise Jérôme Porchet, qui guide les aventuriers durant les camps de La Libellule. Ce n’est pas un stage commando, ni une compétition. Le but est de retrouver son âme sauvage, en étant le plus autosuffisant possible.» Cela passe quand même par l’apprentissage des techniques de survie, afin d’être capable de subvenir à ses besoins grâce aux ressources qu’offre la nature. «Nous apprenons aux gens à faire du feu sans allumettes et par tous les temps, à construire un abri pour rester au sec, à reconnaître les plantes comestibles et médicinales, toutes ces petites choses qui, si vous n’y êtes pas initié, peuvent faire de votre immersion dans la nature un enfer», explique le guide. Savoir s’orienter, trouver de l’eau ou fabriquer des objets avec des matériaux naturels sont aussi au programme.

Les participants apprennent également à attraper des insectes et à les apprêter, mais plus pour l’expérience que pour en faire leur menu quotidien. D’ailleurs, par sécurité, un minimum de vivres est tout de même emporté. Un peu de farine, du riz, de l’huile, des fruits secs, au cas où. Mais au final, ces denrées s’avèrent souvent superflues.

Pas besoin de gros bagages: des habits chauds, un tapis de sol, un sac de couchage, une bâche, et c’est tout. Il est vivement recommandé de laisser les téléphones portables éteints au fond du sac, sauf en cas d’urgence. «Nous conseillons aussi d’arrêter le café quelques jours avant le départ, ajoute Jérôme Porchet. Si on cesse brusquement d’en boire, ça donne des maux de tête.»

L’expérience de cette vie frugale en pleine nature peut profondément marquer les participants. C’est le cas de Jordi Bruggimann, qui a pris un virage à 180 degrés dans sa vie après avoir fait une semaine de vie sauvage dans le Jura il y a deux ans. «Cela a été une véritable révélation! confie-t-il. J’ai vécu des moments très intenses. Cette semaine a vraiment changé mon approche de la nature.» C’est au point qu’à 46 ans, il s’est lancé dans une reconversion professionnelle radicale. Cet ancien responsable de l’informatique dans une étude d’avocat a entamé une formation d’animateur nature. Il fait d’ailleurs un stage à La Libellule et sera accompagnateur lors des prochains camps. «J’ai adoré cette immersion dans la nature, sans aucun autre objectif que d’observer et de voir ce qu’on peut trouver. Etonnamment, j’ai aussi apprécié le fait de vivre en groupe. Nous avions une belle cohésion, bien que nous venions tous d’horizons différents.» L’âge des participants à ces camps va de 14 à 74 ans, et on y trouve aussi bien des femmes que des hommes.

Dur retour à la civilisation

Jérôme Porchet n’a jamais dû faire face à des personnes qui craquaient. «Au contraire, quand il faut retourner à la civilisation, les gens traînent les pieds.» Jordi Bruggimann confirme: «Le dernier jour, quand on est venu nous récupérer en minibus, on nous avait apporté des grillades. Je pensais qu’après une semaine, je sauterais dessus, mais au contraire, cela m’a presque écœuré! Ensuite, ça a été un vrai choc de se retrouver dans les bouchons ou dans un supermarché, avec toutes ces choses superflues. Ça fait vraiment réfléchir.»

Renseignements: 022 732 37 76 ou info@lalibellule.ch. Inscriptions ouvertes jusqu’au 30 avril.

(TDG)

Créé: 21.04.2017, 17h50

«Besoin de revenir à l’essentiel»

Il suffit de taper «camp de survie» sur Internet pour mesurer à quel point ce genre d’excursion est à la mode. Il existe d’innombrables offres en Suisse et en France. «Dans notre monde envahi par la technologie, les gens ont parfois besoin de se déconnecter et de revenir à l’essentiel», analyse Olivia Robert, qui organise des stages de survie en Haute-Savoie (www.lesvoyagesdolivia.com). «Cela permet de voir que l’aventure est à la portée de tous.» Les plus téméraires peuvent même tenter l’aventure dans le froid de l’hiver. La plupart de ces stages durent deux jours. Des entreprises y ont parfois recours pour renforcer l’esprit d’équipe de leurs collaborateurs. L’association La Libellule estime pour sa part qu’une semaine est nécessaire pour vivre jusqu’au bout l’expérience de l’immersion en pleine nature.

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